Les Interviews des Clownessenciels

« J’ai fait des études scientifiques et ensuite je suis devenu technicien de laboratoire. J’ai exercé cette profession pendant vingt ans sur Marseille. Vers quarante ans, j’ai initié une reconversion dans la cuisine en passant un C.A.P. à Avignon où je suis venu m’installer à cette époque, et pendant une dizaine d’années. C’est à ce moment, car j’avais un peu plus de temps, que je me suis formé au clown. J’avais déjà été initié à cela il y a longtemps (une quinzaine d’années) et j’ai pu affiner, creuser cet art avec Clownessenciel. J’ai créé mon association et j’exerce sur Avignon.

Mon clown s’appelle Aspro. Il a ce côté effervescent, mais c’est avant tout un chercheur spirituel ! Il cherche la lumière, le sens de la vie, il revient à l’instinct vital. Il s’est révélé la première fois il y a une quinzaine d’années à Marseille, cela a mûri lors de la Formation des Clownessenciels, après avoir quitté l’univers de la cuisine. Á partir de là, le clown m’a permis de parer aux différents formatages que la société nous impose et mes réactions face à cette uniformisation

Mon clown m’a permis de gérer ces réactions que sont le stress, les émotions et les soubresauts relationnels. La Formation des Clownessenciels m’a apporté beaucoup au niveau de la rencontre avec des personnes sur ce même chemin et qui abordent la vie sous un autre angle. Cela m’a aussi permis de rencontrer Lydie qui est une personne très disponible, très à l’écoute, qui est une belle lumière pour éclairer ce chemin.

Il y a bien entendu tout le contenu qui m’a permis de décortiquer mon approche du clown. Il m’est capital de garder ma spontanéité, mon naturel et de ne pas tomber dans une mécanique. En qualité de formateur avec l’association que j’ai créée il m’est important de comprendre et creuser le processus interne qui anime mon clown. Je suis animateur de stage de clown éveilleur et formateur depuis 2017. J’ai eu l’occasion de composer un binôme avec une personne que j’ai rencontrée durant la Formation des Clownessenciels. Cela nous a permis de nous mettre “dans le bain” plus facilement, avec un œil plus co-créatif sur notre travail.

La spécificité de Clownessenciel est de nous fournir tous les outils pour être présent à soi-même et à son clown, et de nous donner la possibilité de nouvelles fondations pour cette mise à jour inédite de soi et de notre clown. Cela m’a permis d’aller découvrir ce que je suis, et d’avoir une prise de conscience spirituelle de l’existence de mon clown. Pour moi le clown et la spiritualité ne font qu’un ! L’être humain est un être spirituel, et chemin faisant mon clown a grandi à travers le terreau de cette spiritualité qui est en moi. Il va chercher l’éveil ici et maintenant là où tout le touche et le trouble. Mon clown est en lien avec tout ce qui ne fait qu’un. Dès qu’il apparait, je suis en totale harmonie avec ce qui est autour de moi. Il épouse totalement l’être spirituel que je suis

La Clown Danse de Libération est l’occasion de prendre conscience et le temps d’observer ce qui se passe à l’intérieur de soi à travers les sons et la musique diffusés, et de lâcher prise pour commencer à aller vers le côté instinctif de notre être. Il est très intéressant aussi de découvrir ce rouage : en lâchant prise dans le mouvement on s’amuse de nos propres blocages, et nous pouvons nous en servir positivement comme nourriture pour notre clown. C’est à mes yeux un cheminement très intéressant et très puissant.

L’amusement est déjà un regard d’humilité porté sur soi, qui permet d’observer ce qui se passe en moi sans le juger. Comment je me sens tout de suite est un point d’initiation de la danse. Cet accueil et cette bienveillance me mènent à un émerveillement de ce que je suis, dans la cohésion, sans moquerie ni sévérité envers moi. Mon travail consiste à amener en douceur les stagiaires, pas à pas, à s’accepter tels qu’ils sont. Je crois que personne ne peut découvrir son clown sans indulgence envers soi, sans cette humanité dirigée vers soi. »

THIERRY ALARIO - (AVIGNON - HÉRAULT)

Je suis acteur de formation, j’ai étudié à l’Institut National Supérieur de Zare et de culturel en Côte d’Ivoire. Auparavant, j’ai étudié l’éducation artistique en Côte d’Ivoire. Toute ma formation est à la base ivoirienne. J’ai commencé ma carrière d’acteur là-bas. Après ma formation en Côte d’Ivoire, je suis devenu acteur et j’ai joué dans de nombreuses compagnies, comme la National Theatre Company. J’ai aussi travaillé pour la télévision nationale pendant 12 ans comme acteur. Puis j’ai créé une émission pour enfants sur la deuxième chaîne nationale. J’aimerais souligner qu’il s’agissait de la première émission pour enfants avec des clowns comme animateurs.

J’ai rencontré le clown à l’école à travers un sujet appelé “histoire du théâtre”. Cela m’a ramené à ma culture parce qu’à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, il y a un peuple qui s’appelle ” les Guérés “. Dans notre pays des Guérés, nous avons une culture qui est que nos ancêtres se sentaient si intelligents que pendant deux jours de l’année, chacun avait le droit d’être stupide. Quand j’ai appris qu’il y avait un clown dans le théâtre, cela m’a ramené directement à cette culture. Il manque juste une petite transition artistique pour que ce soit clownesque. J’ai trouvé la transition par le nez. Aussi, nous avons ce qu’on appelle “le rite du masque”.

Il y a trois types de masques, il y a les masques griots, il y a les masques guerriers et il y a les masques comédiens. C’est le masque d’acteur qui ressemble au fou d’un roi, celui qui se distingue dans la société, qui critique la place des femmes dans notre société traditionnelle. Il est très proche du clown de cirque Auguste, car il est grotesque et a un nez très plat à amplifier. J’avais ce masque d’acteur et quand je suis devenu acteur professionnel, j’ai juste pris le nez occidental qui est le nez du clown.

Quand j’ai fait des études théoriques à l’Institut français sur le clown à l’école, j’ai vu beaucoup de similitudes. J’ai eu de la chance, il y avait une dame de Belgique, je crois, qui avait la société “Boule de gomme”. Cette dame a organisé avec le Centre Culturel Français d’Abidjan un atelier clownesque. Nous avons été formés en animation clownerie, clownerie d’anniversaire et tout le reste. C’est en participant à ce stage que j’ai eu mon premier nez, c’était en 1992.

Maintenant j’ai 44 ans. J’ai fini l’école à 19 ans. Après ça, j’ai fait du divertissement et des anniversaires. C’est ainsi que j’ai constaté qu’il n’y avait pas de compagnie de théâtre spécifique pour les enfants en Côte d’Ivoire. Puis en 1999, j’ai créé la société “Pataclowns”. Des tournées de clowns de théâtre ont été organisées dans tout le pays et même dans les sous-régions. Plus tard, j’ai appris moi-même comment m’enseigner dans le clown de théâtre et c’est plus tard que j’ai découvert la charte du Bataclown via les canaux Internet. C’est à partir de cette charte que je me suis conformé et que j’ai commencé à m’identifier comme clown de théâtre. Ensuite, j’ai lu des articles de quelques professeurs de l’école “Jacques Le Coq” et j’ai commencé à travailler seul.

Je suis acteur, clown, marionnettiste et conteur. Par la force de mon désir d’être artiste, je travaille à l’international. Nous étions reconnus au niveau national en Côte d’Ivoire et c’est ainsi qu’un candidat politique nous a engagés pour divertir la foule pendant les entractes politiques. Malheureusement, après cette élection politique, elle s’est terminée par une crise politique. Moi et ma liste de duellistes avons dû fuir le pays parce que nous avions reçu de réelles menaces : ils avaient saccagé le siège social de notre compagnie. Nous nous sommes donc installés au Bénin et nous sommes repartis de zéro. Ensuite, nous avons eu la bonne idée de faire une marionnette géante pour un spectacle clownesque appelé “les maris de Boubouta”. Nous l’avons présenté à l’Institut Français de Cotounou, c’était en 2011 et c’est ainsi que nous avons fait plusieurs festivals en Afrique. En arrivant à l’Institut Français du Cameroun à Yaoundé, nous avons rencontré une compagnie de clowns basée à Genève, “La Brigade d’intervention clownesque”. Elle était tombée amoureuse de notre travail lors d’un festival là-bas et nous avait suggéré de faire un spectacle ensemble. On a tourné pendant deux ans. Nous avons en effet tourné de 2013 à 2015 sans interruption. C’est comme ça que j’ai rencontré ma femme.

Si je suis ce que je suis maintenant, c’est précisément grâce au clown. Quant à la Formation des Clownessenciels, en Afrique ce type de formation n’était pas offert. J’ai donc fait beaucoup de recherches sur Internet, je cherchais à mieux comprendre la discipline que je pratiquais. Mais quand je suis arrivé à Genève, j’ai commencé à épargner jusqu’à ce que je puisse suivre sa formation. Quand j’ai parlé à Lydie au téléphone, elle m’a dit : “Ça fait six ans que tu cours vers moi. Elle m’a fait un rabais considérable qui m’a beaucoup aidé. C’est ainsi que j’ai eu l’occasion d’aller en Normandie et de recevoir la pédagogie des Clowns Éveilleurs qui m’a fait beaucoup de bien. (à conserver ?) Aujourd’hui, je vis à Genève, j’ai ouvert des ateliers hebdomadaires tous les lundis et je fais des stages tous les 2, 3 mois comme Clown Éveilleur.

Mon clown s’appelle “Bahanana” et c’est la compagnie Bataclown qui l’incube. C’est vraiment une question tentaculaire parce que mon clown est, je pourrais dire, hétérogène, il est très proche de l’humain et c’est un clown très sensible. Ce n’est pas un pleurnicheur, mais il est très heureux, il a la banane. J’ai vécu tellement de choses que c’est un clown qui donne beaucoup. J’ai été un réfugié politique pendant six ans de ma vie et mon clown porte ça souvent. Ici à Genève, il a beaucoup de tonus, il donne sa personne, donne ses sentiments, donne sa joie. J’aime à dire que dans ma culture, on dit “c’est la main la plus douce qui récolte le miel” et mon clown, il est la main la plus douce.

Vous savez, contrairement à ce que je peux paraître, je suis un peu introverti de toute façon et le clown a réveillé en moi ma nature profonde, il a réveillé les guéris, les Fidèles, il a réveillé l’être profond, l’être généreux qui se cache en moi. Vous savez, on dit dans ma maison que “la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit”. Mais moi, ma main quand elle donne, elle est au même niveau que celle qui reçoit ce que je donne. Aujourd’hui, mon clown est émotionnellement fort et ancré.

La formation des Clownessenciels m’a beaucoup apporté. D’abord, elle m’a apporté la pédagogie. J’étais acteur, acteur, clown, interprète, mais j’avais encore du mal à transmettre toute l’expérience et les connaissances que mon clown pouvait avoir. Aujourd’hui, la Formation des Clownessenciels a structuré cette pédagogie en moi. Elle m’a appris à toucher du doigt toutes les spécificités de tous les nouveau-nés qui vont vivre mon expérience, mes stages et mes ateliers. J’ai suivi la Formation des Clownessenciels en janvier 2017.

Il n’y a pas si longtemps, j’étais un clown isolé qui connaissait très peu de clowns, plus les clowns de Genève et les clowns africains. Aujourd’hui, grâce à notre réseau de Clowns Éveilleurs, je connais des clowns dans le monde entier et j’ai des agences dans de nombreuses villes françaises, au Luxembourg, c’est vraiment phénoménal. Si vous consultez ma page Facebook “Fidèle BAHA”, j’ai 70% de mes contacts qui sont clowns dans le monde entier, hispanophones, arabophones, je suis invité dans de nombreux festivals. Je ne suis pas riche, mais d’une façon clownesque, je suis milliardaire.

Ici, à Genève, je suis dans une ville très riche et presque tous ceux qui viennent à mes ateliers sont des gens qui ont besoin de plus que l’aspect matériel et c’est ce que leur apporte le Clown Éveilleur.

La spécificité de la Formation des Clownessenciels pour moi est qu’elle apporte une approche personnalisée à l’état clownesque. Il n’y a pas un grand moule où tous les clowns se réveillent et sont là ! Non, c’est au cas par cas. Même dans nos ateliers, dans nos stages, nous avons cette capacité de personnifier nos stages et ateliers. Le caractère unique de chacun.

Le lien est très petit car le clown est un peu comme le théâtre, il est l’art de la catharsis, mais multiplié par mille. Le Clown Éveilleur va au plus profond de chaque être de chaque individu, puis le relie à la nature.

Le Clown Éveilleur est déjà un peu spirituel en ce sens que ce que les chrétiens appellent l’âme, ce que les scientifiques appellent la conscience. Il en fait une fusion magmatique et il révèle les particularités de chaque être qui s’y consacre. C’est un peu comme les grands maîtres karatéka ou les grands maîtres yogi qui entrent en méditation et questionnent leur nature profonde. Il va au fond de vous et il sort cette petite étincelle qui fait de vous ce que vous êtes, puis il vous la renvoie comme un miroir. C’est de relier les humains les uns aux autres parce que c’est cette petite étincelle que nous appellerions “le souffle de la vie”.

Ici en Europe, la société est très introvertie, cela n’a rien à voir avec l’Africain que je suis qui lui est extraverti dans sa morale, il est plus social. La Clown Danse de Libération permet précisément aux genevois de sortir de leur cocon habituel, de sortir de leurs coudes, comme j’aime à le dire.

Quand j’entre dans la Clown Danse de Libération, je suis plongé dans une bulle et je sors vraiment revigorer et j’apprécie mieux la nature, je lève la tête au ciel, j’apprécie chaque peinture qui passe toutes les 10 minutes, comme ça, je suis heureux.

A travers les ateliers, chaque fois que nous pratiquons la Clown Danse de Libération, elle les recentre. Ils en sortent plus revigorés.

Au début, j’ai commencé mes ateliers, je dois en limiter le nombre de stagiaires à six. Ce n’est pas pour l’argent que je le fais, je le fais pour que ceux qui sont en stage partent avec le maximum de régénération. Pour l’atelier de janvier, il y a déjà 10 personnes inscrites et je dois m’arrêter car ma salle ne peut dépasser 10 personnes, chacun doit avoir au moins 3 m2 dans sa bulle. Je ne fais pas beaucoup de publicité, je n’ai pas de dépliant et tout ça et par le bouche à oreille, ce sont les participants qui passent le mot autour d’eux, c’est dire qu’ils aiment beaucoup cela.

La Clown Danse de Pacification permet d’aller au rythme de chacun à son propre rythme pour une fois, d’arrêter l’intellect, de reposer son cerveau et de laisser son corps diriger sa personne.

Cette danse nous permet d’entrer dans notre cocon et d’aller à notre propre rythme. Je les vois légers après. C’est surprenant de voir que des personnes très différentes les unes des autres, qui ne se connaissent pas à la base, après la Clown Danse de Libération, même au débriefing, commencent à sortir des choses qui n’étaient pas censées être sur la table du clown.

La Clown Récit’Action nous permet de parler hors du commun en public, d’expliquer, de mettre des mots, des gestes corporels, du mouvement, sur ces sentiments qui vont au-delà des conventions habituelles où il ne s’agit pas de rimes, poses, savoir-dire, phrasés, diction. C’est vraiment une expression clownesque dans son entité, dans tous ces fragments et dans la manière dont elle est exprimée.

Même quand c’est amusant, c’est une thérapie. Il a ce double côté, pour être amusant et thérapeutique. Pendant la Clown Récit’Action, il y a des choses qui viennent en premier. La première entrée dans le cercle est un peu problématique, mais dès que le masque du clown se dilue en vous, vous lâchez prise. Pour d’autres, c’est au débriefing que j’arrive à comprendre leur état d’esprit après être sorti de cette danse-là, ils deviennent comme libérés du poids de toutes les contrariétés que la société leur impose.

La Formation des Clownessenciels m’a décomplexé parce qu’en chacun de tout ceux qui me dépassent dans la rue, tous ceux que je fréquente, en eux sommeillent un clown et moi je vais à la rencontre de ces clowns-là, c’est ce qui nous unit. Mon clown m’a beaucoup extraverti.

D’abord, j’ai l’impression d’apporter quelque chose à l’humanité, j’ai le sentiment d’être utile à l’humanité et utile à mes semblables.

Mon clown est omniprésent, visible, même quand je suis à vélo, je siffle tout le temps. Il est omniprésent parce que c’est un clown qui évacue tout ce qui est idée sombre, il illumine mon quotidien. Je ne savais pas que j’avais ce côté « pompier », ce côté toujours à l’écoute de l’autre, ce côté qui va toujours vers l’autre, qui fait don de sa personne. Ça m’a donné la force de comprendre qu’on est les mêmes, on a les mêmes envies, on a les mêmes besoins et on est embarqué sur le même bateau, on doit se serrer les coudes, vu que nous sommes tous humains. Ça illuminait en moi le désir de vivre l’instant présent et de faire table rase du qu’en dira-t-on, qu’est-ce que je vais laisser comme héritage matériel et tout ça, ici et maintenant ? Je sens que je suis une des couleurs qui composent l’arc-en-ciel humain, qui compose l’arc-en-ciel de la vie. C’est le fait que je ne sois pas atypique, je ne suis pas isolé, je suis comme tout le monde. J’ai ma spécificité, c’est vrai, mais je ne suis pas noir, je suis humain. Avec chacun son empreinte digitale, mais on est humain quand même.

Cette vérité-là est que j’ai ma partition à apporter dans le concert de l’humanité et cette partition-là c’est de chanter l’hymne à la vie. Le souffle est comme une dette que l’on a et avant de la rendre, on doit en faire bon usage, on doit profiter au maximum en faisant ce qui nous plaît, en pensant à notre plaisir d’abord et de ne pas faire comme les autres. C’est aussi de laisser toutes ces émotions que notre société actuelle nous impose et d’aller chercher au profond de nous pour transmettre cette flemme d’amour à l’univers.

Je me suis surpris en train de sortir des choses qui, peut-être, étaient dans mon subconscient et que je n’avais pas encore révélées. Du coup, je suis parti comme une boule de feu et me suis retrouvé comme un nuage en apesanteur, comme un nuage vraiment vidé. C’est comme l’âme qui quitte le corps. Le processus a été comme une fusée qui a quitté la terre, mais avec fracas. Je me suis lâché.

Ce processus d’extraordination a été fulgurant, puissance dix-mille. C’est comme si je revoyais un autre Fidèle dans la glace et je suis content que ça m’arrive à 44 ans. Je suis vraiment content parce que c’est juste à ce moment qu’il le fallait. Comme je l’ai dit à Lydie « je suis né de nouveau comme les chrétiens diraient après un baptême ». Je me suis débarrassé surtout du complexe. Je vais beaucoup plus dans la simplicité.

Quand j’ai découvert le clown, je croyais avoir découvert ma vocation. Mais depuis que j’ai passé ce processus d’extraordination là, je me suis redécouvert, j’ai retrouvé le Fidèle que je cherchais depuis un bon moment. Je me posais des questions énormes quand je sortais de mon clown, mais ces questions ont trouvé réponses et j’ai compris que rien ne vaut la vie.

C’est à partir du moment que j’ai quitté mon pays que j’ai perdu mes repères, comme un non-voyant qui perd sa canne. Maintenant, je les ai retrouvés. Oui, je suis devenu un homme nouveau, je suis devenu une nouvelle version de moi-même. Les faiblesses ont été amenuisées de façon très microscopique, ce ne sont que les forces qui sont là par-dessus maintenant. L’être humain est composé de force et de faiblesse, mais il faut les reconnaître et il faut savoir en faire des alliés.

FIDÈLE BAHA (SUISSE)

“Mon parcours est éclectique ! Issu d’une famille de pécheurs naturellement j’ai suivi cette voie. Je suis rentré comme fonctionnaire au Port de Palavas les Flots. J’y ai travaillé vingt ans jusqu’à ce que je sois touché par une grave maladie. Suite à ça, j’ai voulu changer totalement d’orientation. J’ai fait une formation de psychothérapeute. Puis j’ai tourné la page et je me suis installé comme électricien de 2006 à 2012.

J’anime aujourd’hui chaque semaine un cercle de chant à Montpellier : des chants sacrés du monde, qui relient l’humanité…des chants du cœur. De vivre comme cela aujourd’hui me permet d’être en phase avec moi-même et de partager avec le cœur mes valeurs

Je voulais sortir du système comme il nous pousse à être. Face à la mort, j’ai pris conscience de mon essentiel. Qu’est-ce qui est vraiment important ? C’est ceux qu’on aime ! Il faut aussi se respecter, c’est très important de prendre soin de soi, de son corps et de son esprit. La maladie est une réponse du corps à toutes ces négligences que nous avons envers nous-mêmes

Mon clown s’appelle Tekiero. C’est un clown amoureux qui répand l’amour car je travaille beaucoup en hôpital et maison de retraite ! C’est un séducteur qui a besoin d’être aimé. Un peu cabotin même

Il a ce côté généreux, qui vient du cœur. Il répand la bonne parole. Mon clown s’est révélé la première fois que je suis allé à l’hôpital pour y travailler. Il y a eu quelque chose de l’ordre de l’envie d’offrir de partager les valeurs du cœur, instantanément. L’empathie du clown a créé pour eux une sorte d’expansion. J’ai senti cette volonté de donner de la joie dans les hôpitaux et les maisons de retraite. Moi-même j’avais découvert le clown après ma maladie lorsque j’étais en rémission. Cet amour de moi des autres, la prise de conscience de mon appartenance à l’univers ont participé à ma guérison.

La Formation des Clownessenciels m’a apportée une confirmation par rapport à ce que je pressentais de ce qu’était le clown, la mission ou le rôle qu’il peut prendre dans le monde et en soi-même. Je le vois comme un relais, le porte-parole du cœur et de sa vérité, bien au-delà de l’image sociale et de l’illusion de l’identité

La spécificité de Clownessenciel est de faire de l’animateur le porteur d’un message de clown humanitaire, un clown créateur qui invente sa vie et qui nourrit la part essentielle de nous-même. Cela fédère et nous relie à notre humanité

Le clown et la spiritualité sont très liés pour moi. La spiritualité implique ne pas rester enfermé et de s’ouvrir à l’unité cosmique ou au partage mutuel de nos cœurs. Le clown nous libère de l’image de notre égo. Il met cette image de soi de côté pour retrouver notre authenticité une forme d’innocence, de l’enfance, au plus près de la source, du cœur. Le cœur est pour chacun de nous le même. C’est ma conception de la spiritualité

Il y a un seul cœur et des milliards d’égoïsmes ! Pour moi la spiritualité c’est la connexion à la vérité ; l’authenticité de notre cœur et du lien qui nous unit tous.” La Clown Danse de Libération est pour moi une manière de pouvoir explorer sa créativité. C’est une porte d’entrée vers sa liberté par le corps et par le mouvement avant tout. Elle permet de pouvoir accéder à sa liberté émotionnelle

 

La Clown Danse Libération et la Clown Danse de Pacification se complètent. La première sert à libérer nos sous-personnages – nos Figures Cachées, en laissant tomber la vieille peau ; la seconde nous sert à mettre tout dans le “pot commun” : après la libération comment partage-t-on ce mouvement et comment entre-t-on en lien organique et ludique à travers la danse ? »

PAUL BENEZECH (MONTPELLIER - HERAULT)

J’ai commencé par passer le concours de professeur de maths en 1992, avec l’idée de partir à l’étranger. J’ai également postulé pour partir en coopération pour ne pas entrer à l’armée. Peu après avoir obtenu mon diplôme de profs des écoles, je me suis retrouvé années en tant que VSN à Madagascar. Je dispensais des cours aux élèves des lycées, donc de 10 à 17 ans.

Cela m’a plu de travailler à l’étranger, j’ai donc fait des demandes pour y rester. J’ai alors eu un poste au Maroc, où j’ai passé 6 ans (1994-2000), en tant qu’expatrié.

Puis, j’ai fait de nouvelles demandes vers l’étranger. Finalement, je suis retourné dans le système français, au Ministère de l’éducation nationale, pour des classes de collèges dans le département de l’île de La Réunion. Cette expérience a duré 11 ans, de 2000 à 2011.

J’ai commencé mon questionnement personnel et métaphysique, sur la vie, en 2007, à mes 40 ans. Je n’étais plus à l’aise avec ce métier. J’ai alors agi en conséquence, j’ai demandé une mutation en Nouvelle-Calédonie en Février 2011, pour me relancer dans le métier. Cette fois, je suis parti seul et non en famille.

La Nouvelle Calédonie est une petite île, peuplé à 95 % de Kanaks. En deux mois, il était clair pour moi que ce métier ne me correspondait plus. Je suis resté 2 ans en Nouvelle Calédonie. Là-bas, j’étais en contact direct avec les Kanaks, j’étais baigné dans une culture proche de la nature, j’ai vu des enfants joyeux, vivants, et ça m’a fait beaucoup de bien. Le contact un peu magique avec des esprits de la nature est au quotidien chez eux car ils sont animistes. La culture Kanak m’a vraiment plu là-bas, plus que mon métier. À ce moment-là, j’avais du plaisir à faire plaisir à ces enfants. Mon contrat sur cette île était de 2 ans, j’aurais pu en signer un nouveau, mais j’ai dû rentrer en France pour changer de métier et pour m’occuper de mes deux filles. C’était en 2013.

En France, j’ai fait 6 mois de remplacement pour une année de Janvier 2013 à Août. Je me suis installé dans ma ville natale, en Haute-Savoie. Actuellement, je suis en Isère. En Septembre 2013, à la rentrée scolaire, j’ai choisi d’arrêter. Puis, j’ai bénéficié d’un dispositif de l’éducation nationale de reconversion pendant deux ans. Pendant cette période, quand j’envisage une reconversion professionnelle vers la géo-biologie, le maraichage et le clown.

En maraichage, j’ai choisi de faire de l’expérimentation et des formations ponctuelles, je n’ai pas fait de formation longue et certifiante. Donc, j’ai travaillé chez les maraîchers, j’y ai fait des petites formations d 15 jours. Fin 2016, j’ai repensé à un gîte où j’avais fait un stage où je m’étais bien plu. Je les ai recontacté, je leur ai proposé mes services, ça correspondait à leurs besoins, j’y fais des prestations de service.

En octobre 2017, j’ai démissionné de l’Education Nationale. J’ai créé une autoentreprise dans l’entretien de jardin, et j’ai fait des prestations pour le gîte, à savoir, ménage et jardinage.

Mon métier de prof m’a été bénéfique. Cela m’a permis de visiter beaucoup de pays. Je me suis retrouvé dans beaucoup de situations où il y avait des gens qui parlaient étranger, une langue que je ne comprenais pas. J’ai ainsi développé de l’écoute avec les enfants, mais aussi avec des personnes qui parlent un langage étranger.

En Janvier 2019, je commence à faire le stage des Clownessenciels. Mon clown s’appelle Bourbouille. Bourbouille est malicieux, il a tendance à être joyeux, très souriant, poétique, joueur, il aime la musique, il en joue aussi un peu d’ailleurs. Il apprécie les couleurs vertes et violets. Il aime les grandes capes. Mon clown intervient aujourd’hui en maison de retraite.

L’idée de faire naître mon clown me vient d’une méditation intérieure guidée sur l’enfant intérieur, en Janvier 2013. J’ai eu une image de clown pendant toute la méditation. Après en avoir parlé à l’animatrice, elle m’a conseillé de faire des stages de clown de développement personnel. Et j’en ai fait à partir de ce moment. Là, j’ai constaté que pour moi, la pratique du clown était libératrice et que ça me faisait du bien. Je ne m’intéressais pas aux clowns avant.

Par la suite, j’ai fait plusieurs stages de clown, plusieurs stages de week-end. J’ai cherché à me professionnaliser. La formation des Clownessenciels a été pour moi très structurante, tel un socle commun sur lequel nous reposer et nous guider, notamment grâce à l’esprit de compagnonnage. Elle a la spécificité de relier le clown à la spiritualité, et de permettre à chaque être d’être lui-même, sans notion de performance à réaliser, je trouve cela très important.

Avec Clownessenciel, il s’agit d’exprimer qui on est, il s’agit de réveiller l’enfant intérieur qui est en nous. Le clown est relié à la spiritualité, car nous aspirons à être qui on est, à devenir qui on est dans notre unicité. Clownessenciel nous propose vraiment cela : réveiller et révéler qui l’on est dans la matière (sans parler de contact avec le ciel, l’esprit), retrouver qui on est, comme dans un jeu vidéo, on a tel caractère, 40% méchant, etc. Il s’agit de découvrir ce qui nous caractérise en y mettant de la joie.

Pour moi, la Clown Danse de Libération, quand je l’ai faite la première fois, était comme un déclic, ça m’a fait quelque chose, difficile de le décrire avec des mots. Je me suis senti vraiment libéré à l’intérieur. Quant à la Clown Danse de Pacification, j’adore ! C’est quelque chose de doux dans lequel je peux vraiment me laisser aller, ça me fait du bien, elle correspond à mon rythme. Souvent, la Clown Danse de Pacification arrive après la Clown Danse de Libération, et vient apaiser ! C’est une danse qui nourrit le contact physique entre les êtres humains. Rappelant nos origines, la Clown Danse de Pacification est tel un mouvement d’algues, on est amené à se croiser et se toucher en dansant, un toucher très doux et respectueux. Ce sont des gens qui se croisent et ce contact nourrit un jeu éphémère, on touche une épaule, il y a un contact et on joue avec. Lorsque de cette danse, je suis tellement concentré sur la rencontre, que j’y mets toute mon attention. Les personnes à qui je le propose ont tous adoré, ça leur a procuré beaucoup de bien.

Pour moi, la Clown Recit’action, m’a autorisé à faire ce que je fais tout seul à la maison, d’oser faire le gamin ou le fou devant d’autres personnes qui m’encouragent à le faire ! Cela donne accès à la liberté de l’enfant intérieur pour chaque personne.

La découverte de mon clown a réellement changé ma vie. Il m’a autorisé à être qui je suis devant les autres. Avant, je n’osais pas, j’avais peur de déranger, mais mon clown m’a libéré : j’ose plus ma folie douce devant les autres, je me suis détaché peu à peu de la peur du regard des autres. Le clown m’aide à oser dire ce qui se passe dans ma tête, qui je suis, oser exprimer mon intuition même si ça peut choquer. Maintenant, j’ose plus. J’ai accepté mon unicité. Cette nouvelle expression de moi m’a fait réaliser que j’étais libre d’être qui je suis, libre dans la relation avec l’autre, d’exprimer ma vulnérabilité et ma créativité. J’ai également découvert que je pouvais apporter du sourire aux autres. Après la Formation des Clownessenciels, j’ai reçu des retours que j’étais quelqu’un sur lequel on pouvait compter. Cette expérience m’a redonné confiance en la vie et en moi-même. Cela à fait germer la graine de propager ce qui m’a fait du bien, semer en d’autres personnes tout ce qui a été semé en moi. Face à la société, j’ai trouvé l’harmonie nouvelle de distiller du sourire et de la joie dans toutes les actions. La vie passe à travers moi, comme à travers chaque être de l’univers !

Ma Figure Cachée du perfectionniste et du rigoureux a été transformé en un oiseau longiforme tel un héron, quelqu’un de carré dans son comportement, droit, pas souple, comme un militaire qui marche. Finalement, c’est un oiseau, tête haute et bec serré. J’ai fini par rire de cette attitude, en prenant du recul sur moi-même et cette Figure Cachée s’est transformé en Figure Extraordinaire parce que la façon de marcher très rigoureuse et droite du héron était ridicule et drôle. C’est ainsi que j’ai pu m’en détacher.

Maintenant, j’ai l’impression de contribuer au monde en réalisant des activités qui me correspondent. Je fais quelque chose qui me nourrit intérieurement et professionnellement. Mes activités sont en accord avec moi-même. J’ai été embauché en maison de retraite en tant qu’Animateur.

On peut dire que je me suis métamorphosé, j’ai gagné en confiance. Le chemin est long, depuis ma prise de conscience en 2007. Maintenant, je récolte les fruits de ce chemin. Clownessenciel est arrivé au bon moment.

CHRISTIAN BOROLI (DRÔME)

J’ai travaillé dans la comptabilité dans une compagnie de réassurance puis dans une compagnie de conseil. J’habite en Belgique à Bruxelles. A la suite d’un licenciement, j’ai ensuite passé 10 ans dans une entreprise d’impression et de photocopie qui était plus dans le domaine administratif que polyvalent, car je suis très adaptable. J’ai 23 ans d’expérience professionnelle au niveau administratif. Maintenant j’ai 51 ans. Puis j’ai décidé de démissionner en mai 2016. Depuis, je cherche ce que je veux. Après cela, j’ai travaillé 9 mois dans un hôpital en tant que secrétaire médicale. À l’heure actuelle, je suis sans emploi et fière de l’être ! En ce sens que je ne me sens pas coupable. Maintenant, je profite de ces moments pour essayer de comprendre pourquoi je suis venue sur terre.

Je sais que je vais faire quelque chose avec le clown même si je ne sais pas encore quoi. Ma clowne s’appelle pour l’instant « Pompette ». J’aurais pu mettre n, mais j’ai mis m. Elle a un caractère heureux, pur et vrai. Elle est complètement dans le présent. Je ne vous cache pas que cela fait presque un an que j’ai réveillé ma petite clowne, mais je sais qu’elle est là et c’est quand je suis dans le présent que je peux l’appeler.

Ma clowne s’est révélée lors d’un stage. En fait, j’ai réalisé qu’elle était toujours là depuis ma naissance et que je l’avais un peu laissée tomber quand j’avais 10 ans parce que j’étais une vraie clowne à l’école. Donc je pense qu’elle ne m’a jamais quittée. Je la sens beaucoup plus présente depuis que j’ai fait mes stages. Je ne dis pas que j’y arrive rapidement, mais je sais que c’est là.

Maintenant, ce qui est difficile à propos de cette formation, c’est que toutes les personnes qui étaient là avaient déjà verrouillé ce qu’elles voulaient faire. Moi, je ne l’avais pas fait. J’en suis donc beaucoup trop tôt dans le processus. Je veux dire, les gens avaient déjà des projets bien déterminées et j’avais l’impression d’être là sans savoir ce que je voulais faire de ma vie, mais je l’ai trouvé et ça m’a réconforté. Maintenant c’est à moi de prendre cette force d’estime de soi, de confiance en soi, pour aller de l’avant sur le chemin de ce clown.

Pour la Clown Danse de libération, il faut être vraiment être soi-même, il faut être calme et ne pas être dérangé. L’agitation donne des difficultés et puis ça devient de l’euphorie, ce qui nous fait complètement sortir du clown. C’est assez rapide, mais parfois ce n’est pas facile de gérer les émotions des personnages cachés. C’est toute une maîtrise, c’est un effort. Il faut être serein. Je veux dire, pour moi, tu dois être en paix.

C’est très thérapeutique, c’est libérateur, c’est comme notre ego. Je dirais que nous nous familiarisons avec notre ego et cela nous permet d’être amis avec lui, mais qu’il garde sa place. Je l’ai mis à l’arrière et lui ai dit : “D’accord, chérie, tu viens avec moi, mais c’est moi qui mène ma vie ». Ça m’a aidé à voir les ombres, les joies. C’est thérapeutique et cela libère les choses et nous permet de prendre conscience de tout notre ego.

Cette Danse de Libération permet de mettre l’ego à l’aise et de faire ressortir notre part d’ombre et aussi nos joies. Tout a été étudié, la chronologie et tout et c’est très positif. Donc, pour atteindre un objectif de libération, il y a vraiment toute une étude avec la musique, les sons et la voix. C’est un outil très intéressant que l’on peut transmettre à l’autre pour l’aider à sortir et nettoyer ses ombres.

Dans la Clown Danse de Libération ou de Pacification, e vois l’universel, la bonté, le partage, la paix, le calme et la fluidité du monde. Donc pour moi, c’est une danse avec vous-même que vous pouvez faire, mais c’est plus puissant pour l’univers. Je peux le voir quand elle fait des danses de rue et tout ça. C’est comme si nous n’étions qu’un. J’ai l’impression d’être dans un océan et nous sommes chacun une petite vague qui crée cet océan, tout est lié. C’est la vie, c’est la respiration et je pense que si tout le monde faisait cela, le monde serait magnifique.

Pour moi, le but de la Clown Récit’Action est de s’exprimer, de sortir des choses devant les autres. C’est grâce à la force de l’écoute et de la présence du groupe qu’on ose sortir les choses. Parfois on a envie de dire n’importe quoi. J’avais l’impression d’exister quand j’étais au milieu du cercle et tout le monde était attentif à ce que je disais. Je  me sentais en confiance. Parfois c’était juste des sons qui sortaient, pas nécessairement des mots, mais ils venaient des tripes.

Quand je suis clowne, je suis moi, donc c’est ma liberté, c’est être moi tout le temps dans le présent. C’est ce que la clowne m’apporte, c’est la vérité sur ce que je suis dans le moment présent.

C’est oser plus, mieux me respecter, faire confiance à mes valeurs, faire confiance à ce qui sort de mon être. Donc cela m’aide dans mon estime de moi.

C’est rassurant. Je sais que je peux trouver la force en moi et c’est ce qui me fera avancer dans l’avenir pour mon intuition, de savoir que c’est juste. Ma clowne est ma guide.

Ma clowne est toujours en état de semence. J’espère qu’elle grandira et deviendra permanente, que je ne la lâcherai pas et qu’elle durera toute une vie. En parlant de graines, j’imagine un tournesol qui va pousser et former un grand soleil.

Récemment, j’ai vu des vidéos de moi en tant que clowne et cela m’a rassuré, mais je ne sais pas encore sous quelle forme cela va sortir dans la société. Je l’ai un peu sortie le jour de mon anniversaire, dans l’intimité avec ma famille et j’ai vu que ça avait payé. Mais je suis encore très timide. Ma clowne est très timide et très fragile.

Je suis très colorée, mais je ne ferais pas un clown très folk dans ce sens. Je pense que je serais fidèle à ce que je trouverai comme appareil, mais le costume n’est pas essentiel pour moi.

Dans l’univers, ma clowne commence à bien se positionner. Je sais que j’ai une place dans l’univers, c’est clair.

La Clown Danse de Libération nous aide à nous dissocier, on prend du recul. Pour moi, la désidentification me permet de me mettre dans le ciel et de regarder nos vies, peut-être en riant de moi-même, avec de l’autodérision. C’est la vie. D’une telle distance, c’est assez comique. En fait, c’est vraiment pour mettre les choses en perspective. Nous ne sommes pas parfaits.

Nous extrapolons tellement que nous les agrandissons comme avec une loupe. Prenons comme exemple la laideur d’une sorcière. Il a été si bien agrandi qu’après avoir peaufiné les détails, il devient beau. C’est nous qui voyons la laideur, mais à mesure que nous nous approchons, tout devient beau.

On exagère le mouvement, on exagère la voix et plus on exagère, plus ça devient précis et beau. Comme une musaraigne qui fait “tac, tac, tac” avec sa main, quand vous la voyez agrandie, vous découvrez la beauté du geste. Parfois, c’est même au ralenti et vous faites le beau mouvement et ce n’est pas si saccadé et ce n’est pas si violent. Puis il y a les courbes qui arrivent, la douceur et la joie.

Ma clowne m’a réconciliée avec moi-même, elle m’a apporté la paix. Quand je peux libérer une figure cachée, la joie vient plus tard. Alors ça me donne la paix. Ils reviennent, mais je les reconnais de plus en plus vite et j’en ris. Puis, j’apprends aussi à laisser les choses passer. Il est vrai que c’est une expérience d’apprentissage et d’être rassuré que tout se passe bien. Mais il me donne confiance en mon clown. Je sais que si je parle le clown, c’est moi, donc je suis juste et c’est très rassurant. Ce n’est pas une blague quand je suis un clown. Cette formation m’a aidée à découvrir moi-même, qui je suis.

SILVIA BOSSI (BELGIQUE)

J’ai 56 ans et j’habite Wimereux, juste à côté de Boulogne-sur-Mer, dans le Nord-Pas-de-Calais. J’ai été institutrice pendant 27 ans. J’ai pu prendre une retraite anticipée en 2011, étant mère de trois enfants et ayant 15 ans d’ancienneté. J’avais envie de faire autre chose.  C’est un souhait que j’avais déjà puisque j’avais fait un DEUG de psychologie, mais je n’avais pas poursuivi parce que j’avais des enfants, un travail à plein temps, et parce que j’aimais mon métier. J’étais en maternelle, avec la plupart du temps des enfants de moyennes et grandes sections. J’ai vu des collègues qui terminaient leur carrière, fatiguées nerveusement. Ce que je ne voulais pas pour moi. Lorsque j’ai arrêté ce métier, j’aimais encore ce que je faisais. Je ne savais pas encore vraiment dans quoi j’allais me diriger. Peu de temps après, j’ai ouvert des chambres d’hôtes. C’était un souhait que j’avais déjà depuis un bout de temps, puisque j’habitais une vieille ferme et je voulais faire des gîtes. En parallèle, j’ai refait des formations. J’avais découvert la Brain Gym, c’est une gymnastique du cerveau qui essaie de refaire des connexions. Cela m’avait vraiment intéressée. J’ai donc suivi une formation de kinésiologie pendant trois ans, avec un cursus spécifique sur les troubles d’apprentissage. Ensuite, j’ai continué des formations dans les thérapies énergétiques générales.

Tout cela m’a donné envie de mieux comprendre comment je fonctionnais, de regarder à l’intérieur de moi. Je cherchais aussi le sens de la vie, le sens de qui j’étais vraiment. Entre-deux, j’ai ouvert mes chambres d’hôtes, après avoir fait des travaux, en 2013. J’ai aussi développé une autre activité : je suis praticienne en neurofeedback dynamique. J’avais testé cette technique pour mon fils et j’ai trouvé que c’était intéressant. Du coup, je suis devenue praticienne. J’ai très vite vu des améliorations : des colères moins fortes et moins souvent. J’estime que c’est une chance d’avoir un enfant différent, atypique. Cela m’a ouvert la conscience, m’a donné envie d’aller vers moi-même. Je suis complètement différente depuis que j’ai cherché à aller vers moi. Et cela m’a permis de me poser enfin. Je me suis donc occupée des chambres d’hôtes et je me suis occupée de moi, d’avancer sur mon propre chemin. Je suis devenue thérapeute mais je sentais qu’il me manquait quelque chose. C’est à ce moment-là que j’ai découvert la Formation des Clownessenciels.

Mon clown s’appelle Pic Wic. Cela fait penser à un oiseau. Elle est espiègle, imprévisible, elle s’amuse, elle regarde la vie avec émerveillement. Je n’arrive pas à dire ma clowne parce que je sens qu’il y a ce mélange du féminin et du masculin, avec ce côté espiègle, qui aime bien taquiner, que je sens au masculin.

Au départ, je ne savais pas comment ma clowne pouvait arriver et au fur à mesure des jours, c’était de plus en plus facile. J’avais de plus en plus envie de chercher, de me maquiller, de créer des choses. Et plus la formation avançait, plus je sentais que ma clowne prenait de l’espace et me disait : « Enfin, tu m’ouvres la porte ». Dès l’enfance, l’espièglerie, l’envie de rire, de s’amuser était là. Mais elle a été un peu amoindrie par la vie. Il fallait devenir adulte d’abord. Quand j’ai vu le flyer de Clownessenciel, je me suis dit : « C’est ça que je veux faire ! » Je ne savais pas trop pourquoi, mais les mots m’ont vraiment interpellée. Je cherchais à sentir la paix à l’intérieur de moi, à être en paix avec ce qui arrive, avec la vie. Or dans mon travail de thérapeute, je trouvais qu’il manquait le coté joyeux, et le partage de la joie. Se regarder tel qu’on est avec bienveillance, avec amour, avec respect : ce sont des valeurs que je trouve très développées dans la Formation des Clownessenciels.

Je sentais bien que ce que je voulais le plus, c’était de trouver la paix intérieure, d’être capable de regarder la vie telle qu’elle est. Car elle est tellement magnifique quand on la regarde sans jugement. Avec Clownessenciel, j’adore le fait qu’on cherche à révéler le potentiel de chaque personne sans aucun jugement, toujours en les valorisant, puisque l’aspect valorisation est très important aussi. Je trouve formidable de regarder toujours ce qui fonctionne bien, ce qui est beau.

Avec la Formation des Clownessenciels, j’ai vraiment trouvé des outils pour aller encore plus profondément à l’intérieur de moi. Regarder mes différentes facettes, mes différents personnages, mes différentes Figures Cachées, telles qu’elles sont. Sans chercher à changer quoi que ce soit, mais en les regardant, en s’amusant avec, pour arriver forcément au fur et à mesure à faire la paix avec. Parce qu’elles agissent à l’intérieur de nous, alors que ce n’est pas forcément ce que l’on voudrait. Du coup, les regarder et en sourire, c’est formidable ! L’aspect corporel est très important. J’adore entrer dans le mouvement, sentir les différentes expressions corporelles de chacune des facettes.

 

La spécificité de Clownessenciel, c’est cette valorisation de chaque personne, là où elle en est. Valoriser et regarder chacun comme une personne unique, et prendre chacun, là où il est au moment présent. On retrouve dans Clownessenciel des valeurs de solidarité, d’échange, de partage. Et regarder la beauté de la vie. Je me suis vraiment sentie dans un univers plein de bienveillance et d’amour, dans quelque chose de vraiment très beau.

 

Avant de suivre la Formation des Clownessenciels, je n’aurais pas vu le lien direct entre clown et spiritualité. Aujourd’hui, je vois vraiment le lien. Le clown est vraiment notre clown intérieur, invisible d’abord. Et il est le lien entre notre personnage extérieur et notre Dieu intérieur. C’est vraiment le lien entre les deux, entre notre aspect spirituel et notre personnage central, celui qui est là tous les jours. C’est formidable de découvrir son clown sous cet aspect-là, de lien entre le spirituel et le côté terrien. Je pense que le monde est en train, petit à petit, d’ouvrir cette conscience que ce qui est à l’intérieur est à l’extérieur. Pour voir moins de guerres, il faut déjà avoir fait la paix à l’intérieur de soi.

La Clown Danse de Libération consiste à aller au plus près de ses Figures Cachées. De les sentir à l’intérieur, toujours sans jugement, de les exprimer, et de voir qu’en fait, en les sentant, en les exprimant et en jouant avec, le travail et la transformation se font tout seul. Je sentais bien que s’agitaient différents personnages à l’intérieur de moi : celui qui est autoritaire, celui qui doit faire le mieux possible, etc. Et quoi qu’il se passe, ils prenaient un peu le pouvoir à l’intérieur. Ce que m’a apporté Clownessenciel, c’est vraiment l’expression dans le corps. En regardant les différents personnages et je voyais bien que, selon les moments de la journée, les personnes avec qui on est, ce ne sont pas du tout les mêmes personnages qui se présentent. Mais le fait de les exprimer encore et encore, un cran supplémentaire, et de jouer avec après, de s’amuser de leur présence, je trouve cela très intéressant. D’ailleurs, j’en ai identifié quelques-uns plus présents que d’autres, qui arrivent de loin, de l’enfance. S’amuser avec ! Tiens, ça y est, elle revient ! Je m’amuse, même dans la vie courante, à voir qui est là. La Clown Danse de Libération, permet de s’amuser à mettre de la vie et du mouvement.

La Clown Danse de Pacification, c’est vraiment une danse avec le lien, l’échange, et le fait d’être ensemble, de partager. C’est vraiment un partage d’amour pur. C’est très beau de partager cela ensemble tout en se respectant. On a besoin de contact ou pas, et le fait que le contact ne soit jamais contraint est vraiment quelque chose de très chouette.

En ce qui concerne la Clown Récit’Action, c’est un exercice qui aide à chercher à l’intérieur de soi et à puiser pour concrétiser quelque chose. C’est vraiment un exercice très fort. Le fait d’énoncer avec son clown, devant chacun, ce que l’on a écrit, permet justement d’en retirer toute l’essence et d’aller au bout de ce qu’on a posé sur cette feuille. Le clown fait vraiment le lien entre ce qui a été transmis à un moment de très forte connexion avec soi, et ce qui est écrit sur le papier, pour l’ancrer dans la terre justement. Pouvoir le mettre en pratique, le sortir de terre et le faire vivre grâce au clown. Mais ce qu’on a écrit sur le papier avant la Clown Récit’Action a été réalisé à la fin de la Clown Danse de Libération. Du coup, nous sommes réconciliés et prêt à découvrir notre contribution.

Aujourd’hui je sens l’envie de partager ce que j’ai compris de la vie. J’ai envie de partager ce que je sais. Je me posais beaucoup de questions sur le sens de la vie et ce qu’on appelle notre mission ou notre contribution, terme que je préfère. Après cette formation, j’ai découvert avoir envie de partager les valeurs qui m’animent.

Mon clown m’a apporté une liberté de mouvement, et une envie de faire bouger dans mon corps ce qui se passe. C’est vraiment quelque chose de fondamental. Puis, même si c’était déjà en chemin, cette liberté de m’exprimer et de montrer ce que je fais, comme je suis. Cette liberté d’être espiègle encore plus. J’en ai encore plus envie.

Il s’agit de faire la paix et de danser avec nos Figures Cachées, sans jugement et avec bienveillance et d’en rire parce que nous sommes le fruit de tous nos conditionnements, de nos apprentissages, de ce que nous avons vécu.

Clownessenciel m’a permis de me reconnecter à la joie profonde, la joie sans cause, la joie juste pour la joie. C’est ce que je cherchais profondément. J’ai déjà ressenti une telle joie, mais là c’est de plus en plus naturel et de plus en plus fréquent. C’est comme si elle arrivait plus facilement, elle se laisse porter, elle se laisse sortir.

Mon clown illumine mon quotidien par de petites pensées de drôleries, d’espièglerie, d’une façon de regarder la vie autrement, avec plus de sourire, plus de compassion. J’ai appris à regarder plus profondément à l’intérieur de moi, et de sourire. J’aime cette phrase : « Regarder ce qui est là et sourire ».

Le sourire, la joie profonde sont beaucoup plus présents. Se regarder tel qu’on est, s’accepter, être bienveillant avec soi, regarder et jouer avec toutes ces facettes, donne une force incroyable. Parce que finalement, après, on peut regarder la vie telle qu’elle est, et s’adapter de plus en plus à ce qui arrive.

La graine qui a germé en moi, c’est l’espoir. Je me sens plus à ma place sans chercher à avoir une place. C’est tout un processus, c’est un chemin sur lequel on avance au fur et à mesure. Je me sens comme une vague dans l’océan, qui peut avoir une autonomie, et en même temps fait vraiment partie de l’ensemble. Qui de temps en temps a une particularité et qui revient dans l’ensemble. Qui est toujours une partie de l’ensemble en fait. Et l’océan est fait de toutes ces petites vagues, de toutes ces gouttes d’eau et chacun a sa place. Je crois que la beauté de chaque chose, l’importance de tout, c’est que chaque chose est importante pour l’ensemble.

Grâce au concept de désidentification, j’ai retrouvé de la créativité. J’ai expérimenté la créativité dans le corps, le fait de retrouver la joie du mouvement. Je l’avais déjà senti, mais là je l’ai vraiment ressenti très fortement. C’est beaucoup passé par le mouvement. Du coup, je me sens portée par une créativité même dans le domaine professionnel. Grâce à tous ces outils, je sens que cela me permet de propulser une proposition qui vient vraiment de moi.

Nos Figures Extraordinaires, quant à elles, remontent grâce au mouvement. Le fait d’aller chercher à leur donner une forme et une voix, leur permet justement de s’incarner. Le mouvement est quelque chose d’important dans le processus. Pour découvrir nos Figures Cachées, nous partons des sensations du corps. C’est ce qui enclenche le processus et les rend extraordinaires. Ce que j’aime dans ce processus, c’est qu’on regarde juste ces Figures sans rechercher des choses compliquées. On regarde et on exprime, on amplifie et on s’en amuse. J’ai été amenée à une plus libre expression de moi-même, en regardant ce qui est présent, en n’émettant pas de jugement, en laissant le mouvement se faire. C’est un processus qui s’était engagé et qui continue et me permet d’être en paix avec la vie.

MARIE-PAULE CARLU (WIMEREUX, HAUT DE FRANCE)

« J’ai commencé à pratiquer la danse très jeune, à trois ans. Attirée par une carrière artistique dans le milieu de la danse contemporaine, j’ai tenté d’en faire mon métier après mon baccalauréat. J’ai fini par tout abandonner au bout de quatre années éprouvantes. J’avais l’objectif personnel d’intégrer une compagnie. C’était très puissant à l’intérieur de moi : j’avais toujours dansé par passion, sans interruption depuis ma plus tendre enfance. Et j’en suis arrivée à une rupture, qui dépendait d’un contexte général, où s’entremêlaient le désir de carrière et la vie personnelle. La Danse est toujours restée ancrée en moi, très profondément et je continue de travailler avec. Après cette rupture, j’ai pris des cours de théâtre. Puis vînt la question de ce que je désirais faire de ma vie. Après mon baccalauréat, j’avais deux orientations possibles et je choisis la danse, mais l’éducation était aussi une voie qui m’intéressait au plus haut point. Je me suis donc naturellement dirigée vers La Petite Enfance. J’ai été auxiliaire de puériculture, puis éducatrice de jeunes enfants. Après cela, j’ai passé le concours pour devenir Professeure des Écoles en 1991. J’ai exercé également la fonction de directrice d’école maternelle pendant de nombreuses années. Mais je ressentais toujours un grand manque au niveau artistique et de la créativité. C’est ainsi que dans le début des années 2000, j’ai fait une formation complète de Théâtre- Clown dont un stage intitulé “Clown et Danses Singulières”, qui a représenté un moment clé car cela m’a permis de renouer avec la danse.

A un moment donné, je ne me sentais plus authentique, je n’arrivais pas à retrouver ce sentiment de vérité qui m’avait tant poussé vers le haut. C’est alors que j’ai rencontré les Clownessenciels. Cette nouvelle approche répondait à ma recherche. Les mots employés par Lydie Taïeb sur son site furent très importants, son langage m’a attiré, touché. J’ai fait un premier stage. Juste après j’ai embrayé sur la Formation des Clownessenciels. En 2015, j’ai suivi une formation en Art-Thérapie à Paris-Descartes, qui aboutît à l’obtention d’une maîtrise en Art-Thérapie. Puis, j’ai aidé Lydie Taïeb à construire la formation de Clown-Thérapeute. Je participe depuis à l’animation de la Formation des Clown-Thérapeutes en tant qu’Art- Thérapeut

Pendant longtemps, ma clowne a eu un premier nom : “Torpille”, que j’ai abandonné et aujourd’hui je navigue sans nom. Ma clowne a un caractère imprévisible, mutin. Elle est aussi piquante parfois mais gentiment. Elle est bienveillante et a envie d’aller vers l’autre. Elle est attentionnée, attentive même si elle sait mettre “les pieds dans le plat” ! Elle a beaucoup de sensibilité et d’empathie pour tout ce qui l’entoure, personne ou animal car pour elle tout est vivant.

La découvrir a été un apprivoisement, par un dialogue permanent. Je l’ai progressivement accueillie dans son côté fantasque, irrévérencieux par moment et sa tendance hors-norme.

La Formation des Clownessenciels m’a permis d’accueillir l’autre et toutes ses différences. J’ai pu dépasser les limites que j’avais posées à mon clown, mettre à distance une certaine forme de dogmatisme et de règles que je pensais indispensables. J’ai découvert d’autres outils et d’autres façons d’intervenir auprès des patients où j’anime des stages, essentiellement en hôpital psychiatrique. J’ai beaucoup plus de cordes à mon arc aujourd’hui grâce à cette formation. J’ai surtout, avec les Clownessenciels, pris conscience de “mon intérieur” : j’ai affiné mon attention à ce qui arrive à tous les niveaux. C’est le fruit d’un travail d’exploration du ressenti corporel. Aujourd’hui je peux ressentir les couches “de mon mille feuilles intérieur”. Le travail de conscience corporelle est très fin, très abouti chez les Clownessenciels et c’est un supplément de liberté que nous y gagnons.

La spécificité de Clownessenciel réside pour moi dans cet accueil privilégié qui est réservé à tout ce qui nous agite, et qui donne la matière du jeu de notre clown. Nous réceptionnons de multiples perceptions provenant de sensations internes ou externes : tout ce qu’on peut regarder, sentir avec le nez ou la peau, écouter…Tout cela constitue une richesse infinie du monde environnant et du monde intérieur. C’est cet aller-retour entre ces deux univers qui ouvre l’esprit et donne accès à cette richesse incommensurable. J’y ai développé une nouvelle écoute.

Il y a une dimension de spiritualité chez Clownessenciel, qui s’appuie sur des techniques de méditation liées au yoga tibétain et à une philosophie unie au bouddhisme : par la recherche d’authenticité et d’ouverture aux autres. C’est le clown qui aide à trouver en soi cette ouverture universelle qui touche au divin. Cela procure un effet d’apaisement, et de lien au milieu de ce tumulte actuel. Le travail de Clownessenciel permet cet ancrage personnel.

La Clown Danse de Libération me permet de mettre à jour mes Figures Cachées, ces sous-personnages qui vivent dans l’ombre. Je peux désormais leur donner le beau rôle, les laisser s’exprimer, les mettre en lumière et les transformer en Figures Extraordinaires. Les Figures Cachées ont droit de cité, je danse et m’amuse avec. J’apprécie aussi dans cette formation que chacun ait été libre dans le rythme du processus qui est proposé. Lors des Clown Danses de Pacification, mon état de conscience est modifié et cela me met dans un rythme très lent, très doux, et procure un effet de relaxation complet qui pourrait être sans fin…Tout y est fluide, dans un mouvement créatif continuel, comme en suspension. C’est comme une vague : on y rentre et il suffit de se laisser porter. Le corps ne porte plus, il se laisse porter

La Clown Récit’Action vient en fin de processus, à partir d’un texte écrit spontanément. Le clown se l’approprie et le lit à sa façon ou brode dessus. Ce dispositif m’a apporté énormément de créativité et m’a permis d’exprimer une certaine intimité, grâce notamment à la sécurité que nous apporte le groupe. Les personnes osent exprimer des choses de leur vie qu’elles n’avaient jamais osées formuler avant. La Clown Récit’Action est très sécurisante car il n’y a pas cet effet “je me dévoile”…et pourtant c’est ce qui se passe. Le groupe autour créé une enveloppe qui sécurise.

Ma clowne m’a apporté la liberté de dire “non je ne suis pas d’accord”. Également la liberté de vivre ma folie. Ma clowne m’a permis de faire des rencontres extraordinaires. Elle me déconditionne, me soustrait à mes peurs liées à des conventions sociales, éthiques ou à des conditionnements. J’avais un côté farouche que ma clowne a tempéré. Du coup, dans son côté incongru, elle me rend plus sociable, c’est un peu paradoxal. C’est pourquoi j’ai intégré le clown à mes compétences professionnelles. Ma clowne me donne la force de retomber sur mes pieds, de toujours trouver les ressources en moi dans les moments les plus difficiles, de relativiser les événements. Elle me permet aussi de poser un regard plus indulgent envers les autres mais aussi vis-à-vis de moi, de trouver la fantaisie en toute circonstance et de quitter le souci de perfection. Ainsi, je m’assume avec ma singularité, mes incongruités : je ne suis pas comme les autres ! Je suis beaucoup plus vaste que toutes ces émotions qui me traversent. Tout est transformable, je peux opérer des métamorphoses. J’ai désormais confiance dans le changement et les transformations.

J’ai aussi appris à me libérer d’une recherche d’idéal, et à accepter mes défauts…et ceux des autres. J’ai compris que la meilleure version de moi-même est celle qui existe seulement au temps présent, et il n’en existe pas d’autre : celle qu’on imagine, idéalise n’est pas là de toute façon. Donc, autant apprécier à sa juste valeur ce qui existe vraiment, et c’est en cela que je me suis réconciliée avec ma personne. Grâce à cette appréciation, par miracle, des transformations se produisent. Je regarde maintenant avec émerveillement qui je suis réellement ou le simple fait d’être vivante.

ISABELLE CHARDON (DORDOGNE)

J’ai travaillé en communication d’entreprise environ 25 ans. D’abord dans une petite agence à Lyon et le plus gros de ma carrière dans une grande entreprise industrielle de la région de Valence. Je m’occupais de communication externe et interne.

Ma clowne s’appelle Wendy. Dans une grande recherche de liberté, elle se sent toujours enfermée, alors qu’à priori elle est extrêmement aisée physiquement. Mais elle se sent contrainte tout le temps. Elle aimerait être acrobate, et elle l’est à sa façon ! Elle disserte beaucoup sur l’espace spatio-temporel et vit dans une autre dimension. Elle a l’impression d’être dans un monde parallèle, à la fois dedans et dehors. Ma clowne, comme me l’a dit Lydie, exprime un mélange d’audace et d’authenticité : à la fois beaucoup d’audace notamment physique, et beaucoup d’intimité dans le discours. Je ne savais pas tout de suite qu’elle s’appelait Wendy !

J’ai fait une première rencontre avec l’art du clown il y a quinze ans environ. Chanteuse par ailleurs, j’avais fait un stage “Clown et Chant”. Je ne savais pas qui était mon clown, comment elle parlait et encore moins comment elle chantait. Mais ce que je peux dire c’est que le clown m’a sauvé la vie ! J’ai toujours été drôle à mon insu, et j’ai compris qu’être comique à son insu est l’une des qualités du clown.

La Formation des Clownessenciels m’a énormément apporté. Cela a été une renaissance et une découverte de ma contribution, la découverte de l’acceptation de qui je suis, la découverte de mon rythme. J’ai cinquante ans et j’ai découvert que j’étais très lente, et cela a changé ma vie ! Avant, bizarrement on me renvoyait que j’étais plutôt “speed” ! Non pas parce que je gérais beaucoup de choses à la fois, mais comme le monde va plus vite que moi et que j’avais envie d’aller à son rythme, cela m’agitait beaucoup. J’arrivais à y aller mais j’étais agitée ! En fait je suis très lente et cette découverte m’a beaucoup apaisée.

Quand la proposition de la Formation par Clownessenciel est arrivée, j’avais l’intuition et la certitude, car je suivais l’actualité de Clownessenciel depuis longtemps, que je devais y aller. J’y ai trouvé beaucoup plus que je n’aurais imaginé ! J’ai eu le sentiment de progresser, dans une démarche personnelle déjà amorcée, comme je n’aurais jamais pu le faire en quinze ans de thérapie. D’où mon intérêt pour m’être formée à la clown-thérapie, car je trouve que les outils de Clownessenciel sont extrêmement puissants et ils ont un énorme pouvoir de transformation. Il y est favorisé une approche corporelle plutôt qu’analytique. Le grand changement est que cela m’a permis d’être alignée et de me sentir sur mon chemin, et tous les choix que je fais depuis sont cohérents. Les outils développés par Clownessenciel ont une forte visée thérapeutique, un fort pouvoir de transformation.

Chacun est dans une recherche personnelle et les processus mis en œuvre sont du ressort de l’Art-Thérapie. Les effets se produisent d’eux-mêmes, en douceur et naturellement. En Clown-Thérapie nous allons travailler sur les Figures Cachées de façon plus intense, plus en profondeur et dans la durée. Ce qui est très spécifique, chez Clownessenciel, c’est de travailler sans attente. C’est plus qu’une formation, c’est un enseignement. Ce que j’apprends se met en œuvre dans tous les aspects de ma vie. Cela me nourrit bien au-delà de la simple pratique du clown. J’insiste car c’est cette absence d’attente qui est comme une philosophie de vie que je mets en place lors de mes formations. Ce qui est proposé par Clownessenciel est accessible à toute personne, notamment toutes celles qui pourraient penser que ce n’est pas pour elles. Une autre spécificité est de nous donner ce droit de se dire que “je suis la meilleure version de moi à chaque instant”, que l’on ne peut pas être plus que ce que l’on fait, que ce que l’on donne.”

Le clown nous permet de nous connecter à notre être profond. Dans cette formation nous recevons de magnifiques outils pour travailler sur nos émotions et les identifier, pour accéder à notre être émerveillé, ultime. En arrivant à être dans cette qualité de ressenti de l’instant présent, notre clown médite, en fait. Le travail du clown est un travail de méditation. Le clown accueille tout ce qui vient dans l’instant. Il a cette liberté de pouvoir se permettre tout et de ne pas produire de jugement. Le clown a cette faculté de s’émerveiller de tout, de voir la beauté à soi et celles des autres, celle du monde autour. Toutes les nourritures le rendent vivant.

La Clown Danse de Libération est un processus qui permet de se désidentifier de ses émotions. Nous accueillons l’émotion qui est la plus présente, nous la ressentons dans notre corps, puis nous la transformons pour qu’après elle devienne drôle à nos propres yeux. Si j’incarne la peur, je m’aperçois que je ne suis pas ma peur et que c’est un conditionnement. Cette distanciation apporte beaucoup de légèreté, et c’est pourquoi cette danse procure beaucoup de joie. C’est très puissant. Comme on accède à ces émotions de façon corporelle, j’ai remarqué que les corps gardaient cette mémoire et ils gagnent en légèreté.

Le processus d’extraordination ne s’opère jamais de la même façon déjà. La Clown Danse de Libération est l’outil où il s’accomplit, et cela se passe toujours différemment. Maintenant, dans l’acte de création, je n’attends rien et mon corps connaît le chemin j’ai pu libérer ma créativité. Je me suis reconnectée à tous mes espaces de créativité : je dessine, j’ai envie d’écrire…Je dirais que je suis devenue qui je suis.

Quant à la Clown Danse de Pacification, j’adore cette danse ! Cette danse est un pur acte d’amour pour moi. Je l’ai dansé un nombre incalculable de fois, elle porte bien son nom. C’est une danse d’abandon, qui apporte confiance et conscience de soi, des autres. Elle permet d’accueillir qui l’on est et de s’abandonner dans cette danse au rythme très lent, au mouvement continu. Je vais là où je suis bien, cette danse est un acte de respect envers soi, envers l’autre. À la fin il y a un sentiment d’amour, on se sent aimant et aimé du monde entier. Cette danse fait beaucoup d’effet sur beaucoup de gens, elle leur permet aussi de lâcher la pensée, le mouvement, et elle facilite cela. Elle procure énormément d’émotions et des expressions émotionnelles fortes. Cette danse produit un émerveillement, où tout devient possible alors que l’on ne cherchait rien. L’enjeu est d’arriver à se connecter à son intérieur, après on ne sait pas ce qui va se passer.

Lors de la Clown Récit’Action, on est un peu en état de conscience modifié, c’est un processus d’art thérapie : on symbolise avec une thématique en écrivant ou en dessinant. C’est alors notre clown qui récite son dessin ou son écrit. Le clown a ce pouvoir de nous connecter à notre inconscient, à ce qui est en nous et auquel nous n’aurions pas ou plus accès, et il nous dit des choses incroyables. Il livre des messages sur nous, des réponses qui sont en nous et auxquelles nous étions fermé(e)s. Au début je ne me souvenais pas de ce que mon clown disait, c’est une autre dimension. Cela nous permet un accès à qui nous sommes vraiment.

La liberté est la quête de ma clowne ! Cela m’a donné cette liberté d’être qui je suis, de savoir qui je suis et de l’assumer, et d’être accueillie avec ce que je suis. Parce que je ne peux pas être autre chose que cela, et parce que c’est très joli ce que je suis. Tout ce travail visant à se déconditionner, à se distancier de ses conditionnements de peur, de colère, d’abandon ou de désir d’être parfait, le clown permet de s’en distancier et de se connecter plus à soi. On y retrouve des réponses auxquelles on n’avait plus l’accès, et ainsi on peut être qui l’on est. Cela change la vie ! Je suis enfin sur mon chemin, je suis enfin alignée avec qui je suis, j’ai du coup toute confiance en la vie car je suis au bon endroit donc je suis apaisée malgré toutes les difficultés qu’il peut y avoir dans la vie. Je les accueille d’une façon différente. J’ai découvert mon rythme. J’ai aussi découvert ce qu’était ma contribution, qui est dans l’accompagnement, dans le soin, dans l’apaisement des autres. Je sens aujourd’hui que je rayonne, c’est ce que l’on me renvoie ! Cela m’illumine moi mais aussi celles et ceux qui m’entourent.

La vérité est que nous ne sommes bien autre chose que ce que nous sommes au travers de nos émotions, de nos sentiments. Notre être profond est là, apaisé, sous toutes ces couches de conditionnements, et c’est très bienfaisant lorsqu’on arrive à s’y connecter.

Le clown m’a donné la force d’oser être qui je suis. Ce qui me parle beaucoup c’est l’approche corporelle et l’aspect sensoriel, je n’y avais jamais accédé d’une manière aussi profonde et j’ai pu constater son pouvoir de transformation sur moi. J’ai envie aujourd’hui d’offrir aux autres ce que cela a pu m’apporter. Je me sens alignée, avec moi, avec l’univers. Tout est tellement plus simple depuis que je suis là où je dois être. Je n’en suis jamais blasée, mais toujours émerveillée. Je trouve cela incroyable de voir comme tout est plus simple, tout a d’ailleurs bougé dans ma vie… il y a eu un alignement généralisé des « planètes » ! »

LAURENCE CHARROIN (DRÔME)

J’ai été chauffeur d’ambulance, secrétaire aux assurances, puis fonctionnaire. J’ai commencé à travailler à l’âge de 20 ans comme conducteur d’ambulance, où je suis restée 2 ans. J’ai ensuite réussi un concours de la fonction publique, que j’ai réussi. J’’ai été adjointe administrative jusqu’en 2006, lorsque j’ai pris ma retraite pour cause d’invalidité après des problèmes de dos. Aujourd’hui, je ne suis pas guérie. Ils me considèrent comme étant en invalidité, mais je suis effectivement à la retraite de la même façon qu’un membre pourrait l’être après 15 ans de service. J’ai cinquante ans. Je ne suis pas allée au bureau depuis 2006. Par ailleurs, je tiens à remercier le maire de m’avoir mise à la retraite pour invalidité, ce qui m’a permis de m’interroger et de suivre la Formation des Clownessenciels. Je viens de Lyon où j’ai travaillé après mes études. J’ai trois CAP en comptabilité, un dactylographe, un bureau et un BEP comme agent administratif. J’ai quitté Lyon en 2009 pour la Haute Savoie. En 2017, j’ai participé à une conférence à Tonon dans un centre de bien-être appelé Oyosoy, présentée par un homme du nom de Gregory Mutumbo, un ancien soldat, sur le libre arbitre. Quand il a arrêté sa carrière, il est devenu thérapeute et conférencier.

Actuellement, il donne des conférences dans toute la France et à l’étranger pour expliquer son parcours, il est très spirituel. Il a dit que si notre vie ne nous convenait pas, nous pourrions la changer tout de suite et cela m’a fait tilter. Je suis sortie bouleversée de la conférence, mais cela m’a quand même un peu bousculée. Ce qui s’est passé, c’est qu’au cours de la nuit, j’ai eu la révélation “clown”. Puis, j’ai continué à recevoir des publications facebook de Lydie. Je me suis dit : “C’est évident, c’est ce dont j’ai besoin”. Je les ai contactés en décembre 2017 et j’ai commencé en janvier 2018. J’ai été certifiée de la Formation des Clownessenciels en août 2018 et j’en suis vraiment très fière. Je me suis vraiment trouvée.

Ma clown s’appelle « Romantica ». Comme son nom l’indique, elle est romantique. Elle est aussi un peu nostalgique et a le désir de s’unir et de rapprocher les gens. Il semble que j’ai un rôle très important à jouer dans la communauté des Clownessenciels. J’avais senti en moi cette capacité de rapprocher les gens, mais je n’ai pas eu le temps de l’exprimer dans la vie quotidienne où le plus fort est toujours juste. Ma clowne s’est révélée en Normandie, lors du premier stage avec Lydie en février, où j’ai eu un peu de facilité puisque j’avais déjà fait du théâtre dix ans auparavant. Je sentais que j’avais une présence très importante sur scène qui m’a été renvoyée. Ce qui m’a choqué, c’est le regard et l’attitude des autres quand je suis montée sur scène. J’ai fait pleurer une bonne partie du public. J’étais ancrée, je ne voulais pas quitter la scène, je n’avais pas le trac. Avant de devenir clown, je ne pensais pas que je devais parler correctement en public, je parlais dans le vent. Ça m’a beaucoup émue de voir le public comme ça. Je regarde beaucoup les gens aussi, j’ai cette capacité de les regarder dans les yeux. Ils ont été stupéfaits ! Je suis une personne cachée et je n’avais pas une émotion particulière de tristesse; j’ai délivré mon authenticité.

La Formation des Clownessenciels m’a donné confiance en moi et une conscience que j’ai des émotions, que je suis un être vivant, que j’ai le droit de m’exprimer, que je n’ai pas peur d’être authentique. Ce dont je me souviens le plus au sujet de Clownessenciel, c’est le développement personnel et la spiritualité, qui est pour moi le point le plus fort. La vie de groupe est aussi très importante pour moi. J’ai l’impression d’avoir une famille spirituelle Clownessenciel avec des personnes que j’aurais rencontrées dans la rue ou pas et là, c’est très fort. Parce qu’en fin de compte, on découvre qu’en creusant un peu, ces personnes ont aussi des choses à nous offrir. Le lien entre clown et spiritualité pour moi est précisément cette authenticité par rapport à la spiritualité où je me questionne, je médite, je suis vraiment dans l’état conscient et présent.

Ma clowne est donc authentique et elle rejoint la spiritualité pour moi. J’ai eu l’occasion d’aller dans des maisons bouddhistes pendant 3 jours en 2016. Ce stage m’a aidé à l’époque. Dès lors, mon esprit a commencé à changer, à s’ouvrir à d’autres choses. Donc, en effet, j’étais déjà dans cette lumière.

“Thérapeute” signifie pour moi être mon propre thérapeute parce que je ne me considère pas du tout apte à être thérapeute aujourd’hui. Il faut d’abord avoir ses réponses en soi, se connaître soi-même pour pouvoir aider les autres. Pour l’instant, je n’ai d’autre but que de mieux me connaîtreDonc pour moi, la Formation des Clownessenciels n’était que l’entrée et j’avais besoin de la Formation des Clown Thérapeutes pour le plat et peut-être pour le dessert que je ne connais pas. J’avais besoin d’en savoir plus.

Le Clown Danse de Libération est extraordinaire car on peut passer d’un état plus ou moins difficile et transformer tout le monde. La Clown Danse de Pacification est quelque chose de très important. Elle vous permet de rencontrer d’autres personnes et d’entrer en contact avec vous-même.  Avec la Clown Danse de Libération et la Clown Danse de Pacification, je n’ai eu aucune difficulté, aucune douleur. Il semble que mon corps soit élastique.

Pour la Clown Récit’Action, c’est plus compliqué. C’est très long, il faut se lever, bouger, être actif pour l’autre. Par contre, quand je passe au milieu du cercle, à chaque fois, il y a d’autres personnages, d’autres facettes de ma clown qui entrent. Depuis quelque temps, j’apprivoise une sorte de petite fille que je ne connaissais pas. L’histoire de l’action me le permet.  C’est quelque chose qui est un peu long pour moi. Ce qui est bien, c’est qu’on a eu quelques surprises.

Ma clowne m’a donné la liberté de dire non, de respecter mes limites. Cette nouvelle expression de moi-même m’a donné la liberté de soutenir l’authenticité, d’exprimer mes opinions même si elles sont différentes des autres.

Cette découverte m’a permis de prendre ma vie en main, je commence à vivre aujourd’hui. Ma clowne illumine ma vie quotidienne dans le fait que maintenant je me moque même des situations les plus difficiles, je relativise et transforme tout. Je danse beaucoup alors qu’avant jamais. Les gens pensent que je suis folle, mais je m’en fiche.

J’ai découvert que j’étais une clowne et une personne aimante. J’ai suivi cette formation et comme par hasard je fais beaucoup de choses en 2 mois. Les rencontres que j’ai aujourd’hui sont riches. Ce sont des rencontres différentes où je ressens de l’amour. Je voudrais partager cette joie, cette plénitude. J’avais l’impression d’avoir ma place. Je peux dire que j’ai une activité, je suis une artiste clowne. Je sentais que j’étais connectée puisque mon nom de clown est aussi venu un soir et je n’ai pas trouvé mon nom d’artiste. Il n’y avait que des clownesUn matin, je me suis levée et je me suis dit : “Cache’ou”. Pour moi, spirituel est l’univers. C’est lui qui m’a donné l’idée.

La dérision est légèreté. C’est quelque chose qui peut être lourd et qui devient plus léger. Ça pourrait être le côté, on va se moquer de ce personnage caché par l’humour. Cette vérité est la dérision de moi-même.

Je suis la Formation des Clown Thérapeutes un vendredi par mois pendant 2 ans. Nous avons des séminaires avec du travail à faire toutes les deux semaines. Je ne fais pas d’autres stages pour le moment, ce n’est pas dans le programme.

Pour les personnages extraordinaires, c’est peut-être eux qui voudrait transformer avec humour l’histoire de la dérision. J’ai identifié trois figures cachées, j’espère en identifier quelques unes extraordinaires.

La découverte de ma clowne m’a réconciliée avec mon corps. Elle m’a fait voir que je ne suis pas seulement un poids lourd et que ce corps a le droit d’exister et de s’exprimer. Cela m’a permis de bouger, de danser et de me ridiculiser, de ne pas me prendre au sérieux.

Je peux dire que je me suis complètement transformée. Je suis une autre personne. C’est une renaissance à cinquante ans. Aujourd’hui je vis ma vie selon mes choix, je suis très claire.

SYLVIE DEL REY ( RHÔNE-ALPES)

« J’ai 35 ans et me suis tournée professionnellement vers l’enfance. J’ai eu mon B.A.F.A en l’an 2000. J’ai toujours travaillé avec des enfants même si, parfois il m’aura fallu gagner ma vie autrement, à côté de l’animation. Mais j’y suis toujours retournée très régulièrement soit de manière bénévole ou rémunérée. J’ai fait un constat sur le terrain : les enfants sont devenus très agités. Ils étaient déjà sollicités, ils le sont de plus en plus avec les médias ; les tablettes, etc…

Ils ont beaucoup plus de mal à se centrer et à se concentrer sans même qu’il y ait une contrainte. Donc naturellement j’ai essayé de trouver de nouveaux outils pour que ce soit toujours rigolo et ludique, et les faire aller là où je voulais. J’ai trouvé aux Pays-Bas Eline Snel, qui a écrit un petit bouquin qui est très en vogue : “Calme et attentif comme une grenouille”.

Par exemple, dans une classe de maternelle à 25, ils peuvent se mettre à dérailler : avec leur petite chaise à leur hauteur et traverser toute la salle en faisant le petit cheval ! Au point qu’on ne puisse plus les arrêter à part, leur dire d’aller dehors pour défouler ce trop-plein d’énergie ! Là je me suis interrogée. Je ne pouvais plus faire avec ce que j’avais, il fallait que je trouve un autre moyen.

Je me suis remise en question. C’était naturel car ce n’est pas dans mon tempérament d’imposer, je suis plutôt dans la rondeur, dans la souplesse, et les enfants sont tellement authentiques, droits, francs qu’on ne peut pas tricher avec eux ! C’est là que je suis tombée dans la méditation. Je ne connaissais rien à cela, et ma vie a changé. J’ai quitté mon travail. Comme-ci on m’avait donné une nouvelle paire d’yeux ; d’oreilles ; c’était ardu mais tellement intéressant, et une nouvelle aspiration est née.

En 2013, j’ai donc démissionné. Ensuite j’ai démarché des associations. J’ai réussi à en trouver une qui m’a ouvert ses portes et prêté ses locaux le dimanche matin. Des parents m’ont confié leurs enfants et j’ai mis en place mon premier atelier avec ce nouvel instrument. Les enfants étaient ravis, les parents aussi. J’ai eu un retour favorable très rapidement : les enfants étaient recentrés sur eux-mêmes en classe, ils arrivaient à mémoriser puisqu’ils retenaient ce qui était dit. Un autre exemple : une fratrie qui trouve une nouvelle cohésion, chacun développant la faculté de prendre du recul sur une situation et à parler sur ce qu’ils ressentaient.

Je suis ensuite resté à vivre avec l’essentiel pour pouvoir continuer et me lancer complètement. Petit à petit, en cinq ans de temps, j’ai modulé, j’ai réadapté la méthode, je me la suis vraiment appropriée et ça évolue encore. J’ai fait d’autre formation de yoga également, car les enfants n’intellectualisent pas, ils ressentent par le corps, rien n’est mental : on n’explique rien : on montre ! Le cerveau n’est pas fini jusqu’à trois ans, donc l’enfant ne peut pas intégrer les notions d’espace et de temps, il a son monde.

Je suis justement arrivé au clown car j’avais le désir d’approfondir ce panel d’émotions qui est très large. J’illustre ce qui se passe dans le groupe tout en gardant mon fil conducteur. Les enfants ont de quatre à onze ans, l’atelier est de quarante-cinq minutes pour les petits et une bonne heure pour les plus grands. Les prises de conscience se font subtilement, en douceur ; discrètement et au rythme de chacun. Parfois pendant les vacances longtemps après mon atelier, l’été ou quand ils jouent, ils se remémorent une chose et le déclic se fait ! Pour certains, c’est tout de suite. En petit groupe, mon but est d’être au plus proche, je me sers ainsi des réactions de chacun pour en jouer, faire sortir le pétrole de ce puits.

Mon outil était là mais je lui faisais jouer les mêmes mélodies. C’est là que le clown arrive. Aussi j’ai toujours besoin de “nourriture” supplémentaire. Les enfants reviennent d’une année sur l’autre et je ne peux leur proposer la même chose. C’est le clown qui est venu me chercher… Bizarrement je n’avais pas trop d’aspiration pour le clown, comme beaucoup je pensais qu’un clown cela faisait rire ou pleurer ! Je cherchais des pistes car je voulais des outils d’expression corporelle et orale, c’est ce que je souhaitais améliorer. Cela a pris un temps de gestation, et je suis arrivé sur le site de Clownessenciel. Ce sont les mots de Lydie, ainsi que la description de son travail du Clown Éveilleur qui m’ont interpellés. Elle parlait de l’instant présent et des Figures Cachées et son univers m’a plus. J’ai participé à sa formation et je suis extrêmement heureuse de ce que j’y ai trouvé : une fratrie de gens très riches qui ont cette valeur de transmettre plus avec le cœur plus qu’avec toute autre chose.

 

Je l’ai donc intégré à mon activité ; à mon niveau avec humilité, et cela me permet d’étendre mes possibilités car en somme j’ai fait un autre constat majeur que je n’ai pas encore évoqué. Il s’agit des  parents au “bout du rouleau” au bout du système ; qui ont tout essayé et ne savent plus comment faire, et n’auraient plus comme seule issue que la médicamentation à donner aux enfants, et qui ne désirent pas aller sur ce chemin-là. Ces enfants nous les appelons les “dys” : dysphasique ; dyslexique, les autistes ou Asperger…cela concerne au sens large tous ceux avec qui la société ne sait comment vraiment faire. J’en ai de plus en plus dans mes groupes et j’ai eu ce besoin d’approfondir les émotions. J’avais encore besoin d’aller plus loin. En Clownessenciel, avec Lydie et sa formation j’ai trouvé ça.

J’ai créé l’association S’EVA’D pour mettre un cadre juridique. Je travaille avec des petits groupes de 4 ou 5 enfants par trimestre. J’aborde d’abord le thème du corps : qu’est-ce que le corps, qu’est-ce que le souffle ? Un enfant de quatre ans ne sait pas, alors je prends une plume et je lui montre qu’il souffle ! Le corps respire même lorsqu’on s’arrête de respirer. Un enfant à qui l’on demande : quand ne respire-t-on plus, vous répondra : « quand on est sous l’eau et qu’on nage dans la piscine » ! Mais le corps respire encore, toujours, et ne s’arrête qu’à la mort… On va montrer les émotions (on n’en parle pas comme je vous en parle là, maintenant), mais on imite la colère par exemple, on mime cet état et on devient colère. En fait, c’est comme une météo, c’est un orage qui passe. Et on a le droit d’être comme ça, tout le monde peut se mettre en colère mais tout le monde est différemment en colère ! Cela redonne déjà une universalité aux émotions. Car l’on peut se rendre compte que nous sommes tous semblables mais différents dans l’expression, uniquement.

La Formation des Clownessenciels a rajouté une corde de plus à mon arc pour pouvoir semer des graines de bienveillance et grandir moi-même dans ce domaine que je découvre. Je pense que c’est un chemin de vie, un cheminement du moins qui m’intéresse. Je n’avais pas d’attente car j’aime me surprendre. C’est formidable, car c’est comme cela que “tout finit par arriver”.

J’interviens aujourd’hui avec le clown auprès d’instituts médicalisés pour enfants autistes et auprès d’une métropole qui a privatisé un musée le matin pour justement faire des groupes avec parents et enfants, de 18 mois à 3 ans. J’ai pu remarquer que les enfants peuvent avoir une capacité de résilience incroyable. Il suffit juste qu’ils rencontrent dans leur vie quelqu’un (e) qui voit le monde différemment, et se met en œuvre une capacité d’ouverture incroyable. Le clown c’est ça : cet amour inconditionnel et sans jugement pour embrasser l’instant présent et le transformer en quelque chose de merveilleux. C’est aussi cette maturité que m’a apportée Clownessenciel, ce discernement que d’ouvrir sa réceptivité afin de laisser les émotions être ce qu’ils sont : ce qui vaut autant pour les enfants que les parents.

Dans la Formation des Clownessenciels, j’ai particulièrement apprécié le fait de s’autoriser à être soi et la démarche de spiritualité qui permet de sonder l’intériorité, et de pouvoir ressentir notre unité, de ressentir l’intérieur de « notre maison ». Et dans notre cœur sentir cette connexion avec l’univers, avec tout ce qui nous entoure…qu’en fait nous sommes comme nous sommes…et que nous sommes parfait comme cela après tout. Comme une fleur, un vieux baobab ou un brin d’herbe, on est ce qu’on est, mais sans nous, ce serait différent. Rentrer en soi pour ne faire qu’un…

La Clown Danse de Libération m’a permis de conscientiser, c’est à dire de prendre la mesure, le pouls de mon état dans un moment précis et de m’en libérer parce que je considère que je ne suis pas cet état…c’est un état qui ne me définit pas mais me traverse uniquement. Ma météo intérieure peut être une tension simplement physique, ou une joie, c’est parfois tout petit… de pouvoir déceler, prendre, regarder cela en moi me permet de la matérialiser, de la laisser vivre. Et, après, la laisser partir et s’envoler dans les différentes étapes de la danse. Il s’agit parfois de tensions dont je me délivre ou d’émotions ou sensations positives qui s’expansent.

Ce que cela m’a donné, je voudrais pouvoir le prodiguer. Et vis à vis des enfants ou des adolescents, je leur propose différentes couleurs pour leur palette, des couleurs intermédiaires aux primaires : rouge-vert-bleu-jaune. Je ne fais que leur offrir des possibilités nouvelles d’expression. Nous vivons, expérimentons beaucoup dans mes ateliers et la Formation des Clownessenciels m’a donné des réflexes pour m’approcher au plus juste de cette méthode que Lydie nous a transmise, ouvrir l’angle de vue et montrer qu’il existe une autre voie possible. Je montre aux enfants que je peux prendre mes émotions par la main, leur parler. Je leur montre que nous pouvons voir différemment, sans subir. Et de relativiser toujours, sans juger quiconque.

La Clown Récit’Action, quant à elle, c’est le partage ! La remise de tout ce petit trophée. Elle permet de le redonner au groupe…Le petit trophée, c’est ce parcours : je reconnais qu’il y a quelque chose qui ne va pas ; je le prends je le montre je me l’approprie, puis je m’en libère par la Clown Danse de Libération. Enfin je retranscris tout cela, avec la Clown Récit’Action, en l’offrant au monde. Cela renforce le lien…on existe à travers le groupe aussi. Par exemple, si je disais ma Clown Récit’Action face à un mur tout “s’écraserait” sur ce fronton ! Alors que là, ça touche les personnes, ça entre dans eux, elles vous regardent, comprennent. Il y a un énorme écho. Du coup cela devient comme un chaudron et ça bougera encore longtemps…

Ma clowne qui est gaie, dynamique et spontanée ! Elle est reliée à mon enfant intérieur, naïve et joyeuse. Je ne l’avais pas vu au début mais elle était là ! Elle était tout le temps là… Ma clowne m’a apporté la liberté d’être plus grande. Quand des évènements traversent ma vie, de ne pas les minimiser.  Comme je sais que ma clowne existe, maintenant, je ne peux plus faire sans. Donc c’est ma partenaire en fait ! J’utilise beaucoup l’humour, je trouve que c’est un moyen extraordinaire pour dédramatiser !

 

J’ai découvert la réalité des Figures Cachées grâce à la Formation des Clownessenciels. Ma vie a changé suite à cette prise de conscience. C’est en osant, en exagérant que les verrous sautent et que les Figures Cachées se transforment en Figures Extraordinaires ! C’est comme si j’avais mué. Je me suis métamorphosée. Cela m’a donnée la force d’aller vers l’unicité, vers cet « un », vers une compréhension plus large et une acceptation de soi. Nous sommes peu de choses, bien que nous soyons aussi beaucoup plus que ce que nous pourrions croire. Je pense que nous sommes bien plus que des êtres humains sur terre, bien plus que cela et en même temps nous ne sommes aussi “ça”. Nous ne sommes rien et nous sommes tout ! J’ai trouvé dans le processus proposé une forme de détachement. Nous sommes incarnés ici, nous sommes et vivons une expérience. Nous sommes faits de chair et nous devons vivre cette expérience. La mort n’est qu’un prolongement. »

EVA DORPH (ROUEN – HAUTE-NORMANDIE)

“Dans une autre vie, j’ai été informaticien jusqu’en 2006, après avoir travaillé vingt- sept ans dans une grande entreprise. Puis j’ai eu envie de cesser de “parler” toute la journée à mon ordinateur. À partir de 2002, pour envisager une porte de sortie, j’ai commencé par me former en me concentrant sur la psychothérapie et le coaching. J’ai donc fait une formation de psychothérapeute sur quatre années, au Québec avec un programme international. J’ai fait un premier stage de clown en janvier 2007. Cela m’a passionné tout de suite et j’ai fait dans la foulée une formation “Clown à l’hôpital“ puis juste après une autre formation pour être animateur de stage de clown. En mars 2008, j’ai démarré la pratique du clown à l’hôpital et à l’automne de cette même année, j’ai organisé mes premiers stages. Tout s’est enchainé très facilement, et parallèlement au clown j’ai découvert le Yoga du Rire. Je suis formateur officiel en Yoga du Rire. Le rire est bon pour la santé ! J’ai créé mon entreprise en novembre 2009. J’anime pour et dans des entreprises.

Le nom de mon clown est Biboulou ! Il est apparu quand j’ai commencé à travailler en hôpital. C’est un joyeux ! Il est très joueur, son costume est très coloré. Il a besoin que cela virevolte, il recherche le mouvement. Il adore être dans la rue car il aime aller à la rencontre des gens. Biboulou apporte de la lumière : il est dans le “oui”, dans l’émerveillement, hors de jugement, et dans tous les possibles. Mon clown est un ramasseur d’étoiles. Le premier stage de clown que j’ai fait a été une révélation pour moi. Cela m’a donné une liberté de folie ! J’ai trouvé l’aspect joueur en moi, et tout est parti de là. L’état d’esprit entre clowns m’a plu tout de suite avec beaucoup de bienveillance dans l’accueil de l’autre. Nous ne sommes plus là pour produire, pour prouver quoi que ce soit, nous sommes là pour découvrir. Dans le clown, tout est bon ! Peu à peu le clown a pris toute sa place et m’a défait de beaucoup de mes conditionnements. J’ai retrouvé ma conscience corporelle, j’ai remis mon corps en mouvement. C’est un véritable chemin d’expériences qui passe dans le corps, dans l’énergie, dans le chant.

Biboulou peut parler toutes sortes de langues incompréhensibles. Chacun fera la propre découverte de son clown. J’avais déjà une expérience de sept/huit ans quand j’ai découvert Clownessenciel. Cette approche m’a parlé. Elle m’a entre autres apporté l’importance de mettre des mots sur l’expérience, et en partant de l’intérieur oser plus, y compris dans l’expression des dimensions spirituelles de mon clown. La spécificité de Clownessenciel, pour moi, est de prendre en compte toutes les dimensions de la personne : la dimension corporelle, la dimension émotionnelle, la dimension spirituelle, tout ce qui nous constitue. Le clown doit pouvoir jouer avec toutes ces forces-là, et les intégrer. Clownessenciel propose un chemin spirituel à travers l’outil du clown. Ce qui unie le clown et sa spiritualité est son chemin vers sa vérité : sa propre différence, sa propre valeur, sa propre lumière.

À mes yeux, à chacun appartient la possibilité d’apporter quelque chose à la vie. Mon clown m’a beaucoup aidé dans cette démarche, à me libérer. Il permet de contacter des parts de soi, qui font que je rayonne différemment, dans la vie, même sans mon nez. Qui suis-je dans la beauté de ce que je peux être, quelles sont les qualités que je porte, quelle est la pierre que je peux offrir au monde pour qu’il aille bien ? En d’autres termes, quelle est ma contribution, celle qui me permet de participer au mouvement d’un cercle vertueux ? J’ai toujours médité, et le Clown Éveilleur m’a donné une clé pour ouvrir des portes supplémentaires.

J’utilise la Clown Danse de Libération qui permet une mise en mouvement des blocages intérieurs, ou des douleurs, des gênes ou simplement d’un état du moment qui pose une question, ou de limite qui nous empêche de nous exprimer. Elle permet après amplification de s’en désidentifier et de pouvoir s’en libérer. Ce que j’observe souvent avec mes stagiaires, est cette sensation de liberté et de bienveillance. La libération n’advient pas seulement dans le fait de libérer ses Figures Cachées au travers de son corps, mais aussi dans tout le processus, car le chemin que chacun prend est juste et libre. Ce sont des moments rares dans la vie ! La Clown Danse  de Libération m’a permis d’aller plus loin dans la prise de conscience et l’expérience que je ne suis pas mon émotion, dans le sens ou je ne suis pas mon blocage, afin de sortir d’une identification, qui enferme et que j’ai adopté presque malgré moi, qui s’est imprimé en moi mais qui n’est pas moi. Pour moi les Figures Cachées sont les gardiennes de biens que nous pourrions découvrir. Derrière chacune d’entre elle, un lien pourrait être révélé et qui est empêché par un blocage, personnifié par une sous-personnalité. Elle est transformée en Figure Extraordinaire, qui transparait, qui apparaît, qui se révèle, en sa place comme un trésor. Ainsi j’ai rejoint la Grande Scène, je suis acteur de ma vie et non plus le spectateur.

J’utilise aussi la Clown Danse de Pacification qui permet de vivre son intériorité, de suivre son chemin, et avec l’autre, sans aucune contrainte de forme. Par la liberté qu’elle procure, elle permet un ressenti de profond bien-être et une réconciliation avec ses Figures Cachées. Elle procure des instants de prise de conscience, des moments de qualité, un état d’être à la découverte de soi, la douceur de l’instant. Tout cela laisse des marques sur lesquelles s’appuyer durablement, ce n’est pas volatile, éphémère. Cette sensation de liberté donne des ailes. Cette danse développe un sentiment de gratitude grâce à ses effets immédiats. Il n’y a pas beaucoup d’espaces collectifs qui amènent ces possibilités.

La Clown Récit’Action, quant à elle, est une très belle expérience clownesque, elle permet de jouer avec ce qui a été vécu. Elle est très ludique, dynamique aussi et elle créée une belle synergie de groupe car tout le monde soutient la personne qui est en train de “clown-récit’actionner”. J’ai ainsi découvert des facettes des clowns que j’accompagne à travers ces moments-là : dans une posture, une signature corporelle, une voix qui apparaît, comme une sorte de révélation.

Le Clown Éveilleur m’a permis de vivre une vie où je “n’ai plus à travailler”, dans laquelle je peux être. Je ne considère plus mon travail comme alimentaire, et j’ai cette liberté d’être dans un système qui est celui que j’ai généré. J’ai gagné en sincérité, en authenticité et j’ai appris à exprimer ce que je ressens.

Le clown m’a permis de relier le spirituel au matériel. Mon clown me permet de jouer avec un grand nombre de situations de la vie, et cela illumine forcement mon quotidien. Il m’a même fait changer de métier ! L’état d’esprit clownesque me met en joie comme jamais je n’aurais pu l’atteindre avant. Je n’ai plus l’impression de travailler, mais je relève de nouveaux défis chaque jour. Le fait d’être animateur m’a permis d’ouvrir mon cœur, de ne pas être dans le jugement. Cela m’a donné l’audace d’affirmer qui je suis de manière juste. Cela a fait germer l’Amour avec un grand A ! Le clown est un généreux et je me suis surpris, en clown ou en animation à dire “je t’aime” et ce n’est pas juste un mot, c’était habité, parce qu’il y avait une vraie communication et une véritable ouverture. C’est magique. Mon clown m’a permis de retrouver une harmonie dans le lien à moi-même et dans le tout, dans mon chemin de vie, dans mon lien à l’autre, dans mon lien à la nature, dans mon lien à plus grand que moi. Mon clown fait partie de ce tout, il est un des pilier de “ma maison.” Il y a un avant et après “le clown”. Je regarde ce que j’étais avant avec bienveillance, cela aussi m’a permis d’arriver là où je suis. J’ai fait un grand écart et je dis merci, merci à moi-même et merci à l’univers.”

FRANÇOIS FREYMANN (STRASBOURG – BAS-RHIN)

Je suis originaire du Nord-Ouest de l’Île-de-France, dans la vallée de Montmorency. Aujourd’hui, j’ai 55 ans et je réside dans le Val d’Oise, dans le parc Régional du Vexin. Je suis issu d’études courtes, plus particulièrement dans un domaine technique, celui de l’ascenseur. Vers mes 17 ans, j’ai passé un concours à la Chambre des Lilas pour une spécialisation en étude d’électrotechnique, électromécanique à Paris. Je ne savais pas quel cheminement je devais prendre, je pouvais accéder à deux secteurs d’activité soit le chauffage et la climatisation, soit une spécialisation dans le domaine de l’ascenseur. J’ai réussi favorablement ce concours et j’ai été interpellé par un recruteur d’une société pour nous faire découvrir les possibilités d’intégrer une entreprise par le biais de ce qui s’appelle actuellement : les contrats d’apprentissage. J’ai donc intégré une équipe dans laquelle j’étais amené à gravir des échelons. Dans une autre entreprise, j’ai été rapidement amené à diriger une équipe et à m’assurer du retour d’expérience à d’autres personnes. Je travaille dans cette branche depuis 35 ans.

 

Autour de l’année 2009, j’étais dans une entreprise sujette à une forte notion de rentabilité et pendant de nombreuses années, j’ai accumulé beaucoup de tensions et je me suis retrouvé avec un infarctus de stress. En 2012, j’ai cherché à me repositionner professionnellement dans les mêmes domaines, je ne voyais pas la possibilité d’une reconversion même si, ma volonté aurait été d’aller travailler en Afrique.

Cela m’a amené à une ouverture d’esprit extraordinaire et à faire un bilan de compétence pour voir exactement quelles pourraient être mes aspirations. Cela m’a permis de voir les multiples facettes de certains métiers et de comprendre mes attirances envers certains plus que d’autres. Durant mon basculement, j’ai eu un besoin de plus d’humanité dans mes pratiques et de l’importance de cette humanité dans ma vie. Je me suis ouvert à des pratiques de rééquilibrage corporel, dont le Tai-chi et puis au fur et à mesure, je suis allé explorer les aspects journalistiques, explorateurs, intervieweur, et cela m’a beaucoup plu. Je ne suis pas mono métier, je suis polyvalent.

Dans une quête d’expression artistique, je me suis dit qu’il fallait que je m’essaye à tout et que je goûte à tout. Le clown est l’une de mes pistes d’explorations. J’étais en quête de développement spirituel, j’ai découvert le Forum 104. Une coïncidence m’a emmené dans ce lieu où Clownessenciel proposait des Ateliers Clown. J’ai vu un bref résumé de ce qui y est pratiqué et je me suis dit qu’il fallait que j’essaye. Ce jour-là, j’ai attendu l’heure du début de l’atelier, Lydie Taïeb est venue vers moi et m’a gentiment invité à participer à un atelier, cet après-midi-là. J’ai pu rencontrer les personnes qui pratiquaient, j’ai pu m’essayer à ce qu’elles faisaient. J’ai découvert que cette pratique provoque d’énormes possibilités de s’exprimer corporellement. Je n’avais pas la visualisation véritable que d’être clown créait une possibilité de m’exprimer à part entière. Depuis, je persiste !

Mon clown s’appelle El Papou. Il est très proche de la nature, très à l’écoute. C’est un poète. Il est plutôt extraverti, rêveur. C’est un révélateur de secrets et un conteur d’histoires. Ce sont mes petits-enfants qui ont chatouillé l’enfant que je suis resté et qui avait besoin de sortir de sa grotte. Tout petit, j’ai eu une appétence pour le spectacle, pour la magie, c’était à l’époque de Gérard Majax. El Papou joue de ses frustrations et il commence aussi à jouer avec la magie. Il utilise l’effet de mime et reprend par la gestuelle la présence d’un objet ou d’un animal. C’est un clown très enfantin.

Je suis en train de bousculer El Papou, de m’occuper de son « avant-fleurissement » , c’est-à-dire que je suis en train de créer son écosystème. Je veux qu’il soit partout, c’est-à-dire que je veux être moi-même partout. Cela me fait rejoindre un état d’être dans laquelle la vie est belle. Tout ce qu’un clown est participe à la gestion de nos émotions. Aujourd’hui, l’alchimie se fait entre l’artiste, le clown et le comédien. La partie comédien est déjà là, en fonction dans ma vie professionnelle où j’ai différents positionnements et le clown me permet d’interpeller, en fonction des situations. J’arrive à le faire surgir en le motivant. Dans la bienveillance, je me laisse maturer entre chaque étape s’il y en a, je me laisse le temps d’intégrer les choses et surtout de prendre du plaisir avec El Papou.

J’ai débuté un premier Stage de Clownessenciel, il y a deux ans qui se nommait « Laboratoire de Clown Récit’Action ». J’ai donc découvert le clown durant ce stage personnalisé et cela m’a énormément remué. La possibilité de m’exprimer, la bienveillance et le non-jugement apportés par Lydie, m’ont permis d’aller explorer mes limites. Puis, j’ai suivi la Formation des Clownessenciels. Aujourd’hui je propose des ateliers dans mon village. Grâce à la Formation des Clownessenciels, j’ai utilisé mes sens et toutes mes autres capacités dans l’idée de me remuer et de m’explorer intérieurement.

L’état d’esprit et la philosophie de vie de Clownessenciel viennent croiser la mienne comme quoi on peut constamment élargir le champ des possibles. Parfois, pour changer son regard sur les choses, il suffit de faire un pas de côté. L’art du Clown est une très bonne alternative et une réelle possibilité pour moi, de voir les choses différemment, qu’elles soient individuelles que collectives. On y retrouve également la bienveillance, l’esprit de compagnonnage pour transmettre nos connaissances et nos compétences qui sont multiples et variées. L’attention est là pour chaque clown. J’y retrouve aussi une extension de la famille, de la solidarité, de la fraternité car j’en ai besoin et si peux la faire partager, je le ferais. En ce qui concerne la spiritualité, je rejoins les écritures traitant du Tao, de l’impermanence, de l’immortalité. L’art du clown, requiert une modification de niveau de conscience. Je peux être en présence dans une situation donnée où toutes mes cellules sont participatives au mieux d’une phase de grande sensibilité.

La Clown Danse de la Libération vient réveiller mes sensibilités profondes et me fait danser en corps à corps avec l’espace. Les Clown Danses de Pacification agitent la corde sensible : les valeurs comme la solidarité et la fraternité, être les uns avec les autres. Nos contacts sont aussi la symbolique de l’attention des uns aux autres. Cela crée une harmonie et au-delà de la musicalité, ce sont les corps qui deviennent musique. La Clown Récit’Action elle, est un moment fort pour le clown parce qu’il présente son authenticité dans toutes les expressions possibles.

Le clown m’apporte le goût de la liberté, dans toutes ses grandeurs, l’autorisation de pouvoir transgresser, de pouvoir me décaler et cette liberté-là m’est chère, et également le pouvoir d’autodérision, la liberté de rire avec soi-même. La découverte de mon clown a changé ma vie dans les aspects relationnels car le clown interpelle et il aide à être bien dans mes baskets. Mon clown m’accompagne dans ma voiture même si je suis tout seul pour ma petite virée à la mer. Il y a cette tonalité de joie, de gaieté. Il illumine mon quotidien par son omniprésence, c’est un pilier dans ma spiritualité. Le clown agit comme un révélateur de ce que je suis véritablement, une personne dotée d’une forte volonté de positivisme, de joie, de gaieté. Je veux l’induire chaque jour qui passe, dans chaque rencontre ou chaque situation. Ça agit par induction. Aujourd’hui, j’ai besoin du collectif, de la co-créativité. J’ai besoin de cette alternance entre l’aspect solitaire et collectif. C’est un renouvellement dans ma vie, dans mon quotidien et ça vient renforcer ma vision de l’harmonie. Aujourd’hui, je me considère plus citoyen du monde qu’autre chose, un représentant de l’humanité à part entière. Au fur et à mesure, la confiance en moi-même a émergé et ça a ouvert le champ de tous les possibles. La transformation de mes Figures Cachées se réalise et je sens un agrandissement de mon schéma corporel, à travers les danses et ma place sur scène. Une fois que la Figure Extraordinaire a pris place, je laisse faire mon corps, je lâche prise, je l’oublie. Je trouve un très bon accord avec moi-même et je ressens les choses à force d’être en captation de mes ressentis et mes émotions. Il y a une notion de dynamique d’énergie qui se crée à l’intérieur de moi. Je me suis surpris de ce que je pouvais être, de ce que je pouvais faire et je veux encore me surprendre.

OLIVIER GENTY (MONTMORENCY - ILE-DE-FRANCE)

Á la base, je suis une militante en écologie : j’ai un Bac + 5 dans le domaine de l’Environnement.

J’ai travaillé dans des bureaux d’étude sur la gestion des déchets et l’assainissement des eaux, entre autre. J’organisais également des formations en environnement. Je me sentais cependant trop rivée à l’ordinateur et pas assez sur le terrain. Mon parcours a changé lorsque j’ai rencontré la Permaculture lors d’un voyage en Argentine en 2006-2007.

La Permaculture m’a permis d’être au cœur de la solution et de sa mise en œuvre. Depuis toute petite j’ai considéré la planète Terre, “Pachamama” en Sud-Américain comme un être vivant. Avec la permaculture, je n’étais plus dans la lutte contre, mais pour les solutions… C’est fondamental et est beaucoup plus nourrissant, épanouissant et constructif.

Je suis restée en Argentine dix-huit mois pour suivre une formation dans un village à cent kilomètres de Buenos-Aires : Gaia. Je cherchais un réseau local alternatif. J’ai trouvé par internet, depuis l’Argentine un domaine écologique à vendre dans la Sarthe, à Jupilles. J’ai acquis ce lieu en février 2009. J’ai donné à cet éco-lieu le nom de “Crocus”. C’est un lieu de quatre hectares aménagés selon les principes de la permaculture. Je forme à la permaculture et c’est dans ce cadre que j’intègre le clown.

Mon nom d’artiste est Créa (na) ture ! Quant à ma clowne, elle est à la fois très poétique et naturelle, joueuse avec beaucoup d’énergie ; amoureuse de la vie et du soleil, elle a en même temps une grande empathie. Ma clowne s’est révélée selon un processus qui s’est produit petit à petit. Dans les années 2000, j’habitais à Paris, et je me suis inscrite à un atelier clown par envie de jouer. Avant que je pratique le clown j’étais quelqu’un de très timide, très intériorisée. Je bégayais énormément. Le clown m’a permis de me sentir libre dans ma parole et mon expression.

La Formation des Clownessenciels m’a permis de prendre conscience que je pouvais moi-même animer et être formatrice professionnelle. Cela m’a permis de faire le pas et de passer de l’autre côté. D’autant plus que l’approche de Clownessenciel rejoint tout à fait la mienne, et convient totalement à mon parcours en permaculture. Il y a une cohérence d’éthique. C’est cette continuité avec Clownessenciel qui m’a permis de rester en harmonie avec ce que j’étais. Cette formation m’a apporté les outils et m’a permis de conscientiser mon parcours de clown et de faire la différence entre tous les instances qui sont en nous : le comédien, l’artiste, le clown visible, le clown invisible et les Figures Cachées…

Nous sommes multiples ! Et cela permet de “déconfusionner” toutes ces sous-personnalités qui vivent à l’intérieur de nous, d’en prendre conscience et de les différencier afin de rencontrer l’être profond qui est en nous. L’objectif étant de rejoindre notre essence. Pour moi, le clown et la spiritualité sont liées, car cet art permet une reconnexion à son être profond, à l’élan vital, l’être merveilleux et lumineux que nous sommes, tous.

Lors de la Clown Danse de Libération j’invite les personnes à aller à la rencontre de leurs Figures Cachées. Je leur propose de voir ce qui est présent et limitant ou au contraire énergétisant. Ce qui entrave et empêche l’être, ou ce qui le porte et l’élève. Une fois que nous les reconnaissons, la Clown Danse de Libération, selon un processus en cinq étapes, permet de leur donner corps et de les transformer en Figures Extraordinaires.

Dans ce que j’ai mis en place, je relie le clown et la permaculture. Comme en permaculture, en pratiquant le clown nous constatons que nous sommes riches de ressources et capables de créer l’abondance. Nous identifions cette profusion intérieure et découvrons les possibilités que cela offre. J’ai découvert en moi cette abondance, cette créativité, cette imagination et c’est vraiment une joie pour moi que d’autres personnes puissent intégrer cela.

La permaculture intègre trois principes fondamentaux : prendre soin de la terre, prendre soin de l’être humain, et créer l’abondance pour le partage. L’idée est de prendre soin de soi et des autres, et de se sentir le droit d’exprimer ses états d’âme.

De manière complémentaire, lors de la Clown Danse de Pacification, nous sommes comme dans un grand océan qui libère l’énergie de vie. Cela m’évoque le repos, l’apaisement, le calme et une reconnexion avec soi tout en douceur. Pour moi, c’est très léger et joyeux. C’est une danse fluide à l’image de l’eau, qui est présente et qui façonne, qui circule partout, qui est très sensible et qui fait travailler les émotions. Ainsi nous prenons conscience des sensations corporelles subtiles et du ressenti de toutes les parties du corps.

Quant à la Clown Récit’Action, elle est un moment de partage et d’expression libre qui nous met en joie. Notre enfant intérieur peut s’exprimer et partager ses propres découvertes avec les autres.

 

A la base, j’étais une fonceuse ! J’étais très émotive et hypersensible avec des difficultés à m’exprimer dans le monde. Je n’arrivais pas à m’extérioriser et j’étais silencieuse. Tandis qu’à l’intérieur de moi, je n’avais qu’envie de jouer. C’était une situation assez conflictuelle, et ma clowne m’a vraiment permis de vivre toutes mes émotions et de pouvoir les exprimer avec bienveillance et sans jugement. Cela m’a appris d’arrêter de chercher à contrôler, ce qui procure beaucoup de tendresse et de souplesse envers soi-même. Cela concourt à m’accepter, à être dans l’accueil et à dire “oui” à ce qui arrive et à la vie. Cela m’a donné une véritable liberté d’expression. L’on me qualifie aujourd’hui comme quelqu’un de très transparent, sans ambiguïté.

Ma clowne me permet d’exprimer mes colères sans animosité. De cette façon les autres ne prennent pas cette colère contre eux et ressentent qu’il y a la bienveillance qui se met en place automatiquement. Cela me permet de rester centrée sur moi, et de ne pas renvoyer les reproches aux autres. Cette empathie envers moi-même permet aux autres de rentrer en empathie avec moi. De montrer que cette possibilité existe éveille l’autre également. J’ai ainsi appris à me désidentifier de mes émotions. Je suis à leur écoute, j’essaie de comprendre le message de vérité qu’elles m’envoient, et de le traduire.

Notre clown est toujours à la découverte du merveilleux, du joyeux. Il illumine, il rayonne.  Nous sommes tous porteurs d’une créativité très puissante, qui peut transformer des actions du quotidien de façon plus joyeuse. Notre clown(e) est en quête d’authenticité. Être au plus près de son authenticité rend plus joyeux, car même si l’on n’est dans un mauvais jour, on l’exprime aussi, on ne le cache pas. Le but est de rechercher qui l’on est vraiment. Notre clown(e) amène de la légèreté et apporte une place pour “autre chose” : c’est là qu’il devient créateur. Cela m’a donné la force d’être dans la joie. La vie est belle ! Et, il est fondamental dans ce processus de respecter le rythme de chacun et son équilibre naturel.

On a tous un soleil à l’intérieur de nous qui nous réchauffe, et la possibilité d’ouvrir le regard sur le merveilleux. La graine du soleil a germé en moi ! Cette harmonie nouvelle m’a amenée à me sentir exister. Je ressens une grande connexion à la Terre, ma clowne me permet d’exprimer dans la société cette connexion. Elle me permet aussi de transmettre mes connaissances. Nous avons tous le droit à l’expression, et d’ouvrir cette parole a transformé ma sensibilité en force. Ce qui est drôle c’est qu’en Anglais et en Allemand le mot clown a comme racine étymologique “la motte de terre”. En permaculture, nous pouvons associer plein de mots à cette motte de terre : abondance, biodiversité, oxygène, ver de terre… Je pourrais faire une longue liste. Cette motte de terre, lorsqu’on la regarde, c’est plein de vie, c’est une source. C’est tout l’univers dans une motte de terre que l’on peut tenir dans sa main.

FREDA HELLEGOUARC'H (JUPILLES - SARTHE)

J’ai commencé ma carrière professionnelle dans tous les styles de restauration possibles, jusqu’à être traiteur en cuisine. En école hôtelière, j’ai étudié l’hôtellerie, la restauration, la gastronomie, la crêperie, la cuisine traditionnelle et biologique…. Puis j’ai été chef dans mon restaurant. Je suis entrée dans une communauté dans laquelle j’ai découvert des animateurs et des enfants et je suis devenue animatrice de colonie. J’ai passé six ou sept ans dans la restauration, et lorsque j’ai découvert des activités communautaires, je me suis épanouie. J’ai alors arrêté de restaurer parce que j’ai finalement réalisé que ce n’était pas ce que je voulais. J’ai rencontré le public des enfants qui m’a fait me sentir très bien, cela m’a poussé à leur proposer des activités. Actuellement, j’ai 36 ans, et j’ai exercé environ 5 ans en animation en camp d’été. Je suis ensuite devenu directrice d’un centre de vacances. Je travaillais sur des projets avec les enfants jusqu’à ce que je rencontre un enfant que je n’ai pas pu aider comme je l’aurais souhaité.

J’ai donc pensé que je devais suivre une formation pour comprendre ce qui me manquait avec cet enfant. J’ai suivi la formation complète d’éducatrice spécialisée qui a duré trois ans et qui répondait à mes besoins et puisque l’expérience avec cet enfant était un cas particulier du point de vue psychologique. La formation s’est déroulée à plein temps, mais en même temps je gardais toujours un lien avec les enfants, je m’occupais d’eux, je faisais des remplacements pendant les vacances scolaires, je travaillais dans un centre de loisirs. Après avoir obtenu mon diplôme d’enseignante en éducation spécialisée, j’ai eu mon enfant, et j’ai mis en veille ma vie professionnelle pendant trois ans pour élever ma fille. A cette époque, j’avais 29 ans. Par la suite, j’ai travaillé comme éducatrice spécialisée pour mon propre compte.

J’ai donc créé ma propre compagnie, les “balbulotins” qui propose des ateliers d’expression théâtrale et clownesque, entre-temps j’avais fait une formation avec le “clown de Bafa”…. Après cette formation, j’ai travaillé en structure en proposant des ateliers de théâtre et de clown en structure spécialisée en IME (Educational Medical Institute). J’ai sollicité les structures spécialisées pour leur proposer des ateliers adaptés à chaque public, adultes handicapés, enfants handicapés mentaux ou autres.

Être travailleur autonome m’a donné la chance de rencontrer quelqu’un qui m’a donné l’occasion d’avoir une salle de travail gratuitement parce que je faisais du théâtre, à côté, avec une compagnie de théâtre. Je suis actrice et je joue. Au niveau de ma compagnie théâtrale, je proposerai des ateliers pour enfants ou adultes, lors des vacances scolaires, ainsi que des ateliers individuels lors desquels je travaille par exemple avec des personnes handicapées, schizophrènes ou atteintes de cancer.

Les ateliers théâtraux et clownesques aident les gens à comprendre leur magie intérieure et il est nécessaire pour moi d’utiliser ces deux pratiques. Dans mon entreprise, pour moi, nous sommes des “balbulotins”, c’est-à-dire que nous ne pouvons pas être étiquetés. L’idée de cet atelier est de nous faire comprendre que nous n’avons pas d’étiquette et que nous sommes tous uniques, puis de pouvoir nous « dévisser la tête » pour voir le « produit magique » que nous avons en nous, puis il y a encore une troisième étape derrière c’est que nous devons trouver la bonne mesure dans nos besoins, que nous devons comprendre nos émotions, nous devons comprendre tout ceci pour pouvoir utiliser « notre produit magique ».

C’est principalement au sein de cette entreprise que je travaille aujourd’hui pour les autres. C’est agréable de voir les enfants progresser, prendre confiance en eux et bien grandir !

La raison pour laquelle j’utilise le Clown Éveilleur, c’est parce qu’il va entrer dans l’extraordinaire et l’imaginaire ! Il s’agit d’exprimer ses émotions, les libérer, jouer avec. J’utilise différentes techniques de jeu pour redécouvrir ou découvrir son « je ». Nous travaillons le corps et l’imagination pour provoquer l’éveil personnel, comprendre nos vrais besoins, éveiller notre sensibilité au plaisir de notre beauté intérieure. Il s’agit d’ateliers d’éveil ou de réveil émotionnel pour les plus âgés, pour s’exprimer à travers “l’art de soi”. L’art de soi est subjectif, on peut regarder un tableau et ne pas voir la même chose que son voisin alors ici, nous sommes tous uniques et tous beaux et il n’y a que nous comme nous. Lydie m’a appris à me mettre dans cette situation parce que c’est moi qui jouais et c’est moi qui venais chercher des informations. Ainsi, la Clown Danse de Pacification, la Clown Danse de Libération et la Clown Récit’action sont des outils que j’utilise en fonction de qui je suis, et du regard que j’ai chaque jour. Ma clowne s’appelle Bernadette Balbulotine. Elle est comme une enfant émerveillée par tout ce qu’elle va découvrir. Dans l’imaginaire elle aime faire des bulles, elle est comme un petit enfant, un peu timide et elle « frappe complètement à la ciboulette ». J’aime ce prénom parce que chaque fois qu’on me demande quelle est mon prénom et que je ne veux pas le dire, je réponds que c’est Bernadette. C’est une femme que j’ai connue lorsque j’étais petite fille et j’aimais son prénom, c’est un prénom heureux, ça rebondit, comme “Bernadette c’est bien”. Son caractère est amical, gentil. Ma clowne m’a toujours suivie. Je suis fille unique, j’ai ce grain de folie en moi depuis petite et je lui au toujours donné libre cours. Ma clowne a toujours été là. Elle faisait tellement partie de moi ! Nous ne pouvons pas toujours l’incarner dans notre société mais elle est toujours à l’intérieur. Quand je commence à faire des bulles ou quand je joue avec les enfants dans les ateliers, c’est elle qui est avec moi… Le clown et le théâtre ensemble, c’est vraiment génial.

Même lorsque je suis actrice, ma clowne est toujours là. Mon personnage principal n’est pas un clown parce que je ne porte pas de nez, c’est une grand-mère, c’est la mère chocolat. Lorsque je suis actrice, je n’ai pas de nez, je ne suis pas clowne mais je joue un personnage qui fait de l’art clownesque. Il y a une différence entre la mère chocolatée et Bernadette Balbulotine. La mère chocolatée est un personnage âgé qui a été créé par des histoires de vie personnelles, qui se définit par le stéréotype burlesque de la grand-mère. D’un autre côté la clowne symbolise le petit enfant.

Quand je suis une chocolatière, je joue le rôle, mais quand je suis Bernadette Balbulotine, je suis le clown et je ne joue plus de rôle. Je m’amuse comme un enfant et j’improvise. La différence pour moi, c’est qu’au théâtre on se met dans la peau d’un personnage, on l’habille, on l’écrit, on l’imagine tandis que le clown joue avec ce que l’on est. La Formation des Clownessenciels m’a apporté un réveil personnel quant à ma professionnalisation. Elle m’a permis d’arriver en tant que Priscilla, d’y aller pour des raisons professionnelles à la base puisque c’était une formation professionnalisante, délivrant une certification à la fin. C’était ce cadre qui me poussait à y aller. C’était un entraînement très original. J’ai découvert quelque chose en moi à travers les danses de Lydie ou à travers quelques jeux et aussi avec les autres personnes qui venaient pour apprendre à exercer ce métier.

Cette formation fut une surprise d’entraînement profonde. Nous avons trouvé dans certaines danses une réconciliation qui nous a ramenés à la réalité et à une sorte de lucidité.

La spécificité de Clownessenciel est de nous ramener à ce que nous sommes, de créer le lien entre nous et notre clown, de pouvoir nous connecter, de nous sentir pleinement et de pouvoir trouver une liberté de jeu avec notre clown. J’ai pu la laisser sortir, je lui ai trouvé une voix. C’est une voix que j’ai toujours eue depuis. Je voulais faire du doublage de dessins animés lorsque j’étais petite. Mais là, j’ai pu voir qu’elle aimait parler un peu polonais, alors que je ne le savais pas ! Ça lui va bien et je l’ai laissée le vivre librement.

Le fait que l’on « passe pour un clown » est en lien avec la spiritualité…. C’est pouvoir entrer à l’intérieur de soi-même pour laisser sortir quelque chose et être en énergie et en pleine conscience… C’est donc pouvoir faire un passage entre l’intérieur et l’extérieur… C’est une énergie que nous ne voyons pas mais que nous percevons : lorsque nous utilisons notre clown, nous utilisons notre énergie, notre façon intérieure de ressentir pour faire ressortir notre beauté intérieure à l’extérieur… Pour moi, la Clown Danse de Libération vous permet de faire ressortir votre énergie, vous commencez très lentement, et vous laissez l’énergie vous envahir pour la laisser pleinement exister, en pleine « extraordination » de vous-même. Cette danse que j’ai faite individuellement et collectivement requiert une sorte de lâcher prise. Nous exprimons « l’extraordinaire de nous-mêmes » et en même temps, nous relâchons la tension. Il n’y a pas de jugement, nous sommes tous dans le même bateau, nous pouvons prier, danser, crier, pleurer et chacun va faire sortir ce qui est en lui.

Il y a un lien avec le groupe mais chaque individu reste dans son intégrité personnelle. D’autre part, il y a toujours cette voix qui dit que les gens vont nous regarder mais on voit que tout le monde va aussi y entrer et à ce moment-là tout le monde va lâcher prise et partager son énergie avec les autres…

La Clown Danse de Pacification vous permet de vous sentir entier avec les autres, elle vous permet d’être rassuré, de vous détendre lorsque vous avez un contact physique avec les autres, elle est très sécurisante. Vous êtes en pleine conscience des mouvements et des corps, connecté à l’humain… Il y a harmonie dans le groupe, chacun laissant passer son énergie vers les autres.

La Clown Récit’Action nous permet d’avoir un espace pour parler dans un groupe où nous nous écoutons, en partageant nos sentiments, ce que nous avons appris et ce que nous avons vu. Il s’agit de permettre aux autres d’avoir leur propre espace et d’écouter, ce qui est difficile dans notre société. Chacun prend plaisir à être écouté, nous avons notre propre espace, nous nous soutenons les uns les autres, nous vivons « le clown de celui qui passe » avec lui et cela est très rassurant. Cela nous donne confiance et nous nous disons que nous avons tout l’espace pour pouvoir vivre qui nous sommes et partager ce que nous avons en nous. Ma clowne me donne l’occasion d’être moi, d’être « l’extra de moi-même », de pouvoir oser être et faire ce que je suis….. Cette nouvelle expression de moi-même… Cela m’a permis de laisser à ma petite fille de me parler davantage, de m’écouter, de revenir à ce que j’étais quand j’étais enfant et de lui laisser, à travers ma clowne, la possibilité de s’exprimer.

Cette découverte m’a permise d’être plus naturelle, je suis allée vers plus de simplicité, d’authenticité car avant j’étais plus réservée et cela me permettait de laisser faire les choses… Ma clowne me permet d’être bien avec mon enfant qui a sept ans aujourd’hui, d’être plus connectée avec les enfants que je dirige, d’être un enfant avec eux. En s’amusant, nous apprenons beaucoup plus, nous nous sentons bien. De nombreux adultes oublient de s’amuser. Quand nous jouons avec les enfants, ils se sentent bien. Ma clowne est porteuse d’une sensibilité. Elle a toujours été présente mais je deviens plus sensible, plus attentive aux yeux et aux besoins des enfants parce que la compréhension des enfants me permet d’avoir accès à celle des adultes.

J’aime mon travail parce que j’ai cet œil pour voir, je peux facilement sentir les gens et c’est un don qui est particulièrement utile dans mon travail. Je ressens ce que les gens souhaitent révéler d’eux-mêmes. Ma folie est la graine, la terre est mon âme, les deux sont déjà bien là et ma fleur est encore loin d’avoir fini de pousser mais en tout cas aujourd’hui je peux polliniser les belles choses que j’ai découvertes du bien que j’ai envie de faire. C’est une harmonie personnelle qui me permet de m’affirmer davantage et de ne pas m’écarter de ma vérité profonde par les choses qui me dérangeaient auparavant par rapport à cette vérité que la société veut nous faire entendre mais qui n’est pas la nôtre.

La nouvelle harmonie que j’ai trouvée avec ma place dans l’univers est la conscience avec ma vie… J’ai organisé plusieurs expositions pour promouvoir le lien intergénérationnel sur les petites villes qui ont par exemple une crèche, une école et une maison de retraite ou une maison commune. J’ai proposé à chaque structure de participer à un projet en peignant une toile de peinture sur ce qu’est la vie pour vous et j’ai organisé après la collecte de ces toiles une exposition ouverte au public gratuitement pour demander aux visiteurs et aux familles comment est la vie pour vous. A mon avis, le fait d’être conscient d’être vivant nous encourage à accepter la mort, nous devons avoir un lien avec elle, nous devons avoir été confrontés à elle pour être pleinement conscients de la vie sur terre et de sa place sur cette petite échelle que nous sommes dans l’univers… Pour moi, le mot univers est un peu comme un langage d’oiseau, uni vers l’autre et vers ce qui nous entoure, vers l’environnement. Ce concept d’identification par dés m’a permis de m’accepter telle que je suis. Cela m’a ouvert à l’acceptation de moi-même et de l’ensemble du groupe.

Mes figures cachées se sont transformées en figures extraordinaires grâce aux différentes techniques de jeu, aux échanges et à la confiance que d’autres m’ont apportées. C’est le clown qui me ramènera à ce figuratif….

La guérison pour moi, vient du fait que je peux exprimer et jouer des choses. C’est par le jeu, que ce soit sur scène, en tant que clown ou dans un personnage de la mère chocolatée ou en offrant des jeux aux enfants ou aux adultes avec qui je travaille. C’est la réconciliation de mes maux avec mes paroles. Je me sens libre en moi aujourd’hui, la libre expression de moi-même mais j’ai atteint l’harmonisation de moi-même, comme un entonnoir où j’ai eu beaucoup de choses et grâce aux expériences de vie, jeux, scènes, rencontres et groupes que je descends de cet entonnoir pour enlever une goutte essentielle de moi-même.

PRISCILLA HELBERT (BRETAGNE)

J’ai commencé ma carrière professionnelle dans tous les styles de restauration possibles, jusqu’à être traiteur en cuisine. En école hôtelière, j’ai étudié l’hôtellerie, la restauration, la gastronomie, la crêperie, la cuisine traditionnelle et biologique…. Puis j’ai été chef dans mon restaurant. Je suis entrée dans une communauté dans laquelle j’ai découvert des animateurs et des enfants et je suis devenue animatrice de colonie. J’ai passé six ou sept ans dans la restauration, et lorsque j’ai découvert des activités communautaires, je me suis épanouie. J’ai alors arrêté de restaurer parce que j’ai finalement réalisé que ce n’était pas ce que je voulais. J’ai rencontré le public des enfants qui m’a fait me sentir très bien, cela m’a poussé à leur proposer des activités. Actuellement, j’ai 36 ans, et j’ai exercé environ 5 ans en animation en camp d’été. Je suis ensuite devenu directrice d’un centre de vacances. Je travaillais sur des projets avec les enfants jusqu’à ce que je rencontre un enfant que je n’ai pas pu aider comme je l’aurais souhaité.

J’ai donc pensé que je devais suivre une formation pour comprendre ce qui me manquait avec cet enfant. J’ai suivi la formation complète d’éducatrice spécialisée qui a duré trois ans et qui répondait à mes besoins et puisque l’expérience avec cet enfant était un cas particulier du point de vue psychologique. La formation s’est déroulée à plein temps, mais en même temps je gardais toujours un lien avec les enfants, je m’occupais d’eux, je faisais des remplacements pendant les vacances scolaires, je travaillais dans un centre de loisirs. Après avoir obtenu mon diplôme d’enseignante en éducation spécialisée, j’ai eu mon enfant, et j’ai mis en veille ma vie professionnelle pendant trois ans pour élever ma fille. A cette époque, j’avais 29 ans. Par la suite, j’ai travaillé comme éducatrice spécialisée pour mon propre compte.

J’ai donc créé ma propre compagnie, les “balbulotins” qui propose des ateliers d’expression théâtrale et clownesque, entre-temps j’avais fait une formation avec le “clown de Bafa”…. Après cette formation, j’ai travaillé en structure en proposant des ateliers de théâtre et de clown en structure spécialisée en IME (Educational Medical Institute). J’ai sollicité les structures spécialisées pour leur proposer des ateliers adaptés à chaque public, adultes handicapés, enfants handicapés mentaux ou autres.

Être travailleur autonome m’a donné la chance de rencontrer quelqu’un qui m’a donné l’occasion d’avoir une salle de travail gratuitement parce que je faisais du théâtre, à côté, avec une compagnie de théâtre. Je suis actrice et je joue. Au niveau de ma compagnie théâtrale, je proposerai des ateliers pour enfants ou adultes, lors des vacances scolaires, ainsi que des ateliers individuels lors desquels je travaille par exemple avec des personnes handicapées, schizophrènes ou atteintes de cancer.

Les ateliers théâtraux et clownesques aident les gens à comprendre leur magie intérieure et il est nécessaire pour moi d’utiliser ces deux pratiques. Dans mon entreprise, pour moi, nous sommes des “balbulotins”, c’est-à-dire que nous ne pouvons pas être étiquetés. L’idée de cet atelier est de nous faire comprendre que nous n’avons pas d’étiquette et que nous sommes tous uniques, puis de pouvoir nous « dévisser la tête » pour voir le « produit magique » que nous avons en nous, puis il y a encore une troisième étape derrière c’est que nous devons trouver la bonne mesure dans nos besoins, que nous devons comprendre nos émotions, nous devons comprendre tout ceci pour pouvoir utiliser « notre produit magique ».

C’est principalement au sein de cette entreprise que je travaille aujourd’hui pour les autres. C’est agréable de voir les enfants progresser, prendre confiance en eux et bien grandir !

La raison pour laquelle j’utilise le Clown Éveilleur, c’est parce qu’il va entrer dans l’extraordinaire et l’imaginaire ! Il s’agit d’exprimer ses émotions, les libérer, jouer avec. J’utilise différentes techniques de jeu pour redécouvrir ou découvrir son « je ». Nous travaillons le corps et l’imagination pour provoquer l’éveil personnel, comprendre nos vrais besoins, éveiller notre sensibilité au plaisir de notre beauté intérieure. Il s’agit d’ateliers d’éveil ou de réveil émotionnel pour les plus âgés, pour s’exprimer à travers “l’art de soi”. L’art de soi est subjectif, on peut regarder un tableau et ne pas voir la même chose que son voisin alors ici, nous sommes tous uniques et tous beaux et il n’y a que nous comme nous. Lydie m’a appris à me mettre dans cette situation parce que c’est moi qui jouais et c’est moi qui venais chercher des informations. Ainsi, la Clown Danse de Pacification, la Clown Danse de Libération et la Clown Récit’action sont des outils que j’utilise en fonction de qui je suis, et du regard que j’ai chaque jour. Ma clowne s’appelle Bernadette Balbulotine. Elle est comme une enfant émerveillée par tout ce qu’elle va découvrir. Dans l’imaginaire elle aime faire des bulles, elle est comme un petit enfant, un peu timide et elle « frappe complètement à la ciboulette ». J’aime ce prénom parce que chaque fois qu’on me demande quelle est mon prénom et que je ne veux pas le dire, je réponds que c’est Bernadette. C’est une femme que j’ai connue lorsque j’étais petite fille et j’aimais son prénom, c’est un prénom heureux, ça rebondit, comme “Bernadette c’est bien”. Son caractère est amical, gentil. Ma clowne m’a toujours suivie. Je suis fille unique, j’ai ce grain de folie en moi depuis petite et je lui au toujours donné libre cours. Ma clowne a toujours été là. Elle faisait tellement partie de moi ! Nous ne pouvons pas toujours l’incarner dans notre société mais elle est toujours à l’intérieur. Quand je commence à faire des bulles ou quand je joue avec les enfants dans les ateliers, c’est elle qui est avec moi… Le clown et le théâtre ensemble, c’est vraiment génial.

Même lorsque je suis actrice, ma clowne est toujours là. Mon personnage principal n’est pas un clown parce que je ne porte pas de nez, c’est une grand-mère, c’est la mère chocolat. Lorsque je suis actrice, je n’ai pas de nez, je ne suis pas clowne mais je joue un personnage qui fait de l’art clownesque. Il y a une différence entre la mère chocolatée et Bernadette Balbulotine. La mère chocolatée est un personnage âgé qui a été créé par des histoires de vie personnelles, qui se définit par le stéréotype burlesque de la grand-mère. D’un autre côté la clowne symbolise le petit enfant.

Quand je suis une chocolatière, je joue le rôle, mais quand je suis Bernadette Balbulotine, je suis le clown et je ne joue plus de rôle. Je m’amuse comme un enfant et j’improvise. La différence pour moi, c’est qu’au théâtre on se met dans la peau d’un personnage, on l’habille, on l’écrit, on l’imagine tandis que le clown joue avec ce que l’on est. La Formation des Clownessenciels m’a apporté un réveil personnel quant à ma professionnalisation. Elle m’a permis d’arriver en tant que Priscilla, d’y aller pour des raisons professionnelles à la base puisque c’était une formation professionnalisante, délivrant une certification à la fin. C’était ce cadre qui me poussait à y aller. C’était un entraînement très original. J’ai découvert quelque chose en moi à travers les danses de Lydie ou à travers quelques jeux et aussi avec les autres personnes qui venaient pour apprendre à exercer ce métier.

Cette formation fut une surprise d’entraînement profonde. Nous avons trouvé dans certaines danses une réconciliation qui nous a ramenés à la réalité et à une sorte de lucidité.

La spécificité de Clownessenciel est de nous ramener à ce que nous sommes, de créer le lien entre nous et notre clown, de pouvoir nous connecter, de nous sentir pleinement et de pouvoir trouver une liberté de jeu avec notre clown. J’ai pu la laisser sortir, je lui ai trouvé une voix. C’est une voix que j’ai toujours eue depuis. Je voulais faire du doublage de dessins animés lorsque j’étais petite. Mais là, j’ai pu voir qu’elle aimait parler un peu polonais, alors que je ne le savais pas ! Ça lui va bien et je l’ai laissée le vivre librement.

Le fait que l’on « passe pour un clown » est en lien avec la spiritualité…. C’est pouvoir entrer à l’intérieur de soi-même pour laisser sortir quelque chose et être en énergie et en pleine conscience… C’est donc pouvoir faire un passage entre l’intérieur et l’extérieur… C’est une énergie que nous ne voyons pas mais que nous percevons : lorsque nous utilisons notre clown, nous utilisons notre énergie, notre façon intérieure de ressentir pour faire ressortir notre beauté intérieure à l’extérieur… Pour moi, la Clown Danse de Libération vous permet de faire ressortir votre énergie, vous commencez très lentement, et vous laissez l’énergie vous envahir pour la laisser pleinement exister, en pleine « extraordination » de vous-même. Cette danse que j’ai faite individuellement et collectivement requiert une sorte de lâcher prise. Nous exprimons « l’extraordinaire de nous-mêmes » et en même temps, nous relâchons la tension. Il n’y a pas de jugement, nous sommes tous dans le même bateau, nous pouvons prier, danser, crier, pleurer et chacun va faire sortir ce qui est en lui.

Il y a un lien avec le groupe mais chaque individu reste dans son intégrité personnelle. D’autre part, il y a toujours cette voix qui dit que les gens vont nous regarder mais on voit que tout le monde va aussi y entrer et à ce moment-là tout le monde va lâcher prise et partager son énergie avec les autres…

La Clown Danse de Pacification vous permet de vous sentir entier avec les autres, elle vous permet d’être rassuré, de vous détendre lorsque vous avez un contact physique avec les autres, elle est très sécurisante. Vous êtes en pleine conscience des mouvements et des corps, connecté à l’humain… Il y a harmonie dans le groupe, chacun laissant passer son énergie vers les autres.

La Clown Récit’Action nous permet d’avoir un espace pour parler dans un groupe où nous nous écoutons, en partageant nos sentiments, ce que nous avons appris et ce que nous avons vu. Il s’agit de permettre aux autres d’avoir leur propre espace et d’écouter, ce qui est difficile dans notre société. Chacun prend plaisir à être écouté, nous avons notre propre espace, nous nous soutenons les uns les autres, nous vivons « le clown de celui qui passe » avec lui et cela est très rassurant. Cela nous donne confiance et nous nous disons que nous avons tout l’espace pour pouvoir vivre qui nous sommes et partager ce que nous avons en nous. Ma clowne me donne l’occasion d’être moi, d’être « l’extra de moi-même », de pouvoir oser être et faire ce que je suis….. Cette nouvelle expression de moi-même… Cela m’a permis de laisser à ma petite fille de me parler davantage, de m’écouter, de revenir à ce que j’étais quand j’étais enfant et de lui laisser, à travers ma clowne, la possibilité de s’exprimer.

Cette découverte m’a permise d’être plus naturelle, je suis allée vers plus de simplicité, d’authenticité car avant j’étais plus réservée et cela me permettait de laisser faire les choses… Ma clowne me permet d’être bien avec mon enfant qui a sept ans aujourd’hui, d’être plus connectée avec les enfants que je dirige, d’être un enfant avec eux. En s’amusant, nous apprenons beaucoup plus, nous nous sentons bien. De nombreux adultes oublient de s’amuser. Quand nous jouons avec les enfants, ils se sentent bien. Ma clowne est porteuse d’une sensibilité. Elle a toujours été présente mais je deviens plus sensible, plus attentive aux yeux et aux besoins des enfants parce que la compréhension des enfants me permet d’avoir accès à celle des adultes.

J’aime mon travail parce que j’ai cet œil pour voir, je peux facilement sentir les gens et c’est un don qui est particulièrement utile dans mon travail. Je ressens ce que les gens souhaitent révéler d’eux-mêmes. Ma folie est la graine, la terre est mon âme, les deux sont déjà bien là et ma fleur est encore loin d’avoir fini de pousser mais en tout cas aujourd’hui je peux polliniser les belles choses que j’ai découvertes du bien que j’ai envie de faire. C’est une harmonie personnelle qui me permet de m’affirmer davantage et de ne pas m’écarter de ma vérité profonde par les choses qui me dérangeaient auparavant par rapport à cette vérité que la société veut nous faire entendre mais qui n’est pas la nôtre.

La nouvelle harmonie que j’ai trouvée avec ma place dans l’univers est la conscience avec ma vie… J’ai organisé plusieurs expositions pour promouvoir le lien intergénérationnel sur les petites villes qui ont par exemple une crèche, une école et une maison de retraite ou une maison commune. J’ai proposé à chaque structure de participer à un projet en peignant une toile de peinture sur ce qu’est la vie pour vous et j’ai organisé après la collecte de ces toiles une exposition ouverte au public gratuitement pour demander aux visiteurs et aux familles comment est la vie pour vous. A mon avis, le fait d’être conscient d’être vivant nous encourage à accepter la mort, nous devons avoir un lien avec elle, nous devons avoir été confrontés à elle pour être pleinement conscients de la vie sur terre et de sa place sur cette petite échelle que nous sommes dans l’univers… Pour moi, le mot univers est un peu comme un langage d’oiseau, uni vers l’autre et vers ce qui nous entoure, vers l’environnement. Ce concept d’identification par dés m’a permis de m’accepter telle que je suis. Cela m’a ouvert à l’acceptation de moi-même et de l’ensemble du groupe.

Mes figures cachées se sont transformées en figures extraordinaires grâce aux différentes techniques de jeu, aux échanges et à la confiance que d’autres m’ont apportées. C’est le clown qui me ramènera à ce figuratif….

La guérison pour moi, vient du fait que je peux exprimer et jouer des choses. C’est par le jeu, que ce soit sur scène, en tant que clown ou dans un personnage de la mère chocolatée ou en offrant des jeux aux enfants ou aux adultes avec qui je travaille. C’est la réconciliation de mes maux avec mes paroles. Je me sens libre en moi aujourd’hui, la libre expression de moi-même mais j’ai atteint l’harmonisation de moi-même, comme un entonnoir où j’ai eu beaucoup de choses et grâce aux expériences de vie, jeux, scènes, rencontres et groupes que je descends de cet entonnoir pour enlever une goutte essentielle de moi-même.

PRISCILLA HELBERT (BRETAGNE)

J’ai 50 ans, je travaille en région parisienne mais je suis originaire d’Orléans. J’ai repris la maison familiale de mes grands-parents maternels que j’ai rénovée. C’est là-bas que je vais m’installer pour animer mes ateliers et mes stages Clownessenciel. Je suis souvent à Paris pour mon travail pour l’instant. Je ne travaillais pas dans le monde artistique jusqu’à là. J’ai un parcours « classique ». J’ai étudié l’économie avec une maîtrise à l’ESS Développement agricole en France. J’ai fait 7 ans dans le mécanisme agricole.

En 1997, j’ai intégré la formation professionnelle continu. J’ai commencé à travailler dans l’organisation professionnelle qui collecte pour les fonds de la coopération à l’école alimentaire avec l’école et l’agriculture.

 

J’ai commencé la Formation des Clownessenciels en mars 2018 et fini en juillet 2018. En revanche, je suis les ateliers de Clown-Thérapie tous les samedis. Je les suis aussi en webinaire.

Un matin, j’ai trouvé le nom de LIBAILLUNE. Lib comme Liberté, L comme la tête d’un oiseau, suivi par LUNE. Donc LIBAILLUNE, au lieu de Libellule. Je caractériserais LIBAILLUNE comme étant lutine, espiègle, joyeuse, enfantine, qui ose. Depuis la formation des Clownessenciels, j’ai trouvé un costume pour ma clowne. Au niveau des accessoires, il y a beaucoup de rose, c’est un peu enfantin avec des jambières de toutes les couleurs. J’ai aussi trouvé des boucles d’oreilles en grosses fleurs bleues. Tout cela a un rapport avec le nom d’artiste « Fleur ». Quand on parle de la Formation des Clownessenciels. Le nom de clown avec lequel on se prépare, c’est le nom d’artiste. Je dirais que ma clowne est poétique. C’est un joker.

Comment mon clown s’est réveillé ou révélé en moi ? À 18 ans, après un cancer, je me suis dit que j’aimerais bien être un clown en hôpital pour les enfants cancéreux. J’ai trouvé le début du rire et j’ai commencé à lire des livres. Je me suis dit que je pourrais le faire. Toutefois, je me suis aperçue qu’on ne pouvait pas être amateur, il fallait être professionnel en tout. Donc, je me suis fait acheter un faux clown chez moi. Traité comme une poupée, c’est un clown à visage très triste et très coloré. C’était un peu droit et fabriqué en porcelaine. Il est toujours là depuis mes 22-23 ans. J’avais aussi une amie qui faisait du clown et qui partait en stage de clown en me disant « Viens ! ». J’étais plutôt timide et réservée. Ce n’était pas pour moi, pourtant en même temps, cela m’a intéressée. L’aspect des clowns était plutôt conceptuel.

 

Puis l’an dernier, vers janvier-février, j’ai repris une psychothérapie. Là, je me suis souvenue « ah ! Mais en faite, je voulais faire du clown ». Elle me répond que c’est peut-être le moment. J’ai dit d’accord.

 

Quand je suis tombée sur la Formation des Clownessenciels, cela m’est apparu comme évident. Avec les photos, le parcours de Lydie, les trois piliers, la méditation, la danse, je me suis dit que c’était un peu fou. Cela m’a beaucoup parlé. Je suis allée à un atelier du samedi matin sans appréhension aucune et j’ai rejoint le groupe où je ne connaissais personne. Je me suis sentie comme chez moi.

 

Pour la Clown Danse de Libération et la Clown Récit-Action, il fallait dire ce qu’on avait raconté en clown alors j’ai essayé. Donc, la façon dont le clown est apparu en moi est plutôt naturelle. Il s’est révélé une première fois à 18 ans. Car entre temps, j’ai déménagé vers Rennes et à nouveau sur Paris.

J’ai retrouvé le clown en retombant sur les textes de quand j’ai chanté. J’ai aussi pris des cours de musique, de chant individuel et des cours de développement personnel. J’avais noté qu’on m’avait dit que j’avais ce côté lutin. Ma clowne a plutôt un côté joyeux, même si c’est faux. Elle a ce côté ludique et joueur. Cela me fait du bien.

La formation des Clownessenciels m’a apporté une confiance en moi Lors des 13 jours de juillet, m’a apporté la connexion à ma clowne et la perspective de nouvelles possibilités.

Elle m’a redonné l’envie d’animer des stages et d’entrer dans la dynamique de ce réseau. Dans cette communauté, je me suis sentie en solidarité. Je me suis sentie si bien, comme dans un cocon. On sent la bienveillance et il n’y a pas de question à se poser. Un cocon c’est un cercle un peu particulier. Un cocon n’est pas contraignant, ne vous attache pas, au contraire il permet de vous épanouir.

 

Pour moi, la spécificité de Clownessenciel, c’est d’aller chercher le clown à l’intérieur de la personne.

Le clown au quotidien, c’est vraiment une façon de vivre. C’est vraiment un cheminement intérieur. Le Clown Éveilleur est propre à chacun. Pour moi, la spiritualité c’est le fait qu’on est là pour accomplir quelque chose. On arrive sur cette terre avec un passé. Je suis arrivée ici pour faire et comprendre des choses. Je suis persuadée qu’on doit trouver sa place en correspondance avec qui nous sommes. Pour moi, la spiritualité c’est d’être relié à quelque chose, à une force plus grande que nous. Le clown m’a permis de m’exprimer. Il m’a aidée à être à l’aise et d’être ce que je suis. L’incarner m’aide dans mon quotidien. Cela va au-delà de ce que je pensais, car je le sens. Parfois c’est furtif.

Je suis aussi en train de m’ouvrir à autre chose. Je me suis encore ouverte à autre chose et là je me suis dit que quelque chose se transmet ou ne se transmet pas dans la spiritualité.

Aujourd’hui c’est le clown qui exprime le mieux mon être profond. Il exprime ce que je deviens.

Lors des mouvements de la Clown Danse de Libération, j’ai fait des exercices magnifiques pas simples, très complexes que je ne connaissais pas, et qui m’ont apporté de l’expérience et libéré les figures cachées en moi.

Avec une présence à l’instant, la Clown Danse de Libération permet de se libérer grâce à la musique. J’ai aimé la phase de dés-identification. C’est une libération de choses qui encombrent, de poids, des figures cachées. La présence à cela permet de les identifier à ces moments-là. Je trouve intéressant de pouvoir entrer dans une figure cachée.

Pour moi, la Clown Danse de Pacification est une méditation en mouvement lent qui m’apaise car elle me permet de me connecter à l’intérieur. Concernant la Clown Récit’Action, c’est aussi une libération dans le sens où on dit des choses personnelles aux autres. C’est une capacité de s’exprimer, de s’ouvrir. Évidemment, cela se fait avec le clown, en dédramatisant.

Le clown m’a apporté une liberté de mouvement dans le corps. Je ressens plus d’ouverture. J’ai une meilleure conscience de mon corps. Cela m’a aussi permis de sortir ma voix. Cette nouvelle expression m’a permis d’oser plus. Les deux sont liés. Oser se confronter à quelque chose. La découverte de ma clowne a changé ma vie et m’a apporté des petits brins de lumière. C’est ma soupape. Je pense que c’est le début de quelque chose, d’un nouveau projet.

Mon objectif est toujours d’amener le clown dans les hôpitaux pour les enfants cancéreux, dans un but thérapeutique. Ensuite, j’ai aussi pour projet de peut-être organiser des stages dans la maison familiale de mes grands-parents maternels que j’ai reprise. Donc, la formation m’a apporté une lumière intérieure et d’autres perspectives.

J’ai découvert en moi un côté léger, agile. Ce côté léger me donne une force qui m’aide à avancer, parfois à renoncer et à se détacher de manière plus légère. Cela a fait germer en moi une graine pour « oser » sans contraintes et sans limites, Dans mon quotidien, j’ose innover plus, j’essaye, j’expérimente.

On peut dire que j’ai trouvé une harmonie nouvelle par rapport à ma place dans la société, car je m’aperçois qu’avec toutes ces sortes d’animations, j’ai trouvé la capacité d’aider. Je me retrouve comme passeur de quelque chose. On verra dans quelques mois ! C’est certainement vers ce chemin professionnel que je voudrais aller: aider l’autre à cheminer et à croire en eux-mêmes

 

La Formation des Clownessenciels m’a permis de renouer avec la spiritualité, avec l’univers. Je me sens plus en connexion avec le monde qui m’entoure. Je peux dire que je suis à la fois dans le spirituel et le matériel. Matériel dans le sens très proche de la matière, étant donné que j’ai restauré une maison. Mais en même temps par rapport à l’univers, je vois exactement ce qui se passe en ce moment, et je sens que je me détache complètement. J’ai l’impression depuis peu qu’il y a un bruit en moi qui sait et je me raccroche un peu plus à cette notion de détachement dans la réalité. Le concept de dés-identification c’est-à-dire le détachement intérieur vis-à-vis des émotions a apporté une vérité individuelle. Je pense qu’à partir du moment où on ne s’est pas désidentifié, ou on ne s’est pas détaché de ses émotions, elles prennent le dessus ou elles prennent le contrôle sur nous. Une fois qu’on s’est détaché de ses émotions, on a plus la possibilité de s’exprimer dans notre entièreté et dans notre vérité. La vérité individuelle est l’essentiel qu’on puisse voir en soi. Les termes qui me viennent sont « sagesse » et « paix ».

Concernant l’opération du processus d’extraordination c’est-à-dire le processus de transformation de la figure cachée en figure extraordinaire, c’est comme un chemin naturel. Au début c’est difficile de voir l’identification et l’expression puis cela se passe assez naturellement, une fois qu’on trouve le rire. C‘est un processus qui se prolonge.

Je tiens à dire que la Formation des Clown Éveilleurs me permet d’être moi-même. Elle m’a apaisée dans le sens que « je ne pose pas de question et je me sens à part ». C’est un travail de toute une vie. Il y a comme une phase d’apprentissage et un déclic. Maintenant, quand je vais aux ateliers le samedi, je ne me pose pas de question du type « qu’est-ce que je vais dire, qu’est-ce que je vais être, qu’est-ce que je suis ? ». Je ne me dis plus non plus après « ah ! J’aurais dû être là, ah ! J’aurais dû être ici… ».c’est tellement reposant et énergisant ! C’est comme des parenthèses dans ma vie.

On peut dire que je me suis métamorphosée. C’est quelque chose de global. Après, on peut continuer sur ce chemin toute la vie. Je ne sais pas où cela va me mener, mais c’est sur qu’il y aura eu un avant et un après. J’ai trouvé dans la Formation des Clownessenciels le cadre dans lequel cette métamorphose pouvait se faire naturellement. Une fois que j’étais dans la première formation de 4 jours, je ne me pose plus de questions. Tout s’est passé très naturellement. Certainement plus tard, ma clowne ira dans les hôpitaux. Mais là, je vais vraiment faire quelque chose. C’est déjà un grand pas en avant. Cela fait partie de la métamorphose.

LAURENCE JAMET (PARIS)

J’ai 52 ans. J’habite au Mans, dans la Sarthe. Actuellement (2019), je suis conseillère en insertion professionnelle pour des personnes en situation de handicap. J’ai commencé ma carrière professionnelle comme formatrice en français et en histoire-géographie de la seconde à la terminale, dans le secteur agricole pendant quelques années. Puis je suis partie à Paris pour enseigner à des cuisiniers et des serveurs, dans la restauration. Ensuite je suis revenue au Mans, où j’ai été formatrice auprès des Compagnons du Devoir. Ma plus longue expérience s’est déroulée au CFA du bâtiment. Puis en 2004-2005, j’ai décidé d’évoluer professionnellement. J’ai donc demandé à mon employeur de prendre un Congé Individuel de Formation pour devenir conseillère en insertion auprès des jeunes. Au CFA du bâtiment, j’avais apprécié accompagner les apprentis en entreprise avec les formateurs techniques. Je le voyais évoluer dans son environnement de travail et il y avait une autre approche très valorisante des jeunes accompagnés. Je trouvais cela très intéressant. Je désirais que mon futur métier soit en prise avec le lien professionnel plutôt qu’avec le lien éducatif. Au cours de ma formation, mon projet a un peu évolué et j’ai dévié vers l’insertion par l’activité économique. Je suis sortie de formation avec ce projet-là : travailler sur des chantiers d’insertion.

J’ai ensuite élargi mes recherches. J’ai donc répondu à des offres pour travailler dans des centres de formation en tant que formatrice dans l’insertion pour accompagner des personnes demandeurs d’emploi dans leur projet professionnel.

Je me retrouve donc avec des adultes. Surtout des personnes de plus de 40 voire 50 ans. Ma mission est de les aider à définir un projet compatible avec leur restriction. Nous les accompagnons, les guidons, les conseillons, les orientons vers des démarches à faire ou vers des partenaires qui seront mieux à même de les aider dans leur parcours et dans leur projet. Pour l’instant, je ne me vois pas changer même s’il y a de nombreuses choses qui me questionnent dans le monde du travail actuel. Je désire évoluer vers un accompagnement personnel plutôt que professionnel, dans le mieux-être. Tout a démarré effectivement le jour où j’ai rencontré mon clown.

Mon clown s’appelle Bidou. Pour l’instant il est masculin mais il tend à être unisexe. Bidou est très jeune. Il est joyeux, naïf et spontané. Il est à la fois extraverti et introverti selon l’environnement, c’est-à-dire qu’il est un peu timide quand même. Avant même qu’il sache qu’il s’appelait Bidou, je l’ai rencontré lors d’un atelier clown appelé « l’être sacré du clown » au Mans organisé par Fabienne Chauveau. C’était comme une révélation. J’ai senti qu’il y avait une forme d’expression en moi que je cherchais depuis longtemps, et qui était là. Elle m’a conseillé de chercher une formation pour approfondir. Je sentais que mon clown avait besoin d’explorer. Pour moi, c’est une forme d’expression qui me permet de formuler vraiment ce qui sortait de l’intérieur de façon facile et spontanée. J’avais fait du théâtre, de l’improvisation et du chant auparavant, mais aucune de ces façons de s’exprimer ne m’avait autant remplie. Je sentais que ce que j’arrivais à sortir était vraiment naturel. J’ai découvert Clownessenciel en septembre 2017. J’ai suivi mon intuition. Le nom de la Formation des Clownessenciels m’a interpelée car le pseudonyme d’une de mes meilleures amies est Essentiel. Je l’ai vu comme une synchronicité.

La Formation des Clownessenciels m’a apporté une compréhension de ce qu’était le clown éveilleur. J’étais en toute confiance. Le fait de danser toute la journée pour faire émerger le clown m’a complètement séduite et je me suis trouvée des capacités que je ne connaissais pas. C’était très enrichissant et surprenant pour moi à ce niveau-là, d’une façon que je n’aurai jamais imaginé.

Je me suis rendue compte de tout le chemin parcouru à la fin des 13 jours de formation. J’ai pris goût à bouger mon corps pendant une journée entière ! J’en ai même senti le manque physique de mouvements lors de vacances en famille qui ont suivi la formation…

Clownessenciel approche l’art du clown sous l’angle spirituel et poétique. Le clown nous permet d’exprimer notre essence divine. J’avais trouvé cette spiritualité dans l’approche de Fabienne Chauveau, je l’ai retrouvée avec Clownessenciel. Il y avait un clown en moi qui se baladait depuis fort longtemps dans mon espace. La Formation des Clownessenciels m’a permise de me réconcilier avec mon clown et de le définir tel qu’il était en moi depuis le début, c’est-à-dire un clown qui saisit l’instant, qui est naïf, curieux et qui veut s’amuser. Mais pas forcément pour faire rire les autres. Qu’importe ce que l’on exprime, on l’exprime de façon spontanée et dans le partage. Pour moi, ce qui fait de nous des êtres spirituels c’est notre spontanéité, le fait d’être dans l’instant, ouvert, curieux, enthousiaste, joyeux, et en même temps centrés. Pour être dans l’instant, il faut être centré et pour moi la spiritualité ramène au fait d’être à l’écoute de ce qu’on est, de ses sensations, de ses sentiments et d’être là.

En Clown Danse de Libération, le mouvement permet de lâcher prise : laisser son corps exprimer ce qu’il a à exprimer permet de lâcher le mental et d’être plus centré et plus dans l’instant présent, et donc de laisser de la place au clown. Il peut avoir beaucoup de nuances, c’est-à-dire que même s’il est joyeux, ce n’est pas forcément de la joie excentrique et extravertie, ça peut être très intérieur aussi. La danse permet d’exprimer d’une façon très vaste et nuancée tous les sentiments et toutes les expressions possibles. Le mouvement libère les tensions. Au fur et à mesure, j’ai bien senti qu’il y avait des mouvements naturels qui venaient, qui ne se faisaient pas auparavant.

Le processus d’extraordination s’opère par le mouvement, grâce à la Clown Danse de Libération. La plupart des Figures Cachées ont été identifiées par des tensions dans le corps et par des pensées. Comme nous ne pouvons pas être à la fois au four et au moulin, les tensions partent car c’est le corps qui l’impose. Notre corps extériorise ce que la Figure Cachée a besoin d’exprimer. En étant plus visible, le processus de désidentification est facilité. Rien ne se perd, tout se transforme !

La Clown Danse de Pacification m’a permis de lâcher prise par rapport au retour des autres sur l’image que je peux donner et à faciliter le contact avec les autres. J’ai enfin accepté d’enlever mes lunettes ! Or quand je les enlève, tout est flou. Alors fermer les yeux et en plus de ne pas avoir mes lunettes, du coup quand je les ouvre, ça ne sert à rien puisque je ne vois toujours rien donc autant enlever tout !

Connaitre le groupe et être dans un environnement bienveillant aide à lâcher des choses qu’on ne lâchait pas au début. La Clown Danse de Pacification apporte beaucoup dans la relation à l’autre. Elle nous apporte la sensation vraie de faire partie d’un tout. On est lié, donc il n’y a pas de risque à toucher l’autre. On développe tout un imaginaire dans quelque chose de bienveillant et très agréable. La Clown Danse de Pacification est toujours bienveillante, on ne risque rien, c’est un cocon de bien-être.

En Clown Récit’Action, nous sommes portés par les autres, au milieu, à nous laisser traverser par ce que nous avons à exprimer. Nous ralentissons, nous prenons notre temps. Il n’y a rien qui presse et donc on peut exprimer des choses qu’on n’aurait pas exprimées d’une autre façon. Elle peut être muette aussi. La Formation des Clownessenciels m’a permise d’être vraiment et pas de faire. Mon clown ne m’emmenait pas vers le faire rire. L’objectif était d’être là et puis de partager quelque chose avec les autres. Mon clown m’a apporté la liberté d’être moi sans peur du jugement. Cette nouvelle expression de moi m’a apportée plus de tolérance par rapport à ce qu’on peut me renvoyer. Je sais que je ne suis pas que ce que les autres me renvoient. J’ai compris qui j’étais. La découverte du clown et de la capacité à le transmettre a été une révolution pour moi. Pour la première fois m’est apparue la possibilité de construire quelque chose pour moi et par moi-même. J’accepte que cela prenne du temps, je suis sur la voie. Je vais pouvoir commencer une activité qui m’est propre tout en quittant le monde du travail tel que je l’ai connu jusqu’à aujourd’hui.

Mon clown illumine mon quotidien : au jour le jour, je me sens moins seule. C’est comme si quelque part, j’avais pris un engagement avec mon clown. Il se montre lors de piqures de rappel, d’une façon ou d’une autre dans mon quotidien. Dans le travail, dans la relation, dans la façon d’être avec les gens, je vois bien qu’il est présent, même si je ne le sors pas tout le temps. J’ai besoin d’être stimulée pour qu’il sorte.

Avec mon clown, j’ai découvert en moi des capacités physiques que je ne pensais pas avoir et je me suis réconciliée un peu plus avec mon corps. Je suis plus en paix avec lui. Il m’a donné la force, de la confiance en soi et de la confiance en ce que crois être juste pour soi. A un moment donné, j’ai eu un déclic, je me suis dit oui, depuis tout ce temps-là j’avais raison. J’ai alors eu envie de transmettre ces valeurs-là. Cette envie de transmettre est là depuis toute petite. Mais là, je peux transmettre ce qui ressort vraiment de moi et non ce que d’autres voudraient que je transmette. Il s’agit vraiment transmettre ce qui est au plus profond de moi.

J’ai trouvé une harmonie nouvelle par rapport à ma place dans la société en réalisant que je suis sur le bon chemin. Je ne suis pas en train de me poser des questions si ce que je fais doit être fait. J’ai rencontré des gens, j’ai fait des choses qui prouvent que je suis sur le bon chemin et que c’est ça qu’il faut continuer de faire : transmettre la joie et la positivité. C’est déjà pas mal car c’est du boulot !

Le concept de désidentification m’a amenée vers cette vérité individuelle : notre réalité profonde est joyeuse et aimante, et orientée vers l’autre malgré et avec nos différentes couches. Je peux transmettre la joie parce que de toute façon c’est la nature de mon être profond. Je peux donc me fier à mon instinct et gagner en confiance.

CATHERINE LEHEC (SARTHE)

« Je suis à la retraite depuis 2011, j’ai soixante-dix ans et mon métier a toujours été éducateur spécialisé. J’ai d’abord travaillé dans le cadre du ministère de la justice, pour un juge pour enfants, et ensuite dans l’enfance inadaptée, c’est à dire avec des enfants qui révélaient une déficience intellectuelle. Par la suite j’ai eu la chance d’être recruté pour la création d’un inter-secteur de pédopsychiatrie en direction de jeunes enfants en souffrance mentale, comme des enfants psychotiques ou autistes. Par la suite, j’ai continué à travailler dans le milieu de la psychiatrie, avec une approche originale.

J’ai donné plusieurs noms à mon clown, mais actuellement il s’appelle Jericho. Il y a surement une raison à ce nom. En tous cas, c’est là où je suis né. Donc cela a rapport avec ma naissance, un lieu un peu mythique, d’autant que je m’appelle Jourdain ! C’est plutôt chantant Jericho ! Il y a une dynamique sonore dans ce nom et ça accroche. Ce nom a une consonance qui le relie à l’universel. Avec toute la Pâte à Clown qu’il travaille, il rejoint ce qui fait le fond de l’Humain : tous les sens, toutes les émotions, tous les sentiments, quelque chose qui est commun à toute l’humanité.

 Mon clown s’est révélé selon tout un cheminement et relève d’une nécessité. Je l’ai découvert en 1979, quand je m’initiais au théâtre. Notre professeur (Alexis Chevalier, dans le cadre du Centre de Culture Populaire de Saint-Nazaire) nous a proposé une séquence de quelques semaines de “clown poétique”. Et là…celam’a vraiment flambé, je me suis trouvé très très bien dans cette approche du clown. D’autant plus que dans ma formation d’éducateur spécialisé, j’avais pris l’option théâtre, et j’avais travaillé sur le jeu dramatique, l’expression corporelle, et les analyses avec les C.E.M.É.A. (Centre d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Actives).

En 2013, j’ai créé une association “AstroLab 44”, avec un ami rencontré lors de mes premiers stages de clown, pour monter une pièce de théâtre à laquelle je pensais depuis autant d’années sur La vie de Galilée. Nous avons porté ce projet jusqu’au bout, beaucoup de gens se sont greffés à nous. Après mes expériences dans le théâtre que ce soit en tant que comédien, metteur en scène, ou bien même animateur de stage, toutes ces années, éloigné du clown, m’ont fait ressentir la nécessité de le retrouver. Je sentais que dans mon jeu, ma manière de camper les personnages, je n’étais pas assez incarné, pas assez stable, et m’est revenue comme une évidence que c’était le clown qui pouvait, qui allait m’aider. Et je me suis mis en quête de faire des stages. Ce que j’ai fait intensément à partir de 2014.

Après avoir cherché des informations sur internet, j’ai fait la Formation des Clownessenciels en janvier 2016. J’ai été attiré d’emblée par l’approche de Clownessenciel : sa composante spirituelle, sa philosophie jungienne et son rapport à la méditation. La méditation que j’avais découverte dans la marche au long court que je pratique (jusqu’à un, deux ou trois mois en autonomie complète). Je me suis dit que ce serait fantastique si je la retrouvais dans l’art du clown. J’en fus comblé : j’y ai trouvé et expérimenté une manière de faire, une approche, la présence de Lydie et des personnes qui l’accompagnent dans la conduite de cette formation. L’approche de Lydie singulière et originale nous amène tranquillement vers la bienveillance. Parce que chacun accueille son clown. Cela a été un point essentiel, parce qu’il ne s’agissait pas, comme dans la plupart des formations autour du théâtre que j’ai pu faire auparavant, d’essayer d’apprendre, avoir des outils, trouver des modèles, s’y coller… Non ! Le clown est en soi, il attend, il suffit de l’accueillir, et il faut créer les conditions pour cela. Je me suis retrouvé pleinement dans Clownessenciel.

L’important est que nous l’avons tous, ce clown, et il s’agit de lui ouvrir les portes, c’est un fondement de créativité, c’est là et cela existe chez tout le monde. Il s’exprimera de manière originale chez chacun. Lors d’une discussion avec Lydie, comme elle le fait avec toutes et tous pour une meilleure connaissance mutuelle, j’ai compris tout d’un coup, c’est arrivé comme une évidence que je pouvais faire se rejoindre mes deux passions : le clown et la marche. Ainsi j’ai trouvé mon projet : c’est clown-marcheur. Pour moi, c’est une grande ouverture, un épanouissement. Je marche avec mon nez rouge et j’improvise avec les gens que je rencontre.

 Le clown m’apprend à aller à l’essentiel, à épurer les choses, à cesser le bavardage mental, à méditer, à me sentir vivre tout simplement sur ma respiration, dans mes sensations. J’ai l’impression de vivre pleinement, tout simplement, sans être dans des conceptions, des analyses, des projections, des objectifs… Et je vois bien avec les personnes qui participent avec moi à cette recherche de clown, que nous touchons tous un fond commun d’humanité, de choses essentielles, universelles. La méditation d’inspiration tibétaine que nous propose Lydie me comble et m’installe dans un état de sérénité et de concentration sur moi-même, qui me rend drôlement disponible. C’est là que je fais le lien avec la spiritualité car je suis dans l’accueil de cette reliance avec quelque chose qui s’apparente à la transcendance. Je sens justement que ce n’est plus moi qui gouverne tout, je participe de quelque chose, je m’en remets au Dieu des Clowns ! C’est-à-dire que nous sommes investis de quelque chose qui nous dépasse. Nous sommes à cet endroit, dans l’ordre de l’univers. Le clown touche à des choses essentielles et universelles.

 

La Clown Danse de Libération est un outil fondamental que Clownessenciel propose de façon originale et que je n’ai jamais retrouvé ailleurs. Cela sert, au cours du mouvement, à être dans l’écoute des sensations, des perceptions, voire même du lieu où siègent, d’où partent les émotions. Dans cette Clown Danse de Libération, nous accueillons nos limites, nos résistances, en les sentant dans le corps. Et le mouvement permet justement de s’en libérer en les posant dans l’espace. Puis cela permet aussi de recevoir dans des moments de pause, ce qui nous enchante et nous libère.

Lorsque j’anime des stages, je propose systématiquement la Clown Danse de Libération et j’observe pour la majorité des personnes, qu’elles accueillent leurs contraintes, leurs tensions tout en acceptant que je les guide. La Clown Danse de Libération permet de les accepter, de les laisser vivre dans le corps et de voir qu’elles ne sont pas des obstacles définitifs, au contraire.

 

La Clown Danse de Pacification permet de se connaître individuellement en rapport aux autres, dans un mouvement de réconciliation, de pouvoir accueillir un autre rythme tout en gardant le sien, sans s’annuler pour autant dans ce mouvement, tout en se rapprochant d’un autre. La Clown Danse de Pacification permet à un groupe de se constituer, dans l’accueil des différences, des singularités, et simplement d’être au milieu des autres. La Clown Danse de Pacification installe la bienveillance et la confiance.

L’objectif de la Clown Récit’Action est d’éveiller nos sensations : sentir les couleurs, respirer les textures, sentir à l’avance en soi ce qui nous plaît, pour laisser s’épanouir en nous ces couleurs, ces textures afin qu’après, nous les exprimions en signature corporelle. La Clown Récit’Action donne une forme à tout cela et le fait devenir réalité.

Le clown m’a permis d’être en accord avec moi-même, d’être dans une conscience de mes envies, de mes désirs. Ainsi que de m’être délivré de toutes les questions du genre “est-ce que tu peux faire ça ?” ! Il n’y a pas de doute possible. Ma place est là où je suis, là où je vis. J’exprime et je réalise ce qui me paraît être en rapport avec moi, vraiment juste. Cette liberté va de pair avec une confiance de ce que je ressens, de ce que j’ai à faire pour moi sans que cela s’impose de l’extérieur, de ce quelque chose qui me détermine. Ici et maintenant, je sens ce que je dois faire, je sens que c’est possible. Je me sens fidèle à ce que je ressens profondément. Le clown me donne cette force-là, cette grande liberté.

 

La découverte de mon clown a changé ma vie très concrètement dans la mesure où je ne fais presque plus que cela, c’est ma vie. Et lorsque je vis ma passion de marcher, je mets mon nez rouge, pas en permanence mais aussi souvent que possible, et ça change tout ! Cela est l’aspect extérieur, et ce qui est extraordinaire pour moi, à mon âge, alors que j’ai l’impression d’avoir fait beaucoup de choses différentes dans ma vie, et bien là avec le clown tout converge : l’aspect spirituel, l’expression, la rencontre avec les autres, ce que j’ai fait dans le théâtre et même dans mon travail. C’est un bonheur !

Mon clown m’a permis de sentir, grâce à l’aide notamment de ce que j’expérimente avec Clownessenciel, que je peux offrir comme bonnes conditions pour qu’émerge “le nouveau nez” chez les autres personnes dans mes stages. Ce qui m’illumine c’est la joie des personnes, de voir tout d’un coup un clown respirer pleinement, c’est fantastique ! Et derrière son nez, je sais qu’il y a une personne qui est en train d’être réellement connectée absolument à elle-même. Ces sourires que je vois chez les autres dans ces moments-là font briller ma vie.

 

De plus, une douzaine de clowns-éveilleurs que j’ai aidés à naître et qui me connaissaient depuis plus ou moins longtemps, m’ont demandé pour l’année prochaine, à ce que je les accompagne pour une création scénique. Oui, je me sens vraiment utile là, pour offrir les conditions à des épanouissements personnels, servir à ce que chacun soit dans sa vie. C’est une occasion assez privilégiée de desserrer les étaux pour tout le monde, comme les enfants qui extériorisent parfois dans leurs jeux leurs propres angoisses ou problèmes, par le jeu et l’imaginaire concrétisés ici, et finalement trouver des issues, des possibles pour s’en sortir. Le clown restaure, il y a un allègement : la maîtrise, les défenses mentales construites depuis longtemps lâchent.

 Lors de la Formation des Clownessenciels, j’ai découvert quelque chose qui m’étonne encore, en toute humilité, je me sens comme un sage, en sérénité, et j’en suis toujours impressionné. Je me posais la question de ma légitimité notamment sur les conditions que j’offre pour que chacun trouve sa créativité au travers du clown, et je n’ai plus aucun doute. Ce n’est jamais fini, et l’important est de mener chacun sur cette démarche de découverte. Le clown, tout simplement, m’a appris à être moi-même. Et je le fais le plus sincèrement possible par rapport à ce que je ressens, à ce que j’ai compris, à ce que j’expérimente.

Je vois comment dans la vie quotidienne, en installant mon clown dans la vie habituelle, cela peut encore m’amener à créer de l’humain encore davantage entre les personnes, et c’est la nouvelle expérience de clown-marcheur que j’ai commencée l’année dernière au Québec en traversant la Gaspésie avec mon nez, où j’y ai fait des rencontres extraordinaires. Je vais continuer désormais, ailleurs. Cela m’amène à essayer de voir comment dans la vie de tous les jours, et parce que j’en suis persuadé, comment le Clown-Éveilleur peut faire surgir des sourires spontanés d’enfants, faire naître un contact, un salut, un instant de partage.”

Je vis différemment, je vis en conscience dans la vie de tous les jours, je suis en harmonie mais sans disparaître, car j’avais l’habitude d’être au service des autres, c’était cela mon énergie. Maintenant je prends compte de ma réalité ici et maintenant : concrètement je sais ce que je peux faire ou non pour l’autre, sans que cela puisse être le cas échéant un refus égoïste, négatif. Je suis en harmonie mais d’autant plus que je sais me préserver, je reconnais mes limites. Et quand je le peux pour l’autre, je suis pleinement là pour elle ou lui.”

Je médite régulièrement, presque tous les jours, et je me mets dans cette transcendance que je porte, que je place dans l’univers dont mes cellules font partie.”

Le concept de désidentification m’a permis en tous les cas, lorsque je me sens un peu submergé par une émotion, c’est plutôt dans ce champ-là, de ne pas être totalement cette émotion. Que bien-sûr je suis un peu envahi certes, mais qu’il y a toujours, derrière, ma respiration, qu’il y a toujours moi qui a vécu autre chose, qui vivra autre chose, d’autres émotions. Que ce n’est pas moi.”

Dans le processus d’extraordination, j’ai senti une expérience fondamentale, là, à réellement prendre en considération tout ce qui nous anime, toutes ces Figures Cachées. Quand j’arrive sur scène, dans ce temps de pause pour s’en désencombrer, là, au lieu d’évacuer toutes ces choses qui obstruent, je les accueille. Nous prenons celle qui est la plus prévalente, pour la physicaliser, la « mettre dans le corps » grâce au mouvement. Quelle apparence cela peut-il devenir, être dans mon corps ? C’est cette recherche dans un mouvement continu, jusqu’au point de sentir que cela prend une forme globale grâce à notre corps. Et si l’on reste sur ce chemin, une Figure Cachée peut devenir une véritable silhouette, suffisamment dessinée pour que même l’on puisse la déposer dans l’espace, grâce à notre Clown qui dialogue avec. Voilà cette expérience fondamentale que j’ai eue avec mes Figures Cachées, qui en devenant Figures Extraordinaires se révèlent être des sources de créativité. Ce qui était négatif au départ, bloquant, devient au contraire une possibilité de dialogue et de jeu.”

C’est le clown qui est le point de rencontre entre moi et les gens. Il y a une convergence : le clown arrive comme un signe de libération profonde, une liberté qui contribue à m’épanouir, dans laquelle je me reconnais bien. Une manière d’être en accord avec moi-même, je suis dans cet équilibre, je n’ai plus besoin pour cela de beaucoup d’efforts. Le clown me nourrit. Il me permet de continuer sur ce chemin que je cherchais déjà notamment par la marche au long cours. J’avais mes propres raisons de marcher comme cela, et le clown est arrivé, quelle coïncidence quand même, c’est fabuleux ! Je ne l’ai pas fabriqué, c’est comme une évidence.”

FERNAND JOURDAIN (SAINT NAZAIRE)

« Je suis kinésithérapeute de formation, j’ai ouvert mon premier cabinet en 1987. Je suis très vite sorti de la pratique classique de la kinésithérapie pour m’orienter vers des techniques plus alternatives. Depuis 2003, j’ai une activité professionnelle double. La plus grande partie consiste à améliorer la qualité de vie au travail, dans l’entreprise, dans le monde du travail. J’accompagne les entreprises dans la résolution de leur problématique de qualité de vie au travail, problématique d’organisation du travail générateur de stress (objectif à réaliser, organisation du groupe, problématique de la relation interpersonnelle, relation avec une hiérarchie…). Je me focalise sur les moyens permettant à l’entreprise de mieux respecter les salariés, plutôt que répondre à la question « comment le salarié doit-il se positionner par rapport à l’entreprise ? » Cette fonction en conseil et formation créée l’essentiel de mon emploi. A côté de cela j’ai une activité thérapeutique. Là, je m’adresse directement aux individus, aux personnes qui viennent me voir, pour les amener à travers différentes approches, à pouvoir se positionner vis à vis d’eux-mêmes. Mes deux activités sont complémentaires.

Autrefois j’étais rétif à la notion de clown me concernant, jusqu’à ce que, dans le cadre d’un travail de développement personnel que j’ai eu l’occasion de faire en 2013, on m’avait fortement recommandé de faire un stage de découverte du clown. En même temps, quand je commence quelque chose je vais jusqu’au bout, et j’avais fait également un stage à côté de chez moi il y a en 2014. Puis deux ans après, je ne pourrais dire pourquoi, j’ai ressenti la nécessité de me remettre à cela, de creuser en profondeur. C’est à ce moment que j’ai cherché sur internet, et il y eut l’approche de Clownessenciel qui m’intéressait, que je trouvais très différente, et qui m’a correspondu.

 

Mon clown s’appelle « Bouille ». Il a déjà une caractéristique, c’est qu’il ressemble Dr Jekyll et Mister Hyde ! Il y a un Bouille de jour et un Bouille de nuit. Celui du jour est plutôt flegmatique, pas très bien réveillé, un peu lourdaud ! Et Bouille de nuit qui lui est dans la souplesse, dans l’ouverture la légèreté. Chacun peut arriver le jour comme la nuit, ce sont deux personnalités différentes et en même temps, comme les facettes d’une même pièce. Je pourrais dire également que Bouille de jour est quand même bien masculin, alors que Bouille de nuit est plutôt androgyne, entre les deux. C’est par le costume que mon clown s’est révélé, à un moment donné. J’ai mis la main sur des éléments de costumes différents, et je me suis senti dans une autre peau dès que je les ai portés.

La Formation des Clownessenciels m’apporté une libération progressive des aspects de mon tempérament que je n’avais pas mis à jour jusque-là. Ensuite, j’y ai fait des rencontres très fortes. Puis cela m’a ouvert de nouvelles perspectives professionnelles. La spécificité de Clownessenciel est pour moi de fortement travailler les dimensions intérieures, avec une approche très nettement méditative, une approche spirituelle aussi qui me parle beaucoup. Et puis quelque chose qui n’a rien à voir avec ce que l’on imagine classiquement du clown, qui serait là pour faire rire, ou qui n’aurait que cet objectif de faire rire, ou pleurer ! Une autre spécificité est d’être justement, complètement dégagé de tout objectif, et de s’orienter d’abord vers un travail personnel d’approfondissement de soi. L’attention est quasi-exclusivement portée vers l’intérieur, même si les faits, en conséquence, se manifestent à l’extérieur.

Le clown, pour moi, c’est la pulsion de vie, une fois qu’elle est dégagée de tout ce qui l’encombre et l’étouffe. Donc partant de là, c’est peut-être ce qui est le plus proche avec qui l’on est vraiment, même si on a mis des couches et des couches de vernis, d’empêchement, de conditionnement par-dessus. Ce travail, pour moi, est un moyen de progressivement, retrouver, l’essence de qui l’on est dans sa vérité, au plus profond de soi.

 

Je suis thérapeute par ailleurs, et pour moi le clown fait travailler beaucoup d’éléments, et dans ma spécificité thérapeutique, c’est une corde supplémentaire à mon arc, que je peux pratiquer autant en collectif qu’en individuel et que j’intègre dans mes formations. Le clown est un outil thérapeutique à part entière, qui vient prendre une place au milieu d’autres procédés. J’intègre le clown par séquence au milieu de formations préexistantes, en m’adaptant aux contextes. Et je n’oublie jamais que le point de départ est le personnel travail que j’entretiens avec mon clown.

La Clown Danse de Libération est à mon sens un travail d’introspection, de découverte et de prise de conscience qui passe essentiellement par le corporel. Mon clown s’exprime de manière plus corporelle que verbale. Dans le cadre de mes activités, cette danse produit un travail de libération des émotions. Elle est un moyen de faire sortir l’émotion par voie corporelle et/ou vocale. Même une tristesse peut ne pas sortir sous forme de larmes, ou une colère peut ne pas se manifester par ce qu’on peut imaginer. Cela est intéressant, parce que les manifestations émotionnelles pures font peur, et c’est bien souvent la raison pour laquelle les personnes les enferment.

La Clown Danse de Pacification est toujours un très grand moment ! Un grand moment d’apaisement, de douceur, de légèreté. C’est un moment qui se passe dans un autre monde ! C’est un moment de paix, de convivialité et de partage intense. Dans mon activité, je l’utilise en fin de séance, quand justement il y a eu des manifestations émotionnelles, des larmes ou des colères, c’est un temps qui permet de s’apaiser et de trouver un état très confortable.

Le clown m’apporte beaucoup spontanéité dans la vie quotidienne, des temps de vraie jubilation, même sans nez ou costume, des temps où je sens bien que j’ai basculé, que j’ai changé de mode de fonctionnement. Il arrive que je sente bien que mon clown n’est pas loin derrière, même si personne ne le voit. J’y vois une porte ouverte sur moins de sérieux et plus de légèreté.

Cela a vraiment changé ma vie, c’est une évidence. J’ai accès maintenant à toute une partie de ma personnalité à laquelle je n’avais pas accès avant, et j’ai pu aller chercher en moi ce quelque chose qui est de l’ordre de la liberté, de la légèreté, de s’autoriser à être et à faire, d’avoir un tempérament qui va vers plus de joie aussi.

 

Mon clown illumine ma vie avec une joie nouvelle au quotidien, même si bien entendu ce ne peut être tous les jours puisque la vie parfois, ne fait pas de cadeau. Et je ressens des moments de joie intenses, des bulles de bonheur, des instants jubilatoires, sans même un nez ou costume. Ce moment où l’on sent qu’il y a quelque chose qui bascule dans un autre mode de fonctionnement est très réjouissant.

Cela fait vingt-cinq ans que je mène un travail de développement personnel, sans interruption, et le clown rajoute une dimension, et s’inscrit dans un parcours qui a commencé bien avant pour apporter cette spontanéité, cette capacité à la légèreté, et à accepter de revenir à un comportement un peu plus insouciant.

Cela a pris une place importante dans la préparation de ma “fin de carrière” : j’ai plus de cinquante ans. Cela fait quelques années que j’ai commencé à réfléchir sur une stratégie me permettant de commencer à faire, progressivement, exclusivement, uniquement ce que j’aime le plus faire, dans les conditions où j’ai envie de les faire. Le clown est une graine importante dans ce « jardin ».Sur le plan professionnel, cela rajoute un angle de vue important, une grande dimension. Ce travail touche la personne en profondeur, nous transforme pour notre plus grand bien-être et renforce le fait de se sentir à sa place justement.Le processus de désidentification touche les émotions mais aussi les processus de conditionnements dans lesquels nous sommes tous plus ou moins enfermés, à des degrés divers. Et donc cela dépasse le cadre des émotions, et derrière cela, il y a les mots “vérité” et “liberté”.  « Conditionnement » signifie que je ne suis pas libre de faire ce que je voudrais faire, ou je voudrais mais je ne peux pas, je n’y arrive pas. Les frustrations par rapport à cela se libèrent progressivement grâce au processus de désidentification. L’émotion également, est une énergie, qui, si l’on ne veut pas la laisser sortir, en y mettant des chaînes, des verrous, un couvercle, consomme énormément d’efforts, de volonté, de fatigue pour réussir à conserver cela enfermé à l’intérieur de soi. Il y a un intérêt à trouver une libération par rapport à ses conditionnements, et une capacité à relâcher la pression sur ses émotions. Et donc à retrouver une fluidité de vie, un confort de vie, une santé aussi, que nous perdons à force de verrouiller l’intérieur de nous.Petit à petit, ce travail nous emmène à objectiver, dans le sens où l’on part d’un grand flou et petit à petit on arrive à identifier des choses plus fines, plus claires, plus précises : à savoir les sous-personnalités que nous appelons les Figures Cachées, qui ont leurs fonctionnements propres, leurs forces et faiblesses, qui ont leurs manières bien à elles de nous habiter.

 Le processus d’extraordination n’est jamais terminé, sans cesse renouvelé et qui recommence à zéro à chaque fois je fais une Clown Danse de Libération, et à chaque fois ce processus est différent. Il arrive que je sente un changement très profond, un processus en moi qui a bougé, qui a changé et qui s’est complètement libéré. Un autre cas de figure s’est produit :  à un moment donné, une grande prise de conscience m’est arrivé, sans savoir d’où cela vient, ni pourquoi, et m’est tombé dessus sur un élément très important de ma vie.

 Tout s’est fait progressivement et aujourd’hui, quand les conditions sont réunies, d’une manière délibérée, il suffit que j’appuie sur le bouton “on” pour parvenir à une capacité d’absence de censure. Je me suis métamorphosé, c’est une transformation radicale dans ce que je sens de l’intérieur. »

OLIVIER KLETT

Je suis informaticien et je travaille dans une société de développement de logiciels, qui est aussi un approbateur d’Internet. Donc nous développons des logiciels et des outils Internet, mais surtout des outils internes de notre entreprise : tout ce qui concerne nos équipements, notre gestion et ainsi de suite. J’ai toujours été dans cette branche, j’ai 54 ans actuellement. J’ai fait ce travail depuis 24 ans, à temps partiel ! J’ai toujours passé l’autre moitié de mon temps libre, alors j’ai fait du sport depuis longtemps. Depuis plus de 10 ans, je fais du cirque et du clown et tout cela dans le domaine des loisirs. Ça fait moins de 10 ans que j’ai arrêté. Il n’y a plus maintenant de clown et de cirque.

Mon clown s’appelle “Fos”, c’est un vieux nom luxembourgeois. En fait, le nom en français est une ancienne formulation luxembourgeoise de ce nom. Le sens m’est venu quand je me suis préparé avec un ami avec qui je fais un duo, notre premier numéro de clown. Ça m’a rappelé un peu ce caractère timide que j’avais quand j’étais jeune et aussi ce caractère conservateur…  un peu le fermier, le vieil homme. Le personnage est timide et un peu naïf, curieux, même s’il ose un peu taquiner les gens. Il n’est pas très intelligent, il joue avec la stupidité. En fait, Tout cela sans poser de questions. Il accepte les jeux, il accepte tout sans penser aux conséquences et les engrenages arrivent de temps en temps. Mais il évolue encore, je dirais depuis un an et demi, dans le sens où il est peut-être un peu plus masculin en réalité.

J’ai toujours voulu travailler le clown. Il y a six ans j’ai pris des cours de clown. C’était une très belle découverte pour moi de pouvoir creuser et découvrir ce qu’il y a, ce qui sort spontanément et qui peut être surprenant parfois. Ce n’était pas quelque chose qui existait depuis l’enfance, mais je dirais probablement depuis plus de 10 ans. J’ai commencé à apprendre les techniques du cirque dans une école de cirque ici au Luxembourg. Mais j’avais déjà vraiment envie de le découvrir depuis quelques années, j’étais quelqu’un qui aimait se lancer dans les jeux sans connaître les techniques du clown.  Spontanément, je me suis même mis à jouer avec les gens ! J’ai donc suivi un cours de clown il y a dix ans. D’une année à l’autre, nous étions toujours plus ou moins le même groupe. J’ai donc fait cela pendant cinq ans, puis j’ai arrêté ce cours il y a un an et Fos est né pendant cette période : il y a 3 – 4 ans ! Je sentais encore un changement. C’était au début plus lent et moins précis à découvrirMaintenant que j’ai suivi des stages avec Lydie, c’est là que j’ai redécouvert encore plus d’évolution. Nous commençons demain la formation des Clown Thérapeutes. J’ai l’impression que mon clown continue d’évoluer. Je ne sais pas où il va aller ni comment Fos va évoluer et se présenter dans le futur, mais je ne compte pas me limiter ! Je vais le laisser s’épanouir et ce sera la surprise.

Personnellement, la Formation des Clownessenciels m’a beaucoup apporté.  C’est précisément la formation qui m’a énormément fait progresser dans ce domaine : trouver des outils, s’en débarrasser et identifier beaucoup de choses. Personnellement, pour moi, c’était quelque chose de très enrichissant et très intéressant.  Quand j’ai commencé à me former avec les Clownessenciels, ce n’était même pas dans le but de proposer des stages et y travailler concrètement. C’était surtout pour un travail sur moi-même. Mais après quelques jours de formation, il était clair qu’un jour nous travaillerions en duo là-bas et que nous offririons des stages et de la formation. C’est venu naturellement parce que le sentiment que j’avais était vraiment de partager ces expériences. Donc vraiment donner le plus possible aux autres pour qu’ils aient des outils et l’occasion de le découvrir aussi.  L’effet du groupe a été d’autant plus fort que j’ai ressenti que ce n’était pas seulement une aide, mais aussi une joie et un plaisir de découvrir tout cela. J’espérais que cela m’apporterait quelque chose, mais honnêtement, j’ai été surpris par l’ampleur de la chose !

Les spécificités de la Formation des Clownessenciels sont ces côtés très psychologiques et spirituels qui m’intéressent et me fascinent beaucoup. J’ai pu apprécier la co-créativité mise en avant lors de ces stages et formations. J’aime aussi beaucoup le fait que chacun puisse s’exprimer sans aucun jugement et que tout le monde soit accepté tel qu’il est. Par ailleurs, ce que nous voulons aussi développer dans les ateliers que nous proposerons un jour, c’est précisément de sensibiliser les gens à ces aspects de la communication non-violente et de la co-créativité.

Parlons maintenant du lien entre le clown et la spiritualité. Comment définir d’abord la spiritualité ? Je pense que le lien pourrait être précisément que le clown est quelqu’un qui ne juge pas, qui voit vraiment à travers le corps, au-delà de notre univers physique peut-être. Il recherchera donc la joie, l’amour qui est universel, inconditionnel aussi, et je pense que cela pourrait déjà être un très grand lien. S’il est bien détaché de tous ces clichés, donc s’il joue vraiment avec tout cela librement d’une certaine façon, il y a aussi un peu toutes ces contraintes et les blocages et tout ce que nous, les êtres humains, nous imposons : tous les problèmes que nous portons avec nous. Le clown parvient à jouer avec tout cela, d’une manière très naïve et sans jugement, à ne voir que ce côté léger de la chose. Par exemple, quand quelqu’un se met un peu en colère, le clown prend ça pour jouer et imite celui qui se met en colère, mais sans mettre autant d’énergie. Il joue simplement avec ce qu’il voit ou entend et je pense que c’est quelque chose de spirituel dans un certain sens. Puisqu’il ne fait plus partie du monde réel, qui vit en nous et nous unit un peu aussi. Nous ne le voyons pas toujours, c’est difficile de le voir tous les jours, mais pour moi, il y a quelque chose de beaucoup plus grand. Je le vois comme une unité un peu comme l’Internet qui relie vraiment tout et qui fait qu’il n’y a pas que l’individu.

Nous parlons des Clowns Thérapeutes parce que nous avons le projet maintenant d’intervenir à l’hôpital. J’y ai réfléchi le dernier jour, je pense que ce projet ira beaucoup plus loin, il est plus diversifié, il pourrait aider les gens à évoluer sur le plan personnel. Nous pensons aussi à offrir des ateliers avec ce que nous apprenons dans la Formation des Clownessenciels, la Formation des Clown-Thérapeutes, mais aussi avec ce que je vais apprendre dans d’autres domaines et qui pourrait se rejoindre. Dès que nous proposons quelque chose, même quand nous sortons en clown, nous avons une influence sur ls autres parce que nous allons communiquer quelque chose.

Je pense que plus vous êtes en paix avec vous-même, plus authentiquement vous savez communiquer et les autres le sentiront et inévitablement, cela influencera quelqu’un. Pour moi, je pense que c’est en train d’être fait, parce que c’est en constante évolution. Même si après un certain temps nous sommes prêts à l’offrir aux autres à ce moment-là, nous travaillons encore sur nous-mêmes. A chaque fois que vous faites quelque chose pour quelqu’un d’autre, vous faites quelque chose pour vous-même en même temps.

La Clown Danse de Libération libère parce qu’elle m’a donné les outils.

Je vois une figure, un être humain, qui est habillé d’une certaine façon, qui bouge et parle d’une certaine façon. Il se manifeste donc comme quelque chose de très visuel et c’est très intéressant à découvrir.  le même personnage a toujours la même apparence, si c’est la même figure qui se produit il apparaît immédiatement à chaque fois de la même manière ! D’ailleurs, c’est intéressant de leur donner un nom aussi : ce sont vraiment des prénoms qui me viennent à l’esprit même s’ils ne me rappellent pas nécessairement quelqu’un que je connais. Oui, une image sonore. Par exemple il y a un personnage nommé Erwin, c’est un nom allemand qui m’est venu pour que je puisse m’identifier un peu avec ce personnage. Il y a d’autres personnages qui décrivent un peu la fonctionnalité, d’une façon ou d’une autre la figure. Parfois, j’ai aussi du mal à trouver un nom, à ce moment-là, il reste ouvert pendant un certain temps.

Erwin a été un personnage très présent pendant un moment. Cela m’arrive si la figure apparaît pour la première fois ou si je la vois quand je sors de la masse pour la première fois. À un moment donné, on sort de ce personnage et on le regarde d’une certaine distance. C’est à ce moment-là que nous nous rendons compte que ce n’est pas nous, que nous sommes quelqu’un qui frappe toujours à la porte et qui rentre à la maison sans attendre une invitation. Quand on a vraiment réussi à le voir de l’extérieur et à réaliser qu’on ne s’identifie pas à cette personne, c’est là que le clown peut le jouer. A ce moment-là, toute cette joie entre dans le jeu avec cette figure, alors il utilise un peu les caractéristiques, les gestes qu’il fait, ses paroles et en l’exagérant, en l’agrandissant, il joue avec elle. C’est un moment très agréable quand les poids tombent, on sent vraiment qu’il y a un soulagement.

Pour la Clown Danse de Pacification, c’est avant tout la lenteur. Je l’ai vraiment découvert d’une nouvelle façon lors de la formation de juillet. Il s’est passé quelque chose en moi qui m’a fait l’apprécier d’une manière complètement différente des stages d’avant. J’ai vraiment aimé la douceur et la lenteur et intérieurement elle m’a donné la paix intérieure.

La Clown Récit’Action est toujours un défi pour moi. On ne sait jamais ce qui va se passer dans ce cercle. C’était à chaque fois une véritable occasion d’exprimer spontanément ce qui se passait en moi et qui voulait en sortir. Ce qui est aussi très fascinant, c’est que nous prenons ce qui vient de chacun, de partout, du monde entier, parce que chaque fois que nous partageons quelque chose, cela affecte tout le monde. C’est donc un échange constant qui nourrit tout le monde. C’est différent à chaque fois mais il se passe toujours quelque chose. Il m’est arrivé d’entrer dans le cercle et de ne pas savoir quoi faire.  c’est intéressant aussi de découvrir que vous n’avez pas besoin de divertir les gens ni de leur présenter quelque chose. Vous pouvez rester aussi bien ici et voir ce que cela fait avec vous-même et les autres. C’est une découverte de la patience, de ne pas se précipiter et d’être dans le moment et le prendre tel qu’il est.

Mon clown m’a donné la liberté d’être moi-même beaucoup plus souvent : au travail, dans la vie quotidienne ou dans ma vie privée, pour m’écouter plus, pour dédramatiser les choses. J’aime aussi sortir mon clown de temps en temps, à presque n’importe quelle occasion. C’est un peu une victoire sur soi-même. Cette année nous avons fait un duo et joué à Luxembourg-ville lors d’une journée d’art avec des stands et des artistes qui présentent et vendent leurs œuvres. Cette année, ils nous avaient demandé de jouer dans la rue, de nous mêler aux passants et de sortir en clown ! Jusqu’à présent, lors de cette petite fête, nous avions toujours eu ce sentiment de “devoir divertir les gens”. C’était une pression en nous. Pour la dernière en octobre, nous nous sommes dit : « nous y allons et nous n’allons rien faire ». Nous avons pris deux chaises et quelque chose à manger et nous avons mangé dans la rue parce que nous voulions simplement faire ça.  c’était génial parce que les gens attendaient quelque chose de nous. À un moment donné, une vingtaine ou une trentaine de personnes se sont rassemblés en cercle autour de nous.  nous sommes restés comme ça plus de deux heures, nous n’avons rien joué tout ce temps-là, nous sommes restés là et nous avons eu de la joie et tout s’est fait naturellement avec les passants. Nous avons même jonglé avec quelqu’un ! Ils sont venus à nous et des jeux ont émergé naturellement. Nous n’avions plus besoin de réfléchir, tout s’est passé simplement. Nous avons eu la joie de faire pour la première fois ce que nous voulions vraiment faire à chaque instant et en étant toujours heureux tout en restant authentiques.  C’était vraiment beau à découvrir ! Tout cela m’a aussi permis d’être beaucoup plus à l’écoute de mes besoins et de ce que je ne veux pas faire.

Je pense que mon clown me donne beaucoup de joie de vivre. J’ai réalisé que chaque jour est un grand plaisir, une sorte de cadeau ! Alors je considère chaque jour comme un cadeau et une grande joie d’être là.  C’est peut-être aussi à cette époque que mon clown a allumé cette joie sans que je m’en rende compte. Depuis quelques années, c’est vraiment mon clown qui me donne cette joie et me la fait sentir.

C’est avec le clown que j’ai pris conscience que tout le monde a un côté féminin et masculin : le Ying et le Yang.  j’ai vu que tout cela faisait partie de chacun et que ce n’est pas quelque chose qui doit rester caché ou mystérieux. Les deux coexistent et s’enrichissent l’un l’autre. Il m’a donc fait prendre conscience de tout cela et l’accepter.

Je suis donc très curieux de l’apprendre, mais peu importe où cela me mènera, je pense que ça va être très intéressant ! La nouvelle harmonie avec l’univers est un peu comme quand vous faites confiance à l’univers, ce qui arrive, les opportunités qui se présentent, etc. Je me suis vraiment laissé aller dans une rivière et j’ai suivi le courant avec confiance et je n’essaie plus de ralentir ou de bloquer les choses mais je me laisse vraiment aller. Ceci apporte la paix intérieure, on retrouve une certaine confiance en soi. En fait, tout ce dont nous avons besoin, c’est d’être ! C’est un peu comme ce sentiment qui émerge à chaque fois, c’est donc une grande joie d’être sans penser à quelque chose, sans poser de questions et je pense que c’est ce que nous recherchons dans la vie. Ces moments où nous sommes vraiment et où nous trouvons une sorte de joie ou d’amour intérieur que nous voulons partager avec tous.

Nous arrivons aussi à voir les choses différemment, même en cas de conflits, seulement en trouvant cet amour en nous-mêmes et juste en entrant dans cet état de calme, cela est parfois même suffisant pour résoudre ce conflit. C’est juste qu’en regardant l’autre d’une manière différente, cela a un effet sur l’autre en même temps. Cela prouve que se désidentifier à ce qui nous arrive enlève le côté dramatique tout de suite.Ces figures cachées sont très visuelles pour moi. Je vois vraiment la figure, disons un peu dramatique avant, qui commence à devenir ridicule et ne correspond plus à quelque chose de réel. Elle devientsurdimensionnée, défigurée. Ce peut être très ridicule, parfois très drôle ou complètement exagéré. C’est un peu comme un petit film qui se passe devant mes yeux ou dans ma tête.  c’est là que vous pouvez vraiment exprimer tout cela physiquement…

C’est le clown qui prend le contrôle ! En conséquence, il fait ressortir cet aspect ridicule et fait bouger le corps, il devient quelque chose de très caricatural parfois. En tout cas, c’est quelque chose qui vous rend très heureux, et  vous vous amusez avec lui.

Je crois que je me suis métamorphosé. Je peux le sentir moi-même et certains de mes amis me l’ont dit aussi. Je suis surtout beaucoup plus calme et plus serein. Je suis prêt maintenant à faire mon chemin sans savoir où cela va me mener. C’est le côté aventureux qui me fascine ! Et je veux vraiment partager les choses avec tout le monde. J’ai aussi envie de voyager, de faire le tour du monde, et pourquoi pas avec mon nez de clown, avec tout ce que je peux emporter avec moi et en vélo ! J’adore faire du vélo, c’est tout…. Je pense que je le ferai un jour !

PAUL KINARIAN (LUXEMBOURG)

Après une formation d’éducatrice pour jeune enfant, j’ai passé le concours de l’éducation nationale, je suis enseignante depuis trente ans. Je travaille en maternelle, petite section, et ce qui m’intéressait dans ce choix c’est l’importance du premier accueil d’un enfant dans sa scolarité. Pour les familles également, dont l’enfant n’a pas été en crèche, c’est la première étape d’une vie en collectivité où ils lâchent leur enfant. Je trouvais cela important, intéressant. J’aime ce contact, j’aime initier ce travail de la confiance en soi, l’envie d’aller plus loin, cela s’apprend déjà dans le milieu familial, puis à l’école : le fait de les encourager, de leur parler avec bienveillance, pour leur donner envie de continuer.

Le nom de mon clown est Ciboulette Boulibatch ! Pour Ciboulette c’est en rapport avec “travailler du ciboulot”, pour le côté déglingué ou bien qui est tout le temps en train de réfléchir. Pour Boulibatch c’est parce que lorsque j’étais petite, on disait “on fait de la boulibatch !” c’est à dire que nous jouions avec la terre, que nous en faisions de la boue. Cela m’est venu naturellement. Je trouvais cela intéressant pour le rapport intuitif avec la pâte à clown que l’on travaille, que l’on malaxe comme de la glaise, de la boue. C’est un clown qui danse, qui est joyeux. Il observe le monde. Moi je suis quelqu’un de plutôt réservé. Mon clown me permet de me dire qu’il y a d’autres choses possibles que lui peut faire. C’est mon alter ego extraverti !

La Formation Clownessenciel m’a apporté un autre regard, quelque chose de différent que je n’avais pas vécu avant. Pour vous expliquer je dois vous dire que j’ai un cursus plutôt classique, je suis fonctionnaire dans le milieu scolaire, où il y a une vision un peu verticale de l’enseignement, de la transmission. J’ai découvert une façon de fonctionner, de raisonner, où l’on peut dire tout ce que l’on pense, sortir toutes les idées que nous pourrions avoir, et c’est ce qui enrichit un groupe même si cela paraît évident. Mais là j’ai vraiment eu le sentiment de le vivre, de le ressentir. Le fait de partager, de mutualiser les idées de tout le monde, cela m’a ouvert sur un autre univers, cela a été une découverte. C’était facile de demander de l’aide, simple, évident. Il n’y avait aucune réprobation ou même jugement. C’était même le contraire, car chacun se demandait ce qu’il pouvait faire pour aider l’autre. C’est étonnant, et très riche de pouvoir libérer une parole que je ne soupçonnais pas.

La spécificité de Clownessenciel est la danse déjà ! Le fait de pouvoir décharger des choses que ce soit en parole ou justement par le corporel avec la Clown Danse de Libération. Il y a aussi une organisation qui nous permet de laisser partir l’esprit mais pas sur une route tracée, plus sur un chemin d’intuition, et cela nous amène là où nous n’aurions jamais penser aller.

Pour moi le lien entre clown et spiritualité est en rapport avec le lâcher prise. Et ce besoin de m’intérioriser, d’être en contact avec moi, et le clown m’y invite. C’est pour moi une manière de me retrouver, c’est une pause pour trouver sa place, s’ancrer en soi.

J’ai adoré la Clown Danse de Libération ! Parce qu’en fait, pour vous dire, je suis très grande, athlétique, et j’ai longtemps pensé, alors que j’en rêvais, que je ne pouvais pas danser, et longtemps je me suis répété : “moi, dans une autre vie, je danserai.” Jusqu’au jour où j’ai vu une publicité à l’adresse de “tous ceux qui dansent dans leurs têtes mais qui n’ont jamais osé franchir le pas !”… Et j’y suis allée. C’est comme ça que j’ai commencé à danser, c’est le déclencheur. Lorsque j’ai fait la formation de Clownessenciel, la Clown Danse de Libération a été un moment intense, immense, c’est pour moi effectivement le moment où j’ai tout lâché, tout, et où il n’y avait plus aucun regard extérieur. Cela m’a subjugué. Ce que j’aime aussi dans la Clown Danse de Libération, c’est qu’il y a d’abord cette partie où on lâche, on laisse tomber tout ce qui nous encombre. Puis après vient ce que je pourrais appeler “la danse des héros” où on visualise qui on aimerait être ou quelque chose de positif à mettre, à ancrer en nous, et que nous installons par la danse justement, par le corporel et c’est extra.

Pour la Clown Danse de Pacification c’est une énergie différente. Cela dure un long moment, et c’est bon de prendre ce temps, de s’y attarder, cela fait un bien fou, donner du temps à cette lenteur. Cela pose le mental, c’est extraordinaire.

Je suis une personne qui d’ordinaire ne parle pas énormément, et notamment dans un groupe où je suis inconnue, où il n’y a rien d’évident pour moi à me lancer pour prendre la parole, je suis aussi, plutôt quelqu’un qui écoute. Par la Clown Récit’Action, avec ces temps d’écriture, cela nous permettait d’être bien centrés en nous, de pouvoir mettre sur papier, par écrit, tout ce qui nous passait par la tête. Ensuite pouvoir le dire en clown, avec les clowns autour qui réagissent aussi, qui dansent ou font écho à nos paroles, cela permettait de libérer ma parole, en fait. Alors que je n’aime pas parler c’est devenu un jeu.

En premier lieu, ma clowne m’a autorisée à prendre une place, dans l’endroit où je me trouve ou peu importe. Je me dis que j’ai droit, que j’ai une place ! Et c’est depuis que je fais du clown, je n’avais pas cette pensée là avant, donc avoir le droit à une place, et le droit de pouvoir s’exprimer, et même si c’est pour un désaccord par exemple. Dans les situations difficiles, je me dis « si t’étais en clown, tu le ferais, alors vas-y ! ». J’ai gagné la liberté de m’exprimer parce que je ne le faisais pas avant, essentiellement.

Cela m’a redonné accès au jeu, comme juste faire les choses parce qu’on en a envie, qu’on rigole, j’étais déjà joyeuse et ça en rajoute une couche, cela entretient ma joie.

Il m’arrive souvent de me demander ce que ma clowne ferait dans telle ou telle situation. Quel regard aurait-elle ? Cela m’arrive souvent, du coup parfois je passe à l’acte et je vais dire ou faire quelque chose, même sans mon nez. Cela me fait plaisir. Je me dis que ma clowne est en moi, même si je n’ai pas le costume ni le nez, je parviens à m’exprimer, en ce sens ma clowne illumine par petite touche ma vie, mes journées de temps à autre.

J’ai découvert pendant la Formation Clownessenciel, quelque dont je n’avais jamais pris conscience, par rapport à la vie d’un groupe où il y a forcément différentes catégories de personnes, de caractères.

J’ai pu m’apercevoir grâce aux retours du groupe, que je pouvais aussi apporter quelque chose dans un groupe en étant comme je l’étais. C’est à dire plutôt discrète, calme. Alors tout le monde m’a dit que c’était apaisant d’avoir quelqu’un comme moi dans le groupe, que cela faisait du bien. J’ai découvert cette facette alors que je cherchais à changer. Je le vivais négativement, mais on me l’a renvoyé comme un bienfait. Cela a fait changer positivement ma vision propre sur moi.

Le clown m’a donné envie de partager la joie avec les autres.         Je suis beaucoup plus à l’aise dans mes relations en général, dans mon travail aussi. Je me dis que j’ai une place, qui est légitime, et je la prends. J’étais déjà diffuseuse de joie. Je me dis que dans l’univers je dispache des étincelles de joie et de petits moments de bonheur.

Le concept de désidentification m’a apporté le vivre ici et maintenant. C’est à dire arriver à ne pas extrapoler sur ce qui pourrait se passer, sur ce qui pourrait être. Ainsi, rester dans le réel, ce qui est là tout de suite, et pouvoir me dire en même temps que si c’est comme cela en ce moment, en cet instant, c’est que c’est juste.

Je pense que je suis parvenue à lâcher des choses auxquelles je m’accrochais en me disant que “j’étais comme ça”, j’ai conscientisé ce que je n’aimais pas en moi, et que je voulais quitter. Ce qu’il en ressort c’est une force, c’est une ré-identification à ce qu’on s’imagine ou rêve d’être, et cela donne une force.

Tout ce travail avec le clown, la Formation Clownessenciels m’a permis de me dire que pour être bien il ne faut pas forcément changer, mais accepter ce que l’on est et composer, faire avec. Je suis à l’écoute de ce que je ressens vraiment, dans mon ventre et non ce que j’imagine avec mon intellect. C’est avec le clown que je suis arrivée à cela, c’est ma voie d’accès.

Je suis en chemin, le clown est un bon guide, un guide agréable vers une transformation. Je sens bien que ma vie a changé, mais en même temps c’est en se marrant, c’est dans la joie, donc la métamorphose se fait forcément, mais en douceur et dans le plaisir.

LAURENCE KOBER

« Mon histoire est longue et je vais essayer de la faire courte ! J’ai été enseignante dans les écoles Montessori à Paris en France, à Dallas au Texas (USA) et au Canada. Et j’ai été danseuse-trapéziste. Cela était la première partie de ma vie, car maintenant je suis thérapeute pour enfant. Je m’occupe du système nerveux, avec des méthodes qui travaillent sur les réflexes. Nous travaillons directement sur le corps pour mieux le brancher au cerveau. Ces enfants souffrent de trouble d’apprentissage, déficit d’appréhension et impulsivité, dyslexie, dysorthographie, problème scolaire, retard de la parole ou tout retard physique de développement. Les méthodes que j’utilise sont vraiment puissantes pour avoir un meilleur contrôle sur soi-même. Je note une baisse du niveau de l’anxiété car je leur redonne des repères intérieurs. J’ai travaillé toute ma vie avec et pour les enfants et depuis quatre ans j’enseigne le Clown aux adultes, dans un but de développement personnel, artistique et spirituel. C’est intéressant de voir qu’en chaque adulte sommeille un enfant ! Avec le clown nous tendons la main à cet enfant pour l’amener jouer dehors. J’ai aussi une compagnie de clowns sociaux : Les CyClownes. Nous sommes toujours entre sept et dix clowns qui sortons ensembles. Ce qui nous intéresse avant tout est de rentrer en relation avec le public, nous ne faisons pas de spectacle à proprement dit, nous intervenons et créons des liens entre les personnes présentes sur diverses manifestations culturelles par exemple.

Ma clowne s’appelle Marie La Chouette. Je vais ouvrir une parenthèse car je n’ai jamais eu de nom de clown et il m’est venu pendant la Formation des Clownessenciels en juillet 2018. Lors d’une nuit de pleine lune où je ne dormais pas, j’ai décidé d’ouvrir les rideaux et de m’accouder sur le bord de la fenêtre pour regarder la lune. Tout à coup, une chouette est arrivée en face de moi, en plein vol. J’ai été surprise. Elle aussi, et elle a dévié. C’était un moment exceptionnel. Quelques temps après je savais que dans le nom de ma clowne il y aurait “la chouette” mais il manquait quelque chose. La dernière fois que je suis allée à l’hôpital pour clowner, une personne m’a demandé le nom de ma clowne et je lui ai répondu “La Chouette”. Il m’a dit “Marie La Chouette” et j’ai dit “oui c’est ça”. C’est lui qui m’a baptisé.

Au Canada, quand j’avais seize ans, au collège, j’avais une amie qui écrivais des poèmes et elle me dessinait toujours des clowns. A ma fête elle m’avait offert des habits de clown. Puis quand j’étais au Texas, j’ai chanté des télégrammes et le premier costume que l’on m’a donné était celui d’un clown. Je me suis retrouvée dans un supermarché d’aliments naturels à donner des ballons et spontanément ma clowne a émergé. J’ai tout de suite beaucoup aimé la liberté que cela m’a donné, et le fait que tout ce que je faisais était accepté. Quand j’ai quitté Montessori, j’ai voulu devenir Clown-Thérapeute et j’ai suivi une formation de Docteur-Clown à Montréal. J’avais fait avant cela à Toronto une formation de clown amérindien avec une femme qui m’a dit “plus un clown est vieux, mieux c’est, parce que le clown partage son vécu avec l’autre. Plus on a de vécu, plus on a à donner.”

Ma clowne est très vivante, elle a beaucoup de joie de vivre, elle aime beaucoup jouer avec les autres. Très impulsive, elle est toujours attirée par les êtres. Elle veut célébrer l’autre. Autrefois, j’écrivais des poèmes et j’allais faire des interventions. J’ai commencé avec ma famille à chaque fête puis j’ai développé ma façon de faire. Un jour, en 2014, quelqu’un m’a demandé : “est-ce que tu veux donner des cours de clown ?” et j’ai répondu “non !” car je ne croyais pas que je pouvais enseigner le clown, c’était impensable pour moi ! Et je dirais, que c’est la seule chose que je n’ai pas choisie. Cela m’émeut lorsque je le dis. Pour finir j’ai dit “oui” et j’enseigne depuis 2014.

Je ressentais qu’il me manquait quelque chose pour amener les clowns plus loin. J’ai connu Clownessenciel par le web, et j’ai décidé de faire la formation. Je cherchais de nouveaux outils pour guider “mes” clowns à aller plus profondément dans leur démarche intérieure et valoriser leur vérité et leur authenticité très vivante.

Pour moi, être thérapeute signifie célébrer l’humain, sa présence, son vécu. Le clown se connecte avec notre énergie vitale et nous redonne un souffle de vie. Toute l’approche liée à la Clown Danse de Libération est exceptionnelle et m’a donné des outils tangibles, accessibles, pour amener un regain de créativité et une meilleure connaissance de soi. Elle est enrichie de pratiques méditatives. Je trouve cela exceptionnellement riche car le clown dévoile et offre son vécu à l’autre. Et ce vécu passe par le corps et pas uniquement par la tête. Clownessenciel m’a apporté des outils pour accompagner les clowns dans ce long cheminement, afin que la transmission du vécu corporel soit encore plus forte, plus directe, plus vraie.

Je trouve qu’être clown c’est comme dévoiler son âme, dévoiler sa vraie nature, dévoiler cet élan de vie qui nous habite et qui est au-delà des problèmes et des embuches. Nous nous connectons avec le vivant très profondément. Depuis que j’enseigne le clown je ne suis plus la même parce que l’espace qui se crée en moi quand j’enseigne, est plus grand que moi. Cela m’a permis de quitter le mental, pour me connecter avec l’autre dans son humanité. Nous travaillons sans jugement. Ce sont nos cœurs qui communiquent. Un espace s’est créé en moi pour accueillir l’autre dans toute sa diversité, dans son bonheur. Les clowns nous enseignent la tolérance et l’acceptation et en cela sont des vecteurs de spiritualité.

La Clown Danse de Libération est un outil extraordinaire. C’est comme une médecine pour moi. J’ai tellement libéré de choses en contactant ma « démocratie intérieure » et mes Figures Cachées ! À force de regarder nos Figures Cachées, il y a comme un canal qui s’ouvre, une lumière qui commence à briller, qui n’est plus voilée. Je connais maintenant cet espace en moi où je me sens libre, ajustée au moment présent. Depuis que je suis revenue, quand je ressens un manque de liberté, j’ai un réflexe : “Oh ! Il y a une Figure Cachée” et je cherche un espace pour m’offrir une Clown danse de Libération. Lorsque j’ai fini, j’ai l’impression d’avoir eu une presque opération. Mon champ énergétique se libère « de gros morceaux » qui « s’arrachent ». Cela change l’aura.

S’habituer à aller à l’intérieur de soi et à écouter son corps est un gros défi. J’utilise le vocabulaire de Clownessenciel pour aider mes stagiaires à intégrer en eux la notion d’Artiste, qui ressent de l’intérieur et entre en contact avec ses sensations. C’est extraordinaire de voir tout un chacun s’exprimer. Les façons d’être ou de voir les choses ne sont pas les bons ni les mêmes pour tout le monde. Le partage est important car il ouvre des horizons. Or nous sommes souvent enfermés dans une appréhension du monde qui nous entoure.

Lors des Clown Danses de Pacification, au début je sentais mes pieds pris dans le sol. Puis, à un moment donné, j’ai ressenti le mouvement dans toute ma personne, dans mon enveloppe corporelle. J’ai alors trouvé cela merveilleux, détendant, relaxant. Lorsque je les guide, elle provoque un grand bien-être !

J’ai adoré la Clown Récit’Action car nous laissons la parole à notre clown. Il est intéressant de voir comment il parle corporellement d’une expérience. C’est très créatif. Cela nous permet de rentrer dans cet espace clownesque qui n’est pas contrôlé par l’intellect, et aussi d’être encouragé par les autres à se manifester. C’est très beau.

Ma clowne m’a apporté une nouvelle confiance, une grande ouverture. Même lorsque je ne suis pas investie de ma clowne, je ressens cette liberté vivante en moi. J’ai retrouvé plus de liberté dans mon visage et dans ses expressions. Aujourd’hui son expression est plus juste, plus pure et plus directe, plus accessible.

Depuis que j’enseigne le clown, ma vie a changé. Depuis que je suis revenue de ma Formation Clownessenciels, j’ai rajeuni de dix ans ! Fini les liftings, faites du clown ! Avec Clownessenciel je sais que ma place est là où je suis, et ce que j’ai à faire. Je le savais déjà et c’est encore plus fort. Je n’ai plus d’entrave ni de barrière. Le clown me relie à ma spiritualité, et me connecte à l’autre, à tous les autres.

Durant la Formation Clownessenciels, je suis née continuellement : j’étais la femme enceinte, le bébé qui venait au monde : toujours en naissance ! Et dans ce processus j’ai ressenti que j’avais quelque chose à apporter au monde, cela s’est incarné en moi. Plus rien ne peut entraver cela. Cela a fait grandir ma spiritualité et m’a fait prendre conscience de ce que je peux apporter à la Terre.

Je l’assume et cela coule de source.

Je suis plus consciente de qui je suis dans mon être. C’est comme si je brillais de l’intérieur et peu importe où je suis et où je vais. J’ai moins de peurs. Cela me permet d’être mieux dans ma peau, d’être plus connectée et de voir le beau chez l’autre.

Nos Figures Cachées ne sont pas nous, déjà cela est libérateur. J’ai ressenti un bien-être qui amène de la joie de vivre. La Formation des Clownessenciels m’a permis d’élaguer un canal central vivant, et maintenant je sais ce que c’est de vivre avec cette liberté en moi. J’ai plus d’énergie vitale et je la garde, car beaucoup d’événements peuvent l’entraver au quotidien. Je reste vigilante envers moi-même et cela devient simple d’être attentif. Je marche vers ma liberté.

J’enlève le poids que les Figures Cachées ont sur ma vie en me connectant à mon Être Profond. Tout ce que nous avons à l’intérieur veut se manifester, et une fois que nous lui donnons la possibilité de s’extérioriser, leur pouvoir sur nous diminue. Je me suis réconciliée avec moi-même, grandement. L’on me dit que j’ai rajeuni, qu’il y a un profond changement en moi. Je sens mon canal central libre, avant je ne le sentais pas. Je me suis totalement métamorphosée. »

MARIE NICOLE LAMOUREUX (GATINEAU, QUÉBEC)

« Mon parcours est un peu atypique. J’ai commencé à seize ans par un cursus en alternance : formation – école – stage dans le milieu social, médico-social et l’animation (B.E.P. puis Bac pro Service à la personne). C’est là que j’ai découvert différents publics notamment les enfants et les personnes en situation de handicap. J’ai fait pendant un an de l’animation dans un Accueil de Jour pour personnes en situation de handicap. Puis j’ai suivi une formation de Monitrice d’atelier qui utilisait la médiation animale, en l’occurrence le cheval, vecteur de relation, d’échange et d’humanisation (ou comment aborder la vie et la mort à travers la mort d’un animal, ou découvrir les saisons). J’avais également un autre outil-médiateur : l’activité sportive et la motricité. Une fois cette formation finie, j’ai été embauchée dans un foyer de vie pour jeunes et adultes en situation de handicap, à l’ouverture de ce foyer, dans le département de l’Ille et Vilaine.

Il y avait donc tout à créer, à mettre en place tant au niveau de l’organisation que de l’accompagnement. C’était un travail formidable et j’y ai vécu des années inoubliables en qualité de monitrice-éducatrice, avec un rôle d’accompagnement socio-éducatif et des fonctions d’éducatrice spécialisée sur certaines tâches. Dans les années 2013 / 2014, je suis repartie en formation pour un D.E.J.E.P.S. Animation-Coordination (Diplôme d’État Jeunesse Éducation Populaire et Sport). Il s’agissait de mettre en place des projets d’animation et de coordination socio-éducatifs vers un public fragilisé notamment. J’ai constaté qu’un travail d’équipe nécessitait une cohérence importante et que j’avais besoin de travailler en respectant mes valeurs. Cette dernière formation m’a permis de projeter d’ouvrir ma structure. J’ai pu diminuer mon temps de travail au foyer pour m’occuper parallèlement de mettre en place et coordonner les nouveaux rythmes scolaires à l’époque. J’avais deux emplois distincts et j’ai ainsi pu commencer à changer de public. C’était intense et une très belle expérience qui m’a permis d’évoluer dans un autre contexte.

Cela a duré un an, et je suis ensuite retournée à temps plein dans le foyer de vie. Puis, animée d’un désir d’indépendance je me suis formée à la création d’entreprise qui m’a permis de remanier le projet qui me tient depuis seize ans : faire de l’accompagnement social avec ma propre vision. Avant de me lancer, j’ai travaillé dans une maison de retraite, en coordination et animation pendant quelques mois jusqu’à la fin de l’année 2017. C’est à cette période que je me suis vraiment demandé ce que je devais faire, si je devais recherche du travail ou bien si je me relançais dans mon projet personnel. Là je me suis dit que si je ne le faisais pas, je le regretterais. C’est à ce moment que j’ai senti qu’il me manquait un élément important, qui me ressemblait. De fil en aiguille, j’ai recontacté une amie qui avait suivi la Formation des Clownessenciels. J’ai donc contacté Lydie en décembre 2017 et je commençais ma formation début janvier 2018. J’ai complété ce processus par des formations en bien-être.

Ma clowne s’appelle Plume LARTMOTNID. Elle voyage dans l’imaginaire et emmène son public dans “le monde merveilleux du pays des AIRIAISENS”. C’est un pays où nous avons le droit de faire beaucoup de choses et d’être soi-même. Pour moi, le clown est un outil pour s’autoriser à être ce qu’on ne peut être dans la vie de tous les jours. Ma mission est de guider et d’accompagner par une démarche socio-éducative et de bien-être vers une harmonie en soi et en lien avec l’autre. Je me suis vraiment laissée aller par tout ce qui pouvait venir à moi pendant la Formation des Clownessenciels. La formation m’a apporté une autorisation à être ce que je suis. J’ai découvert également ce que je pouvais apporter. Lors de la Formation Clownessenciels, nous sommes dans un cadre sécurisant, dans lequel nous pouvons nous permettre d’oser. Une fois que nous nous sommes autorisés à lâcher prise et accepter ce qui vient, il se passe certaines merveilles, toutes différentes selon chacun. Il y a beaucoup de surprises dans ces découvertes, dans ces facettes de nous-mêmes que Lydie nous fait remarquer, ce que nous ne pourrions pas faire seuls.

À mon sens, c’est une formation où l’on apprend sur soi pour mieux transmettre et pour être dans une démarche de bienveillance. L’important c’est que chaque personne que j’ai rencontrée à la formation Clownessenciels est unique, comme nous le sommes tous. C’est faire de la différence une ressemblance. Le clown me permet, dans ma profession, d’emmener dans un monde imaginaire, un autre monde où tout est possible, et qui nous connecte à notre spiritualité. Pour moi, la spiritualité relie l’esprit et le matériel, et notre clown nous invite à créer pour générer un monde où tout est beau, dans une démarche positive et bienveillante.

La Clown Danse de Libération sert à dénouer les nœuds émotionnels qui peuvent s’être accumulés dans le corps. Cela permet de laisser glisser l’émotion. Cette danse permet un regard sur soi, et de marquer une pause pour s’autoriser à regarder ce qui se passe en soi, à s’arrêter un peu, à méditer sur sa condition, à écouter sa petite voix intérieure, à ressentir son corps. La Clown Danse de Pacification m’a permis de mettre en lien les personnes, de créer une alchimie bienveillante. C’est une expérience peu commune, qui étonne par la proximité qu’elle peut engendrer. La Clown Récit’Action permet de mettre en mot tout ce qui s’est déroulé durant tout le processus et à libérer verbalement haut et fort tout ce qui s’est passé et d’assumer cela. Elle apporte un moment d’écoute et de partage, beaucoup d’attention et d’intérêt à l’autre, pour ce qu’il a à dire. Et tout d’un coup, que l’on soit grand ou petit, enfant, adulte ou personne âgée, chacun a sa place, chacun est entendu. Le clown m’a apporté le droit d’être authentique, de m’autoriser à faire ce que j’ai envie de faire, d’accepter de briller et si je veux que mon clown existe, je dois le laisser jouer ! Cela a complété ma démarche d’arriver à être moi-même pour mener à bien ma mission de vie.

 Ma clowne m’autorise à ressentir que tout est merveilleux. Même si cela n’a pas lieu non-stop, au moment où je suis clowne, j’ai la liberté de croire que toutes les choses négatives n’existent pas, et que je peux faire ce que je veux. C’est une liberté de croire, de penser, de faire. J’ai pu accélérer ma découverte de moi, cela m’a accompagné dans le cheminement du développement personnel que je mène depuis longtemps. Cela m’a permis de m’autoriser à être devant un public. Ce processus a fait germer en moi la graine des possibles. Ma clowne m’a aidé à déterminer ma contribution, c’est-à-dire ce que je peux apporter aux autres. Le travail de désidentification m’a permis d’accepter de vivre mes émotions pleinement. Alors je peux m’accepter telle que suis, et ressentir que je suis « la meilleure version de moi-même » à un instant donné. Le processus d’extraordination m’a apporté un nouvel angle de découverte de soi et m’a autorisée à être moi devant d’autres personnes. C’est comme-ci j’avais une essence et que je l’avais réveillée avec ma clowne. »

MÉLANIE LEGUERÉ (ANGERS – PAYS-DE-LA-LOIRE)

J’ai suivi un préapprentissage en coiffure pendant un an à 14-15 ans, dans la Drôme à Valence. Les professeurs étaient supers, ils ont vraiment réussi à nous intéresser. Puis, il a été très difficile de trouver un employeur pour passer mon CAP en coiffure. Donc j’ai travaillé pendant plus d’un an pour une patronne sans être payée. C’était pour acquérir de l’expérience. Ce métier me plaisait énormément, j’ai pris confiance en moi en étant coiffeuse par rapport aux contacts avec les personnes. Puis, j’aimais beaucoup le côté artistique, surtout la coloration. Puis elle m’a prise en apprentissage et j’ai eu mon CAP. La coiffure a été très importante pour moi car elle m’a permis de prendre confiance.  je ne peux que remercier la patronne parce qu’elle m’a donné confiance quand je n’osais pas couper. J’ai décollé à partir du moment où elle m’a dit : « la coiffure c’est comme un tableau ». Je n’avais plus de craintes, et je me suis éclatée dans mon métier. La Formation des Clownessenciels m’a appris que je suis une artiste. J’ai envie de laisser jaillir cette fibre artistique.

Un jour ma mère m’a découpé une petite annonce dans un journal, c’était l’armée qui recrutait. J’ai toujours été attirée par l’armée. J’ai passé trois ans à Clermont-Ferrand au 92e régiment d’infanterie. J’avais 21 ans. Ça a été une super expérience, j’y ai d’ailleurs trouvé mes meilleurs amis. Le fait de vivre un peu en famille, en communauté m’a beaucoup apporté. Je pensais participer à des actions humanitaires, mais ce n’était pas du tout ça. Je suis donc sortie de l’armée pour m’installer près de ma famille, à côté de Montpellier. J’habitais au bord de la plage, j’étais heureuse. J’ai recommencé à faire de l’intérim puis j’ai obtenu un CDI au Laser Game de Montpellier. J’y étais responsable d’une équipe pour la première fois, j’avais autour de 24-25 ans. Ensuite j’ai voulu reprendre mes études. J’ai passé la partie théorique du BAFA. Pour le valider j’ai suivi le stage pratique dans un centre de loisirs. J’y ai rencontré de belles personnes qui m’ont dit : « Tu es faite pour ce métier ». Je faisais du théâtre avec les enfants, des jeux à l’école et je les surveillais à la cantine. au centre de loisirs tout se passait bien parce que j’avais toute ma liberté, je faisais ce que je voulais avec les enfants et, du coup, je pouvais les faire partir dans l’imaginaire à fond. Les enfants s’éclataient, ils étaient contents, c’était le principal.

J’ai pris la décision de passer mon diplôme. J’ai demandé à ce qu’on me finance mon BPLTP, le Brevet Professionnel Loisir Tout Public. Mon projet était d’obtenir mon diplôme pour accompagner les parents et principalement les mères célibataires. J’ai vite compris que pour que nos enfants se sentent bien, il faut que les parents se sentent bien.

Je suis arrivée au BPLTP avec toutes ces découvertes. Évidemment, j’ai adoré. J’ai eu mon diplôme en 2016. Je voulais ouvrir une école alternative. Maintenant, j’aimerais ouvrir un accueil pour les enfants 24 h/24, et 7 jours/7 pour répondre aux besoins des parents seuls, qui n’ont pas de famille. Parce que comment le parent peut-il s’épanouir s’il n’a pas de temps pour lui?

C’est de là qu’est venue la Formation des Clownessenciels. Je l’avais découverte via Facebook, mais mise de côté car je travaillais. J’ai commencé la formation en 2019. « Liberté » est mon nom d’artiste. C’est un mélange de toutes mes figures extraordinaires, tous ces personnages en moi.

J’ai des moustaches. Le costume pourra changer, mais les moustaches resteront. J’ai surtout 2 personnages très présents : Roberto et Françoise. Lui est plus masculin, c’est Zorro en fait.  Françoise c’est la mamma italienne, mais qui n’a pas peur d’avoir du poil au menton. Sinon j’en ai un troisième, c’est Simplet, il aime tout le monde, c’est un épouvantail majestueux.

Roberto c’est le tourbillon qui va chercher le contact et prend énormément de place, il veut donner de l’amour partout où il va. Françoise c’est mon mauvais côté, c’est la boudeuse, la râleuse, elle n’est jamais contente, elle est moqueuse. Elle me dit : « tu as le droit de dire non, tu as le droit d’être là, mais s’il te plaît, vas-y lève la tête ».  Simplet, il aime tout le monde, il est très créatif, il veut juste mettre de la couleur partout.

Roberto a en plus un accent, qui plus est communicatif parce que la plupart du temps, tout le monde garde cet accent-là. Mais principalement, ce sont les moustaches. Même si je change de costume, parce qu’on se cherche, je sais que j’ai besoin de mes moustaches. Pour moi ma moustache c’est une force. Roberto m’a permise de prendre toute ma place, de parler toujours en joie, toujours fort, d’accepter une énorme présence.

La Formation des Clownessenciels m’a apporté énormément d’amour. J’ai découvert ce contact, cet amour naturel, et l’éveil spirituel. Je suis arrivée complètement novice dans ce domaine. Ça a été l’ouverture, je me suis dit : « mais woah, mais c’est génial !» parce que ça m’a apporté une grande ouverture et un grand enrichissement, un grand savoir et l’envie d’aller encore plus loin, d’en savoir plus. , honnêtement, ça m’a apporté une famille. Ce qu’on a vécu était très fort, on était tous vraiment très bienveillant, je crois que je n’ai jamais ressenti autant d’amour.

La spécificité de la Clown Danse de Pacification c’est vraiment le contact. On n’appelle pas pour rien les Clowns Éveilleurs parce qu’il y a réellement un éveil sur l’univers, sur le monde, sur les autres et sur soi. C’est un éveil sur tout ce qui nous entoure, tout ce qui nous fait du bien. Donc c’est le contact, l’éveil, et la confiance en soi, l’estime de soi et des autres aussi parce qu’on apprend à ne pas être dans le jugement, on apprend ce qu’est réellement l’effet miroir, tout prend son sens.

Je pense que le rapport entre clown et spiritualité, c’est que le clown permet de transformer toutes les peurs. Je suis heureuse d’avoir aussi trouvé mon artiste. J’ai beaucoup de personnages, et j’ai compris qu’ils étaient importants puisque de toute façon ils sont là, ils font partie de moi, je pense que le lien est là, de s’ouvrir à cette spiritualité, mais dans le bonheur et la joie. Le clown est toujours dans le moment présent c’est ce qui lui permet d’être éveillé au maximum. J’ai vraiment compris cela à la Formation des Clownessenciels, le moment présent. Tout est entraînement

On apprend à être plus dans la lenteur à comprendre et à observer. On se découvre soi-même. Après, on donne sa présence plus sincèrement, plus authentiquement, en se connaissant plus pour être beaucoup mieux avec les autres. Chaque expérience de Clown Danse de Libération est complètement différente puisqu’on va chercher une figure cachée différente à chaque fois.

Avec la Clown Danse de Pacification, on peut ressentir peut-être le plus de magie, on ressent réellement toutes les énergies, tout l’amour qui se transmet. On ressent cette connexion avec les autres, et c’est magique, c’est beau, c’est énormément de plaisir.  puis c’est vraiment un exercice de la lenteur. Mais vraiment ce que j’aime avec la Clown Danse de Pacification c’est ce lien fort, je n’ai pas besoin de toucher les gens pour ressentir cette connexion, pour ressentir combien on est lié. C’est d’une force, c’est énorme et c’est vraiment beaucoup d’amour. Ce ne sont que des énergies positives. Enfin, c’est comme si on était bercé. Puis ce qu’il y a de génial c’est qu’on n’est obligé de rien, on ne s’accroche jamais, on est libre, on peut se retirer à tout moment. J’aime énormément cette notion de liberté en étant liée aux autres. Je ne me sens pas étouffée et j’apprécie cela.

Avec la Clown Récit’Action, j’ai aimé être entourée des spectativateurs, ceux qui vont donner toute l’énergie.

On est en cercle, on doit lire, enfin, réciter ce qu’on a écrit à la fin de la Clown Danse de Libération et de la méditation guidée, ce qui nous est arrivé de l’Univers, on doit le lire, le réciter. Les spectativateurs sont là pour nous entourer, nous encourager, nous soutenir, et j’aime être dans ce cocon de bienveillance et d’amour.

J’ai vraiment été entourée de tout cet amour et cette bienveillance. Ils m’ont donné la force et le courage de dire et d’essayer d’être dans la joie. Parce que quand on Récit’Actionne, il faut être dans la joie. C’est un entraînement. On ne se cache plus.

J’ai gagné la liberté d’être moi au final, de m’accepter telle que je suis. Une fois qu’on s’est découvert, il faut se donner la liberté de s’accepter tel qu’on est. C’est très libérateur. C’est comme si on m’avait déployé des ailes. Je suis ressortie de la formation délivrée, je respire à nouveau et j’ai retrouvé un souffle.

Tout cela m’a surtout apporté la liberté de prendre les choses en main parce que j’ai gagné énormément en confiance. Maintenant pour moi tout est possible. J’ai transformé la peur en trac. La formation nous offre également les outils pour s’entraîner. Ces outils m’aident car je peux m’ouvrir, ressentir tout ce qui m’entoure, et pratiquer chaque entraînement pour toujours être la meilleure version de moi-même, en tout cas l’essayer. Je vais continuer à faire du mieux que je peux. Avec tous ces outils qui m’accompagnent, j’ai confiance.

Cette formation m’a donné l’opportunité de faire ce que j’aime de la manière dont j’ai envie. Il y a aussi la libération de ne plus travailler pour un patron, de ne plus faire des choses qui sont à l’encontre de mes valeurs. J’aimerais transmettre à mon tour ce que Lydie m’a appris: bien-être, déploiement d’ailes, confiance en soi, cette peur transformée en trac, aux personnes qui en ont réellement besoin. Je veux leur donner la possibilité de voir la beauté du monde.

J’ai créé le personnage de « Liberté ». Je suis heureuse de l’avoir rencontrée et de l’être. C’est un bonheur immense parce que Liberté me permet de m’accepter et de faire ce dont j’ai envie. Cela illumine ma vie, du fait que je m’autorise plus à être dans la lenteur. Il y a encore du travail, mais je suis sur cette voie d’appréciation de qui je suis.

Je cherche à donner de la liberté autour de moi. Maintenant je vais me donner les moyens de donner cette liberté à chacun. Maintenant, je m’autorise à dire ce que je pense.

Je peux dire que j’ai trouvé ma place dans l’univers, j’ai une connexion même si j’ai encore beaucoup à apprendre. Je l’ai accepté. J’ai découvert une part d’artiste en moi.

J’ai découvert une facilité de voir les qualités de chacun. J’ai énormément de plaisir à retirer tout ce qui est bien des autres : leur force, leurs qualités. J’ai découvert que j’avais de l’empathie. Je souhaite aller au-delà du stage des Clown Éveilleurs pour cheminer dans un processus plus personnel, afin d’essayer de faire ressurgir toutes les qualités chez les autres.

Dans la formation, une fois que mes figures ont surgi à la lumière, j’ai ressenti énormément de joie, une plénitude. C’était vraiment une célébration de là où j’étais, en réel contact avec l’univers. Cela m’a réconciliée avec moi-même, dans le fait que j’ai le droit d’être à ma place. Je m’autorise à exister en fait.

Si cet évènement m’a métamorphosée, c’est dans le sens que je suis heureuse, je me sens entourée d’amour. J’accepte cette connexion avec l’univers, ce qui me fait me sentir bien. On m’a même trouvée changée. D’ailleurs cette sensation de bien-être avec moi-même me fait me sentir bien avec les autres et me fait plus ressentir les autres. J’ai envie de poursuivre ce processus pour continuer à profiter de la vie à fond, de chaque instant, de chaque sensation.

RAPHAËLLA MANZANO (AVIGNON - HÉRAULT)

J’ai suivi un préapprentissage en coiffure pendant un an à 14-15 ans, dans la Drôme à Valence. Les professeurs étaient supers, ils ont vraiment réussi à nous intéresser. Puis, il a été très difficile de trouver un employeur pour passer mon CAP en coiffure. Donc j’ai travaillé pendant plus d’un an pour une patronne sans être payée. C’était pour acquérir de l’expérience. Ce métier me plaisait énormément, j’ai pris confiance en moi en étant coiffeuse par rapport aux contacts avec les personnes. Puis, j’aimais beaucoup le côté artistique, surtout la coloration. Puis elle m’a prise en apprentissage et j’ai eu mon CAP. La coiffure a été très importante pour moi car elle m’a permis de prendre confiance.  je ne peux que remercier la patronne parce qu’elle m’a donné confiance quand je n’osais pas couper. J’ai décollé à partir du moment où elle m’a dit : « la coiffure c’est comme un tableau ». Je n’avais plus de craintes, et je me suis éclatée dans mon métier. La Formation des Clownessenciels m’a appris que je suis une artiste. J’ai envie de laisser jaillir cette fibre artistique.

Un jour ma mère m’a découpé une petite annonce dans un journal, c’était l’armée qui recrutait. J’ai toujours été attirée par l’armée. J’ai passé trois ans à Clermont-Ferrand au 92e régiment d’infanterie. J’avais 21 ans. Ça a été une super expérience, j’y ai d’ailleurs trouvé mes meilleurs amis. Le fait de vivre un peu en famille, en communauté m’a beaucoup apporté. Je pensais participer à des actions humanitaires, mais ce n’était pas du tout ça. Je suis donc sortie de l’armée pour m’installer près de ma famille, à côté de Montpellier. J’habitais au bord de la plage, j’étais heureuse. J’ai recommencé à faire de l’intérim puis j’ai obtenu un CDI au Laser Game de Montpellier. J’y étais responsable d’une équipe pour la première fois, j’avais autour de 24-25 ans. Ensuite j’ai voulu reprendre mes études. J’ai passé la partie théorique du BAFA. Pour le valider j’ai suivi le stage pratique dans un centre de loisirs. J’y ai rencontré de belles personnes qui m’ont dit : « Tu es faite pour ce métier ». Je faisais du théâtre avec les enfants, des jeux à l’école et je les surveillais à la cantine. au centre de loisirs tout se passait bien parce que j’avais toute ma liberté, je faisais ce que je voulais avec les enfants et, du coup, je pouvais les faire partir dans l’imaginaire à fond. Les enfants s’éclataient, ils étaient contents, c’était le principal.

J’ai pris la décision de passer mon diplôme. J’ai demandé à ce qu’on me finance mon BPLTP, le Brevet Professionnel Loisir Tout Public. Mon projet était d’obtenir mon diplôme pour accompagner les parents et principalement les mères célibataires. J’ai vite compris que pour que nos enfants se sentent bien, il faut que les parents se sentent bien.

Je suis arrivée au BPLTP avec toutes ces découvertes. Évidemment, j’ai adoré. J’ai eu mon diplôme en 2016. Je voulais ouvrir une école alternative. Maintenant, j’aimerais ouvrir un accueil pour les enfants 24 h/24, et 7 jours/7 pour répondre aux besoins des parents seuls, qui n’ont pas de famille. Parce que comment le parent peut-il s’épanouir s’il n’a pas de temps pour lui?

C’est de là qu’est venue la Formation des Clownessenciels. Je l’avais découverte via Facebook, mais mise de côté car je travaillais. J’ai commencé la formation en 2019. « Liberté » est mon nom d’artiste. C’est un mélange de toutes mes figures extraordinaires, tous ces personnages en moi.

J’ai des moustaches. Le costume pourra changer, mais les moustaches resteront. J’ai surtout 2 personnages très présents : Roberto et Françoise. Lui est plus masculin, c’est Zorro en fait.  Françoise c’est la mamma italienne, mais qui n’a pas peur d’avoir du poil au menton. Sinon j’en ai un troisième, c’est Simplet, il aime tout le monde, c’est un épouvantail majestueux.

Roberto c’est le tourbillon qui va chercher le contact et prend énormément de place, il veut donner de l’amour partout où il va. Françoise c’est mon mauvais côté, c’est la boudeuse, la râleuse, elle n’est jamais contente, elle est moqueuse. Elle me dit : « tu as le droit de dire non, tu as le droit d’être là, mais s’il te plaît, vas-y lève la tête ».  Simplet, il aime tout le monde, il est très créatif, il veut juste mettre de la couleur partout.

Roberto a en plus un accent, qui plus est communicatif parce que la plupart du temps, tout le monde garde cet accent-là. Mais principalement, ce sont les moustaches. Même si je change de costume, parce qu’on se cherche, je sais que j’ai besoin de mes moustaches. Pour moi ma moustache c’est une force. Roberto m’a permise de prendre toute ma place, de parler toujours en joie, toujours fort, d’accepter une énorme présence.

La Formation des Clownessenciels m’a apporté énormément d’amour. J’ai découvert ce contact, cet amour naturel, et l’éveil spirituel. Je suis arrivée complètement novice dans ce domaine. Ça a été l’ouverture, je me suis dit : « mais woah, mais c’est génial !» parce que ça m’a apporté une grande ouverture et un grand enrichissement, un grand savoir et l’envie d’aller encore plus loin, d’en savoir plus. , honnêtement, ça m’a apporté une famille. Ce qu’on a vécu était très fort, on était tous vraiment très bienveillant, je crois que je n’ai jamais ressenti autant d’amour.

La spécificité de la Clown Danse de Pacification c’est vraiment le contact. On n’appelle pas pour rien les Clowns Éveilleurs parce qu’il y a réellement un éveil sur l’univers, sur le monde, sur les autres et sur soi. C’est un éveil sur tout ce qui nous entoure, tout ce qui nous fait du bien. Donc c’est le contact, l’éveil, et la confiance en soi, l’estime de soi et des autres aussi parce qu’on apprend à ne pas être dans le jugement, on apprend ce qu’est réellement l’effet miroir, tout prend son sens.

Je pense que le rapport entre clown et spiritualité, c’est que le clown permet de transformer toutes les peurs. Je suis heureuse d’avoir aussi trouvé mon artiste. J’ai beaucoup de personnages, et j’ai compris qu’ils étaient importants puisque de toute façon ils sont là, ils font partie de moi, je pense que le lien est là, de s’ouvrir à cette spiritualité, mais dans le bonheur et la joie. Le clown est toujours dans le moment présent c’est ce qui lui permet d’être éveillé au maximum. J’ai vraiment compris cela à la Formation des Clownessenciels, le moment présent. Tout est entraînement

On apprend à être plus dans la lenteur à comprendre et à observer. On se découvre soi-même. Après, on donne sa présence plus sincèrement, plus authentiquement, en se connaissant plus pour être beaucoup mieux avec les autres. Chaque expérience de Clown Danse de Libération est complètement différente puisqu’on va chercher une figure cachée différente à chaque fois.

Avec la Clown Danse de Pacification, on peut ressentir peut-être le plus de magie, on ressent réellement toutes les énergies, tout l’amour qui se transmet. On ressent cette connexion avec les autres, et c’est magique, c’est beau, c’est énormément de plaisir.  puis c’est vraiment un exercice de la lenteur. Mais vraiment ce que j’aime avec la Clown Danse de Pacification c’est ce lien fort, je n’ai pas besoin de toucher les gens pour ressentir cette connexion, pour ressentir combien on est lié. C’est d’une force, c’est énorme et c’est vraiment beaucoup d’amour. Ce ne sont que des énergies positives. Enfin, c’est comme si on était bercé. Puis ce qu’il y a de génial c’est qu’on n’est obligé de rien, on ne s’accroche jamais, on est libre, on peut se retirer à tout moment. J’aime énormément cette notion de liberté en étant liée aux autres. Je ne me sens pas étouffée et j’apprécie cela.

Avec la Clown Récit’Action, j’ai aimé être entourée des spectativateurs, ceux qui vont donner toute l’énergie.

On est en cercle, on doit lire, enfin, réciter ce qu’on a écrit à la fin de la Clown Danse de Libération et de la méditation guidée, ce qui nous est arrivé de l’Univers, on doit le lire, le réciter. Les spectativateurs sont là pour nous entourer, nous encourager, nous soutenir, et j’aime être dans ce cocon de bienveillance et d’amour.

J’ai vraiment été entourée de tout cet amour et cette bienveillance. Ils m’ont donné la force et le courage de dire et d’essayer d’être dans la joie. Parce que quand on Récit’Actionne, il faut être dans la joie. C’est un entraînement. On ne se cache plus.

J’ai gagné la liberté d’être moi au final, de m’accepter telle que je suis. Une fois qu’on s’est découvert, il faut se donner la liberté de s’accepter tel qu’on est. C’est très libérateur. C’est comme si on m’avait déployé des ailes. Je suis ressortie de la formation délivrée, je respire à nouveau et j’ai retrouvé un souffle.

Tout cela m’a surtout apporté la liberté de prendre les choses en main parce que j’ai gagné énormément en confiance. Maintenant pour moi tout est possible. J’ai transformé la peur en trac. La formation nous offre également les outils pour s’entraîner. Ces outils m’aident car je peux m’ouvrir, ressentir tout ce qui m’entoure, et pratiquer chaque entraînement pour toujours être la meilleure version de moi-même, en tout cas l’essayer. Je vais continuer à faire du mieux que je peux. Avec tous ces outils qui m’accompagnent, j’ai confiance.

Cette formation m’a donné l’opportunité de faire ce que j’aime de la manière dont j’ai envie. Il y a aussi la libération de ne plus travailler pour un patron, de ne plus faire des choses qui sont à l’encontre de mes valeurs. J’aimerais transmettre à mon tour ce que Lydie m’a appris: bien-être, déploiement d’ailes, confiance en soi, cette peur transformée en trac, aux personnes qui en ont réellement besoin. Je veux leur donner la possibilité de voir la beauté du monde.

J’ai créé le personnage de « Liberté ». Je suis heureuse de l’avoir rencontrée et de l’être. C’est un bonheur immense parce que Liberté me permet de m’accepter et de faire ce dont j’ai envie. Cela illumine ma vie, du fait que je m’autorise plus à être dans la lenteur. Il y a encore du travail, mais je suis sur cette voie d’appréciation de qui je suis.

Je cherche à donner de la liberté autour de moi. Maintenant je vais me donner les moyens de donner cette liberté à chacun. Maintenant, je m’autorise à dire ce que je pense.

Je peux dire que j’ai trouvé ma place dans l’univers, j’ai une connexion même si j’ai encore beaucoup à apprendre. Je l’ai accepté. J’ai découvert une part d’artiste en moi.

J’ai découvert une facilité de voir les qualités de chacun. J’ai énormément de plaisir à retirer tout ce qui est bien des autres : leur force, leurs qualités. J’ai découvert que j’avais de l’empathie. Je souhaite aller au-delà du stage des Clown Éveilleurs pour cheminer dans un processus plus personnel, afin d’essayer de faire ressurgir toutes les qualités chez les autres.

Dans la formation, une fois que mes figures ont surgi à la lumière, j’ai ressenti énormément de joie, une plénitude. C’était vraiment une célébration de là où j’étais, en réel contact avec l’univers. Cela m’a réconciliée avec moi-même, dans le fait que j’ai le droit d’être à ma place. Je m’autorise à exister en fait.

Si cet évènement m’a métamorphosée, c’est dans le sens que je suis heureuse, je me sens entourée d’amour. J’accepte cette connexion avec l’univers, ce qui me fait me sentir bien. On m’a même trouvée changée. D’ailleurs cette sensation de bien-être avec moi-même me fait me sentir bien avec les autres et me fait plus ressentir les autres. J’ai envie de poursuivre ce processus pour continuer à profiter de la vie à fond, de chaque instant, de chaque sensation.

CATHERINE MICHEL

J’ai suivi un préapprentissage en coiffure pendant un an à 14-15 ans, dans la Drôme à Valence. Les professeurs étaient supers, ils ont vraiment réussi à nous intéresser. Puis, il a été très difficile de trouver un employeur pour passer mon CAP en coiffure. Donc j’ai travaillé pendant plus d’un an pour une patronne sans être payée. C’était pour acquérir de l’expérience. Ce métier me plaisait énormément, j’ai pris confiance en moi en étant coiffeuse par rapport aux contacts avec les personnes. Puis, j’aimais beaucoup le côté artistique, surtout la coloration. Puis elle m’a prise en apprentissage et j’ai eu mon CAP. La coiffure a été très importante pour moi car elle m’a permis de prendre confiance.  je ne peux que remercier la patronne parce qu’elle m’a donné confiance quand je n’osais pas couper. J’ai décollé à partir du moment où elle m’a dit : « la coiffure c’est comme un tableau ». Je n’avais plus de craintes, et je me suis éclatée dans mon métier. La Formation des Clownessenciels m’a appris que je suis une artiste. J’ai envie de laisser jaillir cette fibre artistique.

Un jour ma mère m’a découpé une petite annonce dans un journal, c’était l’armée qui recrutait. J’ai toujours été attirée par l’armée. J’ai passé trois ans à Clermont-Ferrand au 92e régiment d’infanterie. J’avais 21 ans. Ça a été une super expérience, j’y ai d’ailleurs trouvé mes meilleurs amis. Le fait de vivre un peu en famille, en communauté m’a beaucoup apporté. Je pensais participer à des actions humanitaires, mais ce n’était pas du tout ça. Je suis donc sortie de l’armée pour m’installer près de ma famille, à côté de Montpellier. J’habitais au bord de la plage, j’étais heureuse. J’ai recommencé à faire de l’intérim puis j’ai obtenu un CDI au Laser Game de Montpellier. J’y étais responsable d’une équipe pour la première fois, j’avais autour de 24-25 ans. Ensuite j’ai voulu reprendre mes études. J’ai passé la partie théorique du BAFA. Pour le valider j’ai suivi le stage pratique dans un centre de loisirs. J’y ai rencontré de belles personnes qui m’ont dit : « Tu es faite pour ce métier ». Je faisais du théâtre avec les enfants, des jeux à l’école et je les surveillais à la cantine. au centre de loisirs tout se passait bien parce que j’avais toute ma liberté, je faisais ce que je voulais avec les enfants et, du coup, je pouvais les faire partir dans l’imaginaire à fond. Les enfants s’éclataient, ils étaient contents, c’était le principal.

J’ai pris la décision de passer mon diplôme. J’ai demandé à ce qu’on me finance mon BPLTP, le Brevet Professionnel Loisir Tout Public. Mon projet était d’obtenir mon diplôme pour accompagner les parents et principalement les mères célibataires. J’ai vite compris que pour que nos enfants se sentent bien, il faut que les parents se sentent bien.

Je suis arrivée au BPLTP avec toutes ces découvertes. Évidemment, j’ai adoré. J’ai eu mon diplôme en 2016. Je voulais ouvrir une école alternative. Maintenant, j’aimerais ouvrir un accueil pour les enfants 24 h/24, et 7 jours/7 pour répondre aux besoins des parents seuls, qui n’ont pas de famille. Parce que comment le parent peut-il s’épanouir s’il n’a pas de temps pour lui?

C’est de là qu’est venue la Formation des Clownessenciels. Je l’avais découverte via Facebook, mais mise de côté car je travaillais. J’ai commencé la formation en 2019. « Liberté » est mon nom d’artiste. C’est un mélange de toutes mes figures extraordinaires, tous ces personnages en moi.

J’ai des moustaches. Le costume pourra changer, mais les moustaches resteront. J’ai surtout 2 personnages très présents : Roberto et Françoise. Lui est plus masculin, c’est Zorro en fait.  Françoise c’est la mamma italienne, mais qui n’a pas peur d’avoir du poil au menton. Sinon j’en ai un troisième, c’est Simplet, il aime tout le monde, c’est un épouvantail majestueux.

Roberto c’est le tourbillon qui va chercher le contact et prend énormément de place, il veut donner de l’amour partout où il va. Françoise c’est mon mauvais côté, c’est la boudeuse, la râleuse, elle n’est jamais contente, elle est moqueuse. Elle me dit : « tu as le droit de dire non, tu as le droit d’être là, mais s’il te plaît, vas-y lève la tête ».  Simplet, il aime tout le monde, il est très créatif, il veut juste mettre de la couleur partout.

Roberto a en plus un accent, qui plus est communicatif parce que la plupart du temps, tout le monde garde cet accent-là. Mais principalement, ce sont les moustaches. Même si je change de costume, parce qu’on se cherche, je sais que j’ai besoin de mes moustaches. Pour moi ma moustache c’est une force. Roberto m’a permise de prendre toute ma place, de parler toujours en joie, toujours fort, d’accepter une énorme présence.

La Formation des Clownessenciels m’a apporté énormément d’amour. J’ai découvert ce contact, cet amour naturel, et l’éveil spirituel. Je suis arrivée complètement novice dans ce domaine. Ça a été l’ouverture, je me suis dit : « mais woah, mais c’est génial !» parce que ça m’a apporté une grande ouverture et un grand enrichissement, un grand savoir et l’envie d’aller encore plus loin, d’en savoir plus. , honnêtement, ça m’a apporté une famille. Ce qu’on a vécu était très fort, on était tous vraiment très bienveillant, je crois que je n’ai jamais ressenti autant d’amour.

La spécificité de la Clown Danse de Pacification c’est vraiment le contact. On n’appelle pas pour rien les Clowns Éveilleurs parce qu’il y a réellement un éveil sur l’univers, sur le monde, sur les autres et sur soi. C’est un éveil sur tout ce qui nous entoure, tout ce qui nous fait du bien. Donc c’est le contact, l’éveil, et la confiance en soi, l’estime de soi et des autres aussi parce qu’on apprend à ne pas être dans le jugement, on apprend ce qu’est réellement l’effet miroir, tout prend son sens.

Je pense que le rapport entre clown et spiritualité, c’est que le clown permet de transformer toutes les peurs. Je suis heureuse d’avoir aussi trouvé mon artiste. J’ai beaucoup de personnages, et j’ai compris qu’ils étaient importants puisque de toute façon ils sont là, ils font partie de moi, je pense que le lien est là, de s’ouvrir à cette spiritualité, mais dans le bonheur et la joie. Le clown est toujours dans le moment présent c’est ce qui lui permet d’être éveillé au maximum. J’ai vraiment compris cela à la Formation des Clownessenciels, le moment présent. Tout est entraînement

On apprend à être plus dans la lenteur à comprendre et à observer. On se découvre soi-même. Après, on donne sa présence plus sincèrement, plus authentiquement, en se connaissant plus pour être beaucoup mieux avec les autres. Chaque expérience de Clown Danse de Libération est complètement différente puisqu’on va chercher une figure cachée différente à chaque fois.

Avec la Clown Danse de Pacification, on peut ressentir peut-être le plus de magie, on ressent réellement toutes les énergies, tout l’amour qui se transmet. On ressent cette connexion avec les autres, et c’est magique, c’est beau, c’est énormément de plaisir.  puis c’est vraiment un exercice de la lenteur. Mais vraiment ce que j’aime avec la Clown Danse de Pacification c’est ce lien fort, je n’ai pas besoin de toucher les gens pour ressentir cette connexion, pour ressentir combien on est lié. C’est d’une force, c’est énorme et c’est vraiment beaucoup d’amour. Ce ne sont que des énergies positives. Enfin, c’est comme si on était bercé. Puis ce qu’il y a de génial c’est qu’on n’est obligé de rien, on ne s’accroche jamais, on est libre, on peut se retirer à tout moment. J’aime énormément cette notion de liberté en étant liée aux autres. Je ne me sens pas étouffée et j’apprécie cela.

Avec la Clown Récit’Action, j’ai aimé être entourée des spectativateurs, ceux qui vont donner toute l’énergie.

On est en cercle, on doit lire, enfin, réciter ce qu’on a écrit à la fin de la Clown Danse de Libération et de la méditation guidée, ce qui nous est arrivé de l’Univers, on doit le lire, le réciter. Les spectativateurs sont là pour nous entourer, nous encourager, nous soutenir, et j’aime être dans ce cocon de bienveillance et d’amour.

J’ai vraiment été entourée de tout cet amour et cette bienveillance. Ils m’ont donné la force et le courage de dire et d’essayer d’être dans la joie. Parce que quand on Récit’Actionne, il faut être dans la joie. C’est un entraînement. On ne se cache plus.

J’ai gagné la liberté d’être moi au final, de m’accepter telle que je suis. Une fois qu’on s’est découvert, il faut se donner la liberté de s’accepter tel qu’on est. C’est très libérateur. C’est comme si on m’avait déployé des ailes. Je suis ressortie de la formation délivrée, je respire à nouveau et j’ai retrouvé un souffle.

Tout cela m’a surtout apporté la liberté de prendre les choses en main parce que j’ai gagné énormément en confiance. Maintenant pour moi tout est possible. J’ai transformé la peur en trac. La formation nous offre également les outils pour s’entraîner. Ces outils m’aident car je peux m’ouvrir, ressentir tout ce qui m’entoure, et pratiquer chaque entraînement pour toujours être la meilleure version de moi-même, en tout cas l’essayer. Je vais continuer à faire du mieux que je peux. Avec tous ces outils qui m’accompagnent, j’ai confiance.

Cette formation m’a donné l’opportunité de faire ce que j’aime de la manière dont j’ai envie. Il y a aussi la libération de ne plus travailler pour un patron, de ne plus faire des choses qui sont à l’encontre de mes valeurs. J’aimerais transmettre à mon tour ce que Lydie m’a appris: bien-être, déploiement d’ailes, confiance en soi, cette peur transformée en trac, aux personnes qui en ont réellement besoin. Je veux leur donner la possibilité de voir la beauté du monde.

J’ai créé le personnage de « Liberté ». Je suis heureuse de l’avoir rencontrée et de l’être. C’est un bonheur immense parce que Liberté me permet de m’accepter et de faire ce dont j’ai envie. Cela illumine ma vie, du fait que je m’autorise plus à être dans la lenteur. Il y a encore du travail, mais je suis sur cette voie d’appréciation de qui je suis.

Je cherche à donner de la liberté autour de moi. Maintenant je vais me donner les moyens de donner cette liberté à chacun. Maintenant, je m’autorise à dire ce que je pense.

Je peux dire que j’ai trouvé ma place dans l’univers, j’ai une connexion même si j’ai encore beaucoup à apprendre. Je l’ai accepté. J’ai découvert une part d’artiste en moi.

J’ai découvert une facilité de voir les qualités de chacun. J’ai énormément de plaisir à retirer tout ce qui est bien des autres : leur force, leurs qualités. J’ai découvert que j’avais de l’empathie. Je souhaite aller au-delà du stage des Clown Éveilleurs pour cheminer dans un processus plus personnel, afin d’essayer de faire ressurgir toutes les qualités chez les autres.

Dans la formation, une fois que mes figures ont surgi à la lumière, j’ai ressenti énormément de joie, une plénitude. C’était vraiment une célébration de là où j’étais, en réel contact avec l’univers. Cela m’a réconciliée avec moi-même, dans le fait que j’ai le droit d’être à ma place. Je m’autorise à exister en fait.

Si cet évènement m’a métamorphosée, c’est dans le sens que je suis heureuse, je me sens entourée d’amour. J’accepte cette connexion avec l’univers, ce qui me fait me sentir bien. On m’a même trouvée changée. D’ailleurs cette sensation de bien-être avec moi-même me fait me sentir bien avec les autres et me fait plus ressentir les autres. J’ai envie de poursuivre ce processus pour continuer à profiter de la vie à fond, de chaque instant, de chaque sensation.

CATHERINE MICHEL

Initialement, j’ai suivi une formation en comptabilité ; je commence à exercer ce métier à 17 ans.

Je me marie jeune, avec un agriculteur et après la naissance de notre troisième, je souhaite reprendre un travail à mi-temps et, surtout pas dans un bureau !

Je me forme à l’agriculture et à 27 ans je m’installe comme agricultrice.
En parallèle de ce travail agricole que j’exerce pendant 12 ans, je commence une formation à l’écoute avec un organisme qui formait au conseil Conjugal et Familial. Je suis attirée par le travail social.
A la naissance de notre 5ème, je prends un congé parental, fais un bilan de compétences et reprends des études. Je passe mon bac à 40 ans que j’obtiens avec beaucoup de joie.

Sur la ferme, mon mari convertit les terres en agriculture biologique, achète un moulin et je commence à faire du pain bio qui très vite a beaucoup de succès.

Nous développons cette activité en approvisionnant des AMAP (Association de Maintien pour l’Agriculture Paysanne), des magasins biologiques et, en faisant des marchés. Ce travail m’a beaucoup plu par son côté relationnel. Cette proximité avec nos clients a contribué à répondre à leurs exigences en leur proposant différentes variétés de pain bios.

 

En 2010, j’ai deux statuts, celui d’agricultrice et de conseillère conjugale et familiale. Je décide d’arrêter le travail sur la ferme et de me consacrer à mon activité d’écoutante.

Pour me perfectionner, je me forme à la psycho généalogie, au psychodrame, ainsi qu’à la communication non violente.

 

La psychologue qui dispense la formation s’est formée avec Anne Ancelin Schutzenberger qui elle-même a travaillé avec Moreno aux  États-Unis. Je prends plaisirau travail de groupe. Cela me conduit à proposer avec une collègue d’animer des stages de psychodrame en exploitant l’arbre généalogique de chaque personne.

A 50 ans, je reprends des études de psychologie par correspondance que j’arrêterai au bout d’un an pour me consacrer à une formation à l’intervention systémique avec l’association FORSYFA à NANTES. Cette formation qui dure 4 ans m’a permis d’approfondir mon travail personnel, chaque outil proposé lors de cette formation est d’abord expérimenté par le stagiaire et en travaillant avec le génogramme en 3ème année, je me reconnecte à ma nature de clown.

Ayant grandi dans une famille où l’ambiance  était triste, je me suis sentie missionnée pour faire rire tout le monde. À l’issue de ma formation à FORSYFA, je comprends qu’être clown et faire le clown sont deux états différents.

En explorant cette perspective, d’ÊTREclown, je fais la connaissance de Sabine MICHELIN PIGEON qui est à la fois Comédienne et Clown. Je fais un stage d’une semaine en Bourgogne . Je suis complètement enthousiasmée et Sabine me propose d’intégrer sa formation d’un an en Ardèche : « Clown et liberté intérieure ».

C’est avec grande joie qu’à plusieurs reprises durant plus d’un an, je traverse la France pour aller dans ce magnifique lieu qu’est la Belle Terre pour continuer l’aventure clownesque.

Je fais partie d’un réseau Colibris mouvement qui milite pour les pratiques alternatives au niveau de l’environnement, de l’agriculture, de l’éducation, de la gouvernance ;  je reçois une information par mail de Clownessenciel par ce réseau.

Je prends contact avec Clownessenciel pour suivre la Formation des animateurs Clownessenciels.

Mon activité de thérapeute de couple me plait beaucoup. Et, en même temps, j’ai besoin de plus de légèreté dans ma vie. C’est donc avec beaucoup de gratitude et de plaisir que je réponds positivement à la proposition de Lydie pour continuer la formation de Clown Thérapeute.

En parallèle, j’écris des textes et un plus spécialement axé sur le monde agricole.  Ma clowne s’appelle Brindille. Elle dégage à la fois une once de légèreté et de spiritualité. Elle est pédagogue.

Le choix de ce nom me vient à la suite d’une séance de Clown Danse de Pacification en juillet 2018. Je passe sous un arbre, une brindille se loge dans mes cheveux. C’est comme une évidence qui s’impose à moi. Brindille est née. Elle milite en faveur de la nature et de l’environnement. Elle se pose des questions et n’arrive pas à comprendre certains comportements humains.

Grâce à mes longues jambes et à ma longue taille, il m’est facile de dégager une certaine légèreté dans mes mouvements. Cette légèreté s’exprime également à travers les costumes et la coiffure qui s’ébouriffe au gré du vent. Brindille se préoccupe des questions existentielles et a une mission de dédramatisation. Ma clowne me procure une grande liberté.

Lorsque je pose des questions graves à Brindille, elle trouve toujours le moyen de faire rire. J’ai remarqué cet aspect sur ma propre personne. Lorsque je m’exprime avec sérieux, cela peut provoquer  l’hilarité.

Un ami clown m’aide à concevoir les costumes de Brindille. Cela est important, car il faut que je sois proche d’elle, à l’image d’un acteur qui s’imprègne de son personnage. Pour les couleurs, j’opte pour le jaune ocre, le vert et le rose. En écrivant mes textes sur le monde agricole, je découvre ma capacité à transmettre des messages pour sensibiliser l’opinion aux problématiques liées au dérèglement climatique.

La Formation des Clownessenciels m’apporte énormément : une connaissance de moi-même et une découverte des différentes parties de moi. Je n’ai pas encore fait le tour de la question ! D’ailleurs est-ce possible ?  Ma clowne, de nature très bavarde, a compris que s’il n’y avait rien à dire, il s’agissait tout simplement d’accepter cela. Tout comme d’accepter des états de fatigue, de doute, de peur, de colère. La découverte du clown change ma vie. J’exprime mes émotions, mon ressenti au moment où je prends la parole. Cette capacité à exprimer librement ce que je ressens procure une grande joie et exige une authenticité. Et cela  influe sur ma relation avec autrui.

J’apprends beaucoup sur la puissance du travail corporel dispensé lors d’une Clown Danse de Libération. Colère, tristesse, apaisement, joie se succèdent. Difficile auparavant d’imaginer transformer ma colère en une joie intense. C’est l’une des magies du mouvement corporel.

Clownessenciel propose une approche à la fois artistique et spirituelle. Lydie Taïeb et Jean Puijalon ont développé cette caractéristique essentielle à l’aide d’outils efficaces qui permettent d’allier psychologie et spiritualité développée à travers le taoïsme et l’héritage jungien.

Une des choses que j’apprécie particulièrement chez Clownessenciel, c’est le cadre posé permettant une pleine acceptation de soi. Cela est valable lorsque j’incarne toutes mes sous-personnalités. Je suis toujours connectée à mon propre moi en tout temps : c’est une expérience unique. Cette approche amène à beaucoup d’ouverture. La Clown Danse de Libération contribue à une transformation au niveau du cœur surtout lorsque votre Figure Cachée se révèle extraordinaire. Cette pratique permet une écoute de soi à partir d’un mot, d’une pensée ou d’un geste. Le reste réside en une découverte au fil de la danse.

Lorsque je propose ce travail au cours de mes ateliers, je peux voir les transformations chez chacun. C’est formidable, quelquefois douloureux, toujours merveilleux. Il est très important que chaque individu soit connecté à lui-même et à l’esprit du groupe. L’essentiel est d’instaurer un climat de confiance pour que les ateliers se déroulent sans encombre. La Clown Récit ’Action est pour moi un bon moyen d’expression. J’aime le travail d’écriture ou de dessin qui précède ce moment. C’est vraiment l’occasion de s’affirmer.

Le mot thérapeute englobe une notion d’accompagnement dans l’extériorisation de notre ressenti. Mon rôle est de montrer ce qui est bénéfique pour chacun. Grâce à notre clown, nous en savons encore un peu plus sur nos Figures Cachés. Je suis là pour accompagner durant tout le processus.

Depuis mon enfance jusqu’à aujourd’hui, je suis dans une recherche spirituelle. A 20 ans, je me  convertis au catholicisme que j’abandonne à 40 ans. Beaucoup de doutes se sont soulevés en moi et plusieurs questions sont restées sans réponse. Pour moi, l’édification spirituelle de l’individu doit primer.

Depuis quelques années, je rencontre  des personnes qui m’initient à la connexion avec les anges gardiens, les chants chamaniques.

Je retrouve cet aspect à Clownessenciel. Je sens la connexion avec l’Ange Gabriel surtout lors des séances de Clown Danse de Libération. Je sais que je suis à ma place chez Clownessenciel.

Les Clowns peuvent apporter la compassion, l’amour, la légèreté dont notre monde a besoin. Cela contrebalance tous les mauvais aspects de ce monde qui est témoin de destructions sous toutes ses formes.

L’art du clown apprend aussi à dédramatiser et à apprécier le moment présent. Dire ce que l’on pense est une action héroïque en quelque sorte. Dans cette recherche perpétuelle d’authenticité, notre clown intervient, les messages qu’il véhicule sont faciles à transmettre, quel que soit le ton utilisé. Je peux être à la fois clown et ne pas me départir de mon sérieux. Être clown, authentique, humble.

Vouloir être soi-même n’entraîne pas l’écrasement de l’autre. C’est cela qui fait la force du clown. Cela fait naître en moi de l’audace, de  la joie, l’envie de partir à l’aventure et ainsi de rencontrer des gens avec mon nez rouge ou vert  et agir en tant que clown. Le fait de mieux me connaître crée une harmonie en moi. Je suis plus connectée à mon environnement. Je prends le temps d’apprécier et de m’émerveiller sur tous les éléments naturels, les personnes. Contempler est une des clés pour se connecter à son univers. Dans la quête d’authenticité, il est nécessaire d’effectuer un retour sur soi-même.

Cela rejoint les enseignements que j’ai reçus à Clownessenciel. La transformation des Figures Cachées en Figures Extraordinaires me permet de m’épanouir ; cette transformation chez moi part du diaphragme et suit un tube lumineux jusqu’au niveau de la gorge. Puis, elle se répand dans le cœur pour se concrétiser à travers l’expression corporelle. Corporellement, je peux être centré sur tout mon être.  Visualiser les Figures Cachées, les nommer et les sentir. Cela me réconcilie avec moi-même et me permets  de prendre conscience de la multiplicité des facettes qui me constituent. Je  ne suis pas que mon corps ! C’est à ce niveau-là que ça devient fascinant. Ce qui est libérateur c’est de se désidentifier d’elles en les extraordinarisant pleinement. Elles sont si nombreuses !

Depuis un an, un souci de santé m’oblige à « recaler » certaines priorités dans ma vie. Après un séjour de 8 mois en centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle, suite à une fracture du poignet, je reprends la formation Clown Thérapeute à Bordeaux. Je viens également de proposer des interventions en tant que Clown  à l’hôpital de jour où j’ai été soignée.

MICHÈLE MARCHAND (NIORT - CHARENTE MARITIME)

J’ai suivi un préapprentissage en coiffure pendant un an à 14-15 ans, dans la Drôme à Valence. Les professeurs étaient supers, ils ont vraiment réussi à nous intéresser. Puis, il a été très difficile de trouver un employeur pour passer mon CAP en coiffure. Donc j’ai travaillé pendant plus d’un an pour une patronne sans être payée. C’était pour acquérir de l’expérience. Ce métier me plaisait énormément, j’ai pris confiance en moi en étant coiffeuse par rapport aux contacts avec les personnes. Puis, j’aimais beaucoup le côté artistique, surtout la coloration. Puis elle m’a prise en apprentissage et j’ai eu mon CAP. La coiffure a été très importante pour moi car elle m’a permis de prendre confiance.  je ne peux que remercier la patronne parce qu’elle m’a donné confiance quand je n’osais pas couper. J’ai décollé à partir du moment où elle m’a dit : « la coiffure c’est comme un tableau ». Je n’avais plus de craintes, et je me suis éclatée dans mon métier. La Formation des Clownessenciels m’a appris que je suis une artiste. J’ai envie de laisser jaillir cette fibre artistique.

Un jour ma mère m’a découpé une petite annonce dans un journal, c’était l’armée qui recrutait. J’ai toujours été attirée par l’armée. J’ai passé trois ans à Clermont-Ferrand au 92e régiment d’infanterie. J’avais 21 ans. Ça a été une super expérience, j’y ai d’ailleurs trouvé mes meilleurs amis. Le fait de vivre un peu en famille, en communauté m’a beaucoup apporté. Je pensais participer à des actions humanitaires, mais ce n’était pas du tout ça. Je suis donc sortie de l’armée pour m’installer près de ma famille, à côté de Montpellier. J’habitais au bord de la plage, j’étais heureuse. J’ai recommencé à faire de l’intérim puis j’ai obtenu un CDI au Laser Game de Montpellier. J’y étais responsable d’une équipe pour la première fois, j’avais autour de 24-25 ans. Ensuite j’ai voulu reprendre mes études. J’ai passé la partie théorique du BAFA. Pour le valider j’ai suivi le stage pratique dans un centre de loisirs. J’y ai rencontré de belles personnes qui m’ont dit : « Tu es faite pour ce métier ». Je faisais du théâtre avec les enfants, des jeux à l’école et je les surveillais à la cantine. au centre de loisirs tout se passait bien parce que j’avais toute ma liberté, je faisais ce que je voulais avec les enfants et, du coup, je pouvais les faire partir dans l’imaginaire à fond. Les enfants s’éclataient, ils étaient contents, c’était le principal.

J’ai pris la décision de passer mon diplôme. J’ai demandé à ce qu’on me finance mon BPLTP, le Brevet Professionnel Loisir Tout Public. Mon projet était d’obtenir mon diplôme pour accompagner les parents et principalement les mères célibataires. J’ai vite compris que pour que nos enfants se sentent bien, il faut que les parents se sentent bien.

Je suis arrivée au BPLTP avec toutes ces découvertes. Évidemment, j’ai adoré. J’ai eu mon diplôme en 2016. Je voulais ouvrir une école alternative. Maintenant, j’aimerais ouvrir un accueil pour les enfants 24 h/24, et 7 jours/7 pour répondre aux besoins des parents seuls, qui n’ont pas de famille. Parce que comment le parent peut-il s’épanouir s’il n’a pas de temps pour lui?

C’est de là qu’est venue la Formation des Clownessenciels. Je l’avais découverte via Facebook, mais mise de côté car je travaillais. J’ai commencé la formation en 2019. « Liberté » est mon nom d’artiste. C’est un mélange de toutes mes figures extraordinaires, tous ces personnages en moi.

J’ai des moustaches. Le costume pourra changer, mais les moustaches resteront. J’ai surtout 2 personnages très présents : Roberto et Françoise. Lui est plus masculin, c’est Zorro en fait.  Françoise c’est la mamma italienne, mais qui n’a pas peur d’avoir du poil au menton. Sinon j’en ai un troisième, c’est Simplet, il aime tout le monde, c’est un épouvantail majestueux.

Roberto c’est le tourbillon qui va chercher le contact et prend énormément de place, il veut donner de l’amour partout où il va. Françoise c’est mon mauvais côté, c’est la boudeuse, la râleuse, elle n’est jamais contente, elle est moqueuse. Elle me dit : « tu as le droit de dire non, tu as le droit d’être là, mais s’il te plaît, vas-y lève la tête ».  Simplet, il aime tout le monde, il est très créatif, il veut juste mettre de la couleur partout.

Roberto a en plus un accent, qui plus est communicatif parce que la plupart du temps, tout le monde garde cet accent-là. Mais principalement, ce sont les moustaches. Même si je change de costume, parce qu’on se cherche, je sais que j’ai besoin de mes moustaches. Pour moi ma moustache c’est une force. Roberto m’a permise de prendre toute ma place, de parler toujours en joie, toujours fort, d’accepter une énorme présence.

La Formation des Clownessenciels m’a apporté énormément d’amour. J’ai découvert ce contact, cet amour naturel, et l’éveil spirituel. Je suis arrivée complètement novice dans ce domaine. Ça a été l’ouverture, je me suis dit : « mais woah, mais c’est génial !» parce que ça m’a apporté une grande ouverture et un grand enrichissement, un grand savoir et l’envie d’aller encore plus loin, d’en savoir plus. , honnêtement, ça m’a apporté une famille. Ce qu’on a vécu était très fort, on était tous vraiment très bienveillant, je crois que je n’ai jamais ressenti autant d’amour.

La spécificité de la Clown Danse de Pacification c’est vraiment le contact. On n’appelle pas pour rien les Clowns Éveilleurs parce qu’il y a réellement un éveil sur l’univers, sur le monde, sur les autres et sur soi. C’est un éveil sur tout ce qui nous entoure, tout ce qui nous fait du bien. Donc c’est le contact, l’éveil, et la confiance en soi, l’estime de soi et des autres aussi parce qu’on apprend à ne pas être dans le jugement, on apprend ce qu’est réellement l’effet miroir, tout prend son sens.

Je pense que le rapport entre clown et spiritualité, c’est que le clown permet de transformer toutes les peurs. Je suis heureuse d’avoir aussi trouvé mon artiste. J’ai beaucoup de personnages, et j’ai compris qu’ils étaient importants puisque de toute façon ils sont là, ils font partie de moi, je pense que le lien est là, de s’ouvrir à cette spiritualité, mais dans le bonheur et la joie. Le clown est toujours dans le moment présent c’est ce qui lui permet d’être éveillé au maximum. J’ai vraiment compris cela à la Formation des Clownessenciels, le moment présent. Tout est entraînement

On apprend à être plus dans la lenteur à comprendre et à observer. On se découvre soi-même. Après, on donne sa présence plus sincèrement, plus authentiquement, en se connaissant plus pour être beaucoup mieux avec les autres. Chaque expérience de Clown Danse de Libération est complètement différente puisqu’on va chercher une figure cachée différente à chaque fois.

Avec la Clown Danse de Pacification, on peut ressentir peut-être le plus de magie, on ressent réellement toutes les énergies, tout l’amour qui se transmet. On ressent cette connexion avec les autres, et c’est magique, c’est beau, c’est énormément de plaisir.  puis c’est vraiment un exercice de la lenteur. Mais vraiment ce que j’aime avec la Clown Danse de Pacification c’est ce lien fort, je n’ai pas besoin de toucher les gens pour ressentir cette connexion, pour ressentir combien on est lié. C’est d’une force, c’est énorme et c’est vraiment beaucoup d’amour. Ce ne sont que des énergies positives. Enfin, c’est comme si on était bercé. Puis ce qu’il y a de génial c’est qu’on n’est obligé de rien, on ne s’accroche jamais, on est libre, on peut se retirer à tout moment. J’aime énormément cette notion de liberté en étant liée aux autres. Je ne me sens pas étouffée et j’apprécie cela.

Avec la Clown Récit’Action, j’ai aimé être entourée des spectativateurs, ceux qui vont donner toute l’énergie.

On est en cercle, on doit lire, enfin, réciter ce qu’on a écrit à la fin de la Clown Danse de Libération et de la méditation guidée, ce qui nous est arrivé de l’Univers, on doit le lire, le réciter. Les spectativateurs sont là pour nous entourer, nous encourager, nous soutenir, et j’aime être dans ce cocon de bienveillance et d’amour.

J’ai vraiment été entourée de tout cet amour et cette bienveillance. Ils m’ont donné la force et le courage de dire et d’essayer d’être dans la joie. Parce que quand on Récit’Actionne, il faut être dans la joie. C’est un entraînement. On ne se cache plus.

J’ai gagné la liberté d’être moi au final, de m’accepter telle que je suis. Une fois qu’on s’est découvert, il faut se donner la liberté de s’accepter tel qu’on est. C’est très libérateur. C’est comme si on m’avait déployé des ailes. Je suis ressortie de la formation délivrée, je respire à nouveau et j’ai retrouvé un souffle.

Tout cela m’a surtout apporté la liberté de prendre les choses en main parce que j’ai gagné énormément en confiance. Maintenant pour moi tout est possible. J’ai transformé la peur en trac. La formation nous offre également les outils pour s’entraîner. Ces outils m’aident car je peux m’ouvrir, ressentir tout ce qui m’entoure, et pratiquer chaque entraînement pour toujours être la meilleure version de moi-même, en tout cas l’essayer. Je vais continuer à faire du mieux que je peux. Avec tous ces outils qui m’accompagnent, j’ai confiance.

Cette formation m’a donné l’opportunité de faire ce que j’aime de la manière dont j’ai envie. Il y a aussi la libération de ne plus travailler pour un patron, de ne plus faire des choses qui sont à l’encontre de mes valeurs. J’aimerais transmettre à mon tour ce que Lydie m’a appris: bien-être, déploiement d’ailes, confiance en soi, cette peur transformée en trac, aux personnes qui en ont réellement besoin. Je veux leur donner la possibilité de voir la beauté du monde.

J’ai créé le personnage de « Liberté ». Je suis heureuse de l’avoir rencontrée et de l’être. C’est un bonheur immense parce que Liberté me permet de m’accepter et de faire ce dont j’ai envie. Cela illumine ma vie, du fait que je m’autorise plus à être dans la lenteur. Il y a encore du travail, mais je suis sur cette voie d’appréciation de qui je suis.

Je cherche à donner de la liberté autour de moi. Maintenant je vais me donner les moyens de donner cette liberté à chacun. Maintenant, je m’autorise à dire ce que je pense.

Je peux dire que j’ai trouvé ma place dans l’univers, j’ai une connexion même si j’ai encore beaucoup à apprendre. Je l’ai accepté. J’ai découvert une part d’artiste en moi.

J’ai découvert une facilité de voir les qualités de chacun. J’ai énormément de plaisir à retirer tout ce qui est bien des autres : leur force, leurs qualités. J’ai découvert que j’avais de l’empathie. Je souhaite aller au-delà du stage des Clown Éveilleurs pour cheminer dans un processus plus personnel, afin d’essayer de faire ressurgir toutes les qualités chez les autres.

Dans la formation, une fois que mes figures ont surgi à la lumière, j’ai ressenti énormément de joie, une plénitude. C’était vraiment une célébration de là où j’étais, en réel contact avec l’univers. Cela m’a réconciliée avec moi-même, dans le fait que j’ai le droit d’être à ma place. Je m’autorise à exister en fait.

Si cet évènement m’a métamorphosée, c’est dans le sens que je suis heureuse, je me sens entourée d’amour. J’accepte cette connexion avec l’univers, ce qui me fait me sentir bien. On m’a même trouvée changée. D’ailleurs cette sensation de bien-être avec moi-même me fait me sentir bien avec les autres et me fait plus ressentir les autres. J’ai envie de poursuivre ce processus pour continuer à profiter de la vie à fond, de chaque instant, de chaque sensation.

CATHERINE MICHEL

J’ai fait une école d’ingénieur en informatique (1998-2002), ensuite, dès 2003, j’ai fait du développement informatique en tant que tel. Après j’ai été chef de projet et manager dans différentes grandes entreprises (Canal+ ; Renault ; BNP ; etc.). Aujourd’hui je ne fais plus trop d’informatique. Depuis 2015 je suis consultant. Lorsque j’étais chef de projet, j’avais mis en place des fonctionnements collectifs dans les équipes dont j’avais la responsabilité, et cela fonctionnaient très bien : allier à la fois bien-être, performance, qualité de travail, bonne entente. Aujourd’hui, en qualité de consultant, j’accompagne des collectifs, des entreprises, pour travailler sur leur dynamique collective, et en général parce qu’il y a une difficulté ou un problème que ce soit sur le développement d’un produit ou bien que ce soit dans le fonctionnement du groupe, au niveau interpersonnel, quelque part où cela coince, je les accompagne dans la durée sur ces dynamiques collectives.

Je connaissais Lydie depuis 2008, je suivais son actualité, et je n’avais pas beaucoup eu l’occasion de faire de formations. Mais là, je ressentais dans ma posture, dans mon métier de “coach-consultant-accompagnateur”, que l’usage du corps, le corps et le mouvement, était un moyen que j’utilisais mais que je ne maitrisais pas, que je ne comprenais pas très bien : j’agissais intuitivement mais je n’avais jamais pris le temps de me poser sur cette question, c’était inconscient et je le faisais sans assise, sans appui sérieux. Ainsi, connaissant Lydie et ayant lu le programme des Clownessenciels, je me suis dit que c’était le bon moment pour moi d’aller suivre cette formation. Je voulais plonger au cœur de ce monde intérieur du corps, de ses sensations et ses émotions. Je voulais déjà savoir pour moi ce que cela voulait dire, ce qui se passait, ce que cela faisait, et dans un second temps, pourquoi pas m’en servir et l’utiliser dans mon travail, au sein des collectifs que j’accompagne. J’ai pu faire financer cette formation par une entreprise avec laquelle je travaillais, et j’ai fait la formation Clownessenciels début 2018.

Aujourd’hui je suis très content de mon travail. Je continue dans cette voie et tout doucement, je dis bien “tout doucement” parce que ce n’est pas si simple que cela dans le monde de l’entreprise : tout ce qui touche au corps, aux émotions, à l’intériorité, est plutôt difficilement accessible. Et même si cela a tendance à bouger beaucoup, à changer depuis deux-trois ans, nous pouvons désormais y mettre des mots. De mettre les corps en mouvement n’est pas simple, il y a tout de même derrière cela beaucoup de vulnérabilité, et c’est compliqué, en entreprise d’aller sur le terrain de la vulnérabilité, mis à part pour certains collectifs très matures qui peuvent y aller, mais ils ne sont pas nombreux. Du coup j’accompagne des collectifs qui peuvent manquer de cette maturité, et un groupe a besoin d’accepter cette vulnérabilité pour devenir, être mature.

Je n’ai pas de nom de clown. Par rapport à mon propre prénom, je sais qu’ “Alexis” n’est qu’une étiquette, et il y a un magma derrière, et c’est cette matière un peu informe qui prend forme dans différents contextes, sans que j’aie forcément besoin de le nommer.

Je pense que mon clown a quelque chose d’onirique, de poétique. Il aime l’interaction, la relation avec les autres, que ce soit avec son partenaire de jeu ou avec le public. Son interaction est dans la sobriété, juste avec un regard parfois ou un petit geste, une parole aussi, et il est souvent dans la lenteur. Il est dans la plénitude de ce qui se passe, même s’il n’y a pas grand-chose qui se passe.

Mon clown s’est révélé à moi en allant dans les coulisses ! J’ai un souvenir très précis lors du premier atelier que j’ai fait avec Clownessenciel en 2008. Je me souviens très bien cette première fois, où je suis allé lors d’une partie d’improvisation dans les coulisses que Lydie avait installées avec un paravent, derrière la scène, pour que nous mettions notre nez, qu’on se sente prêt et que l’on aille “sur scène” avec le nez… Je dirais que c’est à cet instant, où je suis allé dans ces coulisses, quand j’ai mis mon nez pour cette première fois et que je suis entré sur la scène, que j’ai senti qu’il se passait quelque chose en moi, même si ce n’était pas très clair, très conscient. Les coulisses sont vraiment l’endroit il est venu, si on me demande “où l’avez-vous rencontré ?” Je dirais que c’est bel et bien là.”

 La Formation des Clownessenciels m’a apporté beaucoup plus de précision et de clarté sur le magma dont je vous parlais, mon magma intérieur, sur cette immensité précise et subtile qui est derrière les mots, les noms, les qualificatifs, derrière les émotions même. Cela m’a donné beaucoup de liberté pour donner forme à ce magma, lui donner une place. Durant ce stage, j’ai pu exprimer mon monde intérieur, l’explorer dans les nuances, j’ai pu le regarder, le contempler parfois. Cela m’a donné tout un appareil, tout un bagage pour aller l’activer, voire le faire vivre et l’extérioriser. J’ai beaucoup plus d’outils précis pour regarder ce magma. Je peux aller dans le détail de cela, aller contempler les petites bosses, les tourbillons, ou voir quand c’est plus calme. De plus, aujourd’hui j’ai la capacité de regarder ces tourbillons, et de me demander ce qu’ils sont, ce que cela fait en moi, de les faire habiter mon corps et qu’ils prennent toute leur place pour qu’ils s’extériorisent. Ce magma est tellement immense, il est bouillonnant de créativité, de force, de vie. Il débordera toujours. Il sera toujours surprenant et illimité ce magma même lorsqu’on croit se connaître. Le vivant est cette autre chose informe qui vit sans arrêt.

La spécificité de Clownessenciel est d’aller puiser dans notre magma des sources d’émerveillement et de créativité infinies, et de les libérer. C’est vraiment lié à la libération. Dans ce que propose Lydie, j’aime beaucoup l’idée que notre corps peut “donner forme”, que ce n’est pas un travail intellectuel, que c’est vraiment le passage pour se laisser habiter par nos personnages. C’est pour cela que je relie beaucoup la spécificité de Clownessenciels à la libération certes, mais la libération par la mise en forme où les corps, où les signatures corporelles deviennent visibles pour nous-mêmes. Tout ce magma invisible de l’extérieur et souvent même à soi-même, si nous le laissons habiter notre corps, qu’est-ce que cela lui apporte ? Et quelle forme notre corps prend-il ? Alors tout devient plus visible pour nous-mêmes et pour les autres. C’est cela pour moi le passage vers la libération.

Le clown a cette capacité de nous connecter à “l’ici et maintenant” de notre monde intérieur. Et c’est pour moi une illusion de penser que ce monde intérieur est uniquement à l’intérieur, c’est comme cela que je le vis. Et c’est en cela je pense que le clown a ce quelque chose de très spirituel. C’est comme si finalement le clown était cette forme d’énergie joyeuse, joueuse, qui reliait nos différents mondes intérieurs, nos différents magmas. Chacun a son monde intérieur, son magma, et croit que c’est simplement le sien, mais tous ces mondes sont en connexion, et ils sont une immensité de magmas. Les clowns ont cette force-là qui à la fois donne forme dans nos corps à ce magma, et qui de plus a la conscience que ce n’est pas notre magma exclusivement, mais que c’est “Le Magma”, un tout, une globalité. C’est en cela que le clown côtoie la spiritualité. C’est de l’ordre du vivant, de la vie. Tous les clowns sont différents et pourtant se connectent à la même source. Nous sommes tous interconnectés parce que nous sommes tous en vie, et c’est cette vie même qui nous relie. Le clown me permet de ressentir tout cela.

La Clown Danse de Libération m’a apporté un nettoyage intérieur émotionnel. La Clown Danse de Pacification m’a apporté la connexion ! Dans la Clown Danse de Pacification, nous sommes plus proches de ce fameux magma que nous croyons isolé mais qui est très connecté, c’est une sorte de fusion de magmas.

Pour la Clown Récit’Action, les mots qui me viennent sont émulation, mise en commun et partage, jeu, joie. La Clown Récit’Action redonne une consistance, parce que typiquement le groupe est en cercle, et cela reforme, recompacte notre corps, notre individu. C’est un processus de ré-individualisation mais par et avec le clown, le jeu et la joie.

Mon clown m’a apporté de la liberté corporelle très clairement.

C’est une route de plus pour moi, vers cette recherche, cette quête de simplicité, de fluidité, de sobriété, de connexion au monde, aux choses du vivant, aux êtres humains. Je suis sur ce mouvement de vie depuis assez longtemps déjà et j’ai pu avancer encore grâce au clown. Cela complète ce tout, notamment dans le rapport au corps, aux émotions, au monde intérieur.

Je ressens que cela me pousse encore plus loin sur ce chemin évoqué. Mon chemin de vie est éclectique dans ce qui m’a fait avancer, et cette rencontre, ce travail n’a pas fait bifurquer ma vie, c’est un propulseur différent qui continue de me faire avancer sur cette voie que j’emprunte depuis des années déjà.

Au quotidien mon clown m’a apporté cette dimension contemplative qui m’habite de plus en plus fréquemment. Je sens que mon clown qui est assez contemplatif est de plus en plus présent en moi, et cela est très nourrissant pour moi.

Les petits apprentissages de vie sont nombreux, fréquents, parfois même ils peuvent être énormes. La Formation Clownessenciels m’a donné plus de nuances, plus de subtilités et comme je l’ai dit, beaucoup de capacités à exprimer par le corps.

Je peux vous donner un exemple précis pour illustrer la force que cela m’a donnée. J’animais un séminaire en entreprise, du moins j’avais un rôle de facilitateur, et à un moment  ont émergé des petites tensions dans ce groupe. Je les ai senties et avant je les aurais analysées très rationnellement, mais là en fait (environ un ou deux mois après la Formation Clownessenciels), je me suis autorisé à aller comme « goûter » ce que cela faisait dans mon corps, de ressentir cette crispation, cette tension qui émergeait du groupe, et mon corps s’est mis à marcher d’une certaine façon ! Alors plutôt que de réfréner cela, plutôt que de stopper ce mouvement qui s’était mis en place, au contraire je l’ai amplifié, je l’ai laissé vivre, exactement comme ce que l’on fait dans la Clown Danse de Libération. Je l’ai laissé prendre place dans l’espace, avec toutes ces autres personnes autour. Cela m’a déjà permis de ne pas trop me crisper sur cet instant de tension, mon corps l’a exprimé et c’est comme si je m’en libérais justement, en laissant mon corps bouger et faire les choses, et il a été très rigolo de voir que du coup j’ai bougé un peu bizarrement (car je n’ai pas communiqué sur ce que je fis, les gens ont juste vu que je prenais une autre posture) et cela a changé l’ambiance au sein du groupe, et comme cela a déclenché du rire je pense que c’est le clown qui est arrivé simplement, naturellement. Le clown a pris sa place, sans que je le dise, sans que je le verbalise, sans même que je mette un nez, mais ce faisant cela a résonné dans l’assistance, et cette tension apparue auparavant s’est dissipée. Je n’ai rien dit, rien fait d’autre que laisser mon corps danser par rapport à ce qu’il était en train de ressentir ici et maintenant. C’est grâce à cette formation que j’ai pris conscience a posteriori de la puissance du corps et du clown.

Je me suis autorisé à laisser plus de place au mouvement du corps. Et dans l’univers c’est en rapport avec la dimension spirituelle du clown que j’évoquais, cette interdépendance, ou l’on peut dire cette interrelation de tous les vivants entre eux.

 

Ce que j’apprécie particulièrement dans le travail de Lydie, est cette capacité à renforcer mon idée que je ne suis pas qu’un mais je suis plusieurs, par son travail sur les figures cachées et par ses mots, sa démarche de précision autour de notre monde intérieur. Je suis ce magma, et peut-être est-ce ce magma qui est moi ? Je pense que nous sommes certainement infinis, illimités, ce ne sont que nos mots qui nous restreignent. Je pourrais le dire autrement : comme si le vivant était une grande rivière, et dans cette grande rivière il y a des petits tourbillons, il y a des mouvements de-ci de-là, et moi en fait je suis un des tourbillons dans cette rivière mais je ne suis en rien séparé et séparable du courant global, tout le reste m’est connaissable, et je suis peut-être la rivière, le tout à la fois.

Pour moi la clé dans ce processus d’extraordination est le corps, le fait de laisser cela vivre en nous et surtout ne pas bloquer ce processus, le petit mouvement quicommence, qui se met dans notre corps, le laisser prendre forme, une très grande forme.

Je vis cette formation dans la continuité de mon chemin pour renaître enfin et laisser faire mon corps, car lui sait laisser vivre cela.

ALEXIS NICOLAS

« J’ai fait des études de sociologie. Je suis assistante sociale de formation, j’exerce toujours ce métier. Avant cela, j’ai un parcours dans l’animation auprès d’enfants et personnes handicapées.

J’ai deux clowns : “Berthe” au féminin, “Norbert” au masculin. Norbert est le plus ancien, c’est un clown de scène. Je l’avais un peu mis dans les cartons…c’est un clown craintif, enfermé dans une boite. Berthe c’est l’autre facette, elle est spontanément joyeuse. Elle accueille tout ce qui lui arrive, c’est cela son ouverture. Ces deux facettes se mélangent pour donner “Norberthe”, ce sont les deux faces d’une même entité. Berthe est née à Clownessenciel, l’été 2017. Norbert est né en 2013.

La Formation des Clownessenciels m’a apporté beaucoup de confiance en moi. Un des aspects les plus important de l’accompagnement est la valorisation des personnes. Pour moi, c’était phénoménal : cela augmentait les capacités de chacun à créer. J’ai aussi découvert “la partie du vivant”, cette pulsion de vie que nous avons tous au fond de nous. Pour moi ce sont les traits de spiritualité que dessine le clown. Il en découle l’émerveillement, et être dans l’amour au sens large : l’amour de soi, l’amour des autres, l’amour du monde.

La Clown Danse de Libération est thérapeutique dans le sens où il s’agit de la transformation d’une énergie. Elle me permet de créer un sentiment d’allégement ! Elle me permet de transformer ce qui est délicat (dans le sens être en délicatesse) en une matière plus joyeuse. La Clown Danse de Libération aide concrètement à lâcher prise.

La Clown Danse de Pacification m’a sonné et cela fut formidable, au niveau de la relation à l’autre et à soi-même. Elle permet d’être au ralenti, de pouvoir se “te, je trouve cela génial, tellement positif et beau. Lorsque je la fais pratiquer, les personnes du groupe en sont transportées.

La Clown Récit’Action est l’aboutissement de ce cycle. Une fois que l’on a posé ses émois sur le papier, nous pouvons le clowner aux autres. Cela termine une boucle. Ma clowne m’a apporté la liberté d’être dans le temps présent. Je suis quelqu’un qui anticipe sans arrêt, c’était une source de souffrance parfois. Ne jamais savoir profiter de l’instant et être dans une autre temporalité complique tout. Je me sens transformée réellement, ce qui me permet d’être dans la simplicité, de profiter de la vie. Cela me permet de faire sortir ce petit grain de folie qui est en moi depuis toujours mais que j’avais étouffé. C’est cette graine que je cultive. Maintenant je regarde plus ce qui est beau autour de moi, je me pose et contemple. Être dans le présent, c’est cela à mes yeux, voir le merveilleux et le reconnaître : aller chercher dans ce qui est petit l’infiniment grand. Avant je cherchais à changer le monde tout en ignorant ma personne. Maintenant je cherche à être en mouvement, pour pouvoir rayonner sur le monde. C’est un élan qui part maintenant de moi pour essaimer vers les autres.

Je savais que je n’étais plus à l’aise d’exercer mon métier tant il a changé. Mais je n’étais pas, au début, dans l’idée d’une reconversion. C’est venu grâce à ce que j’ai vécu pendant la Formation des Clownessenciels. Ce qu’on m’a donné et que j’ai reçu m’a conduit à cette valorisation de moi. De me sentir accompagnée, m’a permis de passer à l’action.

J’ai découvert de moi que j’avais l’envie désormais de m’orienter dans cette voie. Que j’étais motivé en profondeur. Clownessenciel qui m’a encouragé, ouvert la voie : vers l’essentiel. Cela m’a donné la force de concrétiser ce que je veux faire de ma vie. Je me suis rendu compte que j’aimais accompagner la naissance d’autres clowns. Voir naître le clown éveilleur chez quelqu’un d’autre, cette pulsion de vie relève du merveilleux. J’aime vraiment voir un clown venir au monde.

J’ai découvert comment ne plus penser que nous ne sommes pas nos conditionnements, nos Figures Cachées. Je peux atténuer la force de mes souffrances en apprenant à m’en désidentifier. Mes faiblesses sont toujours présentes mais je peux agir dessus. J’en deviens l’actrice. C’est un chemin pour s’aimer soi. En revenant de cette formation, je me suis métamorphosée, mon discours avait changé : j’ai déterré et mis au jour ma part de créativité. »

CÉLINE NÉDELEC (GAP - HAUTES-ALPES)

A 5 ans, je sais que je veux être danseuse étoile. C’est vraiment ce qui m’anime, ce qui bouge en moi. Je me vois déjà sur scène. À 5 ans, j’ai commencé la danse rythmique. Puis suite à un décès dans la famille, tout a changé. J’ai continué à faire de la gym mais ce rêve s’est enfermé à l’intérieur de moi. Je faisais des concours et j’arrivais première ou deuxième à chaque fois. J’avais transformé la danseuse étoile en gymnaste. Mon corps et mon cœur avaient besoin de s’exprimer au niveau du corps. J’ai investi totalement la gymnastique. Je n’ai plus nourri la danseuse étoile qui s’est tapie quelque part en moi. Je sentais que pour aller plus haut, il fallait que je change de club. J’ai nommé le club dans lequel je voulais aller. J’ai donc pratiqué de 6 à 12 ans dans le club près de chez moi. Puis j’ai arrêté la gym, et à la place j’ai fait du basket. J’arrivais à trouver de la joie dans ce que je faisais. La scène était toujours là, mais j’avais grandi et ma danseuse aurait dû faire quelques pointes.

Ce n’était donc pas possible pour moi, alors j’ai pris un autre chemin.  C’est ainsi que j’ai commencé à regarder au niveau du théâtre et du cinéma. J’allais au cinéma, je m’en nourrissais, c’était bon et juste. A un moment donné, j’ai arrêté le sport, c’était autour de la troisième. Outre cela, je me suis blessée à la gym. Tout cela a rejailli sur l’école, j’ai dû redoubler une classe. A partir d’un certain moment, le corps s’est arrêté d’être en mouvement. On m’a orienté vers une école de tourisme d’hôtesses. C’était merveilleux d’aller vivre à Paris. Les six premiers mois étaient géniaux. L’école se trouvait en face de l’Olympia à Paris et l’Opéra était à deux pas de l’école. Je passais tout le temps devant l’Opéra. A cette époque, j’avais 20 ans. Je sors de l’école sans le BTT (Brevet Technique de Tourisme) en poche. Je cherche du travail dans les agences d’Orléans en vain. Puis j’ai fait de l’animation pendant plusieurs années, ayant mon BAFA. J’ai contacté les œuvres universitaires du Loiret, j’ai fait des colonies (colonies d’été, classes de découverte, classes de neige). Un peu plus tard, j’ai trouvé un emploi à la mairie d’Orléans en tant qu’hôtesse d’accueil. La journée, j’étais qu’hôtesse d’accueil, puis le soir, j’étais ouvreuse au théâtre d’Orléans. C’était un vrai bonheur.

Suite à une rencontre, j’auditionne pour une école de théâtre à Paris. Même avec le trac, c’était merveilleux. Je suis reçue, j’étais tellement heureuse. Mais suite à une rupture, je suis tellement fragilisée que je finis par abandonner l’école. J’avais 26 ou 27 ans. On m’a offert le livre « Siddhârta » d’Hermann Hesse. Grâce à ce livre, j’ai commencé mon développement personnel. A ce moment-là, je faisais de l’intérim, des CDD, je changeais sans arrêt de travail, de la restauration aux animations en passant par la garde d’enfants, le secrétariat. Tout cela m’a fait me tourner vers le bouddhisme et le travail sur soi.

De 30 ans à aujourd’hui, j’ai réussi à nourrir le clown dans la formation clown. Je m’intéressais aussi au développement personnel. Je suis devenue thérapeute, j’ai appris des techniques. En 2011, j’ai passé le diplôme d’Auxiliaire de Vie Sociale pour travailler auprès des personnes âgées à domicile. Je me suis formée à la CPA, Communication Profonde Accompagnée, avec rédaction d’un mémoire.

En cinq ans, plusieurs personnes me parlent de Lydie TAIEB et de Clownessenciel. A la suite de la Formation des Clownessenciels, c’est une toute nouvelle connaissance. Depuis que je suis rentrée, je travaille à trouver des salles et des gîtes pour organiser des stages.

Ma clowne s’appelle VIMACLOWN. Elle est puissante et joyeuse. C’est mon nom d’artiste, il exprime la JOIE INTENSE DE JE NE SAIS PAS. J’ai en moi une joie inconditionnelle. JE NE SAIS PAS parce que tout est possible pour le clown, il ne sait rien et en même temps, il sait tout.  JOIE INTENSE, c’est effectivement le caractère de VIMACLOWN. Elle est dans cette joie et en même temps, elle est dans la vie et dans la mort. Je sais que c’est aussi vers cet axe-là que je vais. VIMACLOWN a cette caractéristique de connaître la vie et la mort, elle a assisté à des accouchements et elle a assisté à des fins de vie.

VIMACLOWN s’est réveillée en moi en 2017, lors de mon deuxième stage de formation de communication quantique. J’ai senti que je faisais un saut quantique c’est-à-dire que VIMACLOWN a sauté à l’extérieur de moi, elle s’est autorisée à se manifester dans sa totalité. Cela me donne des frissons rien que de le dire. J’ai senti la porte s’ouvrir à la danseuse, la comédienne, la clowne, enfermées depuis longtemps, avec le travail de communication. Ma clowne était là, je ne pouvais plus me passer d’elle.

VIMACLOWN s’est vraiment révélée avec un travail au fond puisque la communication quantique est aussi un travail spirituel.  elle a surgi à ce moment-là. Toute la trame du développement personnel que j’ai traversée m’amène à la sortie de VIMACLOWN. C’est la lumière et tout le chemin est cohérent.

La Formation des Clownessenciels m’a apporté la vie ! Elle a la spécificité de nous permettre une liberté totale d’action à l’intérieur de nous-mêmes. Le cadre est tellement posé avec bienveillance, habilité, et intelligence que tout est permis à l’intérieur de ce cadre. Il y a aussi les plongées à l’intérieur de soi, c’est essentiel, tout est posé avec justesse. Tous les exercices ainsi que toute la formation sont justes. Ils relèvent d’une suite logique, partant d’un point A pour aller à un point B. Le point A, étant : « je vais découvrir mon clown », et le point B c’est « j’ai joué avec, je sais qui il est ». En tout cas, je sais ce que je peux me permettre et que je suis en totale liberté et en joie.

Le lien entre le clown et la spiritualité est la profondeur. Afin d’accéder à ma spiritualité, je traverse mes zones d’ombre en plongeant à l’intérieur pour pouvoir atteindre la lumière et le clown c’est pareil. Le clown va travailler avec ces figures cachées, qui sont les zones d’ombre, il va les reconnaître.

Le lien entre le clown et la spiritualité est ETRE, l’être profond. Je le connaissais déjà avant avec tout mon travail thérapeutique.  la Formation des Clownessenciels m’a permis de ne plus douter que la spiritualité et le clown étaient liés et complémentaires. La spiritualité se joue au présent, car ce n’est que dans le présent qu’on peut être.

On ne projette rien du tout parce qu’on accueille avec grande gratitude ce présent quel qu’il soit même si les situations affluent et continuent d’affluer positivement ou négativement. Ma position est donc d’être au centre de moi-même. Disons que cela se fait tout seul puisqu’à partir du moment où je construis mon présent, peu importe ce qui arrive demain. Ce qui est important c’est que j’ai construit dans l’instant.

 

L’expérience que je retiens de la Clown Danse de Libération, c’est une histoire sensorielle entre soi et soi. C’est une marche vers l’intérieur, je descends, j’observe, j’écoute, j’entends, je sens, mon corps bouge. La tendance de libération est alors l’exploration en finesse et en délicatesse. Je descends dans mes profondeurs, c’est-à-dire que la Clown Danse de Libération est l’escalier, je décide si je descends ou si je ne peux pas. C’est le passage de l’ombre à la lumière.

La Clown Danse de Pacification c’est d’abord le silence puis la rencontre avec l’autre. Comment puis-je rencontrer l’autre sur un autre mode que la vue et la parole ? Je rencontre l’autre avec mon corps sans rien attendre, puis je continue mon chemin. Je ne positionne aucune résistance ni dans la peur ni dans la pression. La Clown Danse de Pacification exprime que je suis le mouvement, je suis de l’ETRE et je suis le mouvement. Ma clowne intervient dans la rencontre avec l’autre avec une extrême bienveillance et douceur et de l’autre côté, je suis aussi respectée et accueillie.

La Clown Récit’Action est un engagement à redonner ses perceptions avec la plus grande honnêteté qui soit dans la gratitude et dans l’amour.

Ma clowne m’a apporté la liberté totale de ne plus penser et d’être pleinement présente à chaque seconde, être totalement investie d’émotions, de gestes et de ne pas juger.

 

L’accès au présent a toujours été là grâce au travail de développement personnel, mais avec VIMACLOWN. C’est la liberté du jeu total. C’est encore plus profond que cela, les mots qui me viennent seraient la transfiguration et la transformation, la liberté d’être moi-même, complète dans toutes mes expressions.

 

 

Cette découverte a changé ma vie parce qu’elle l’autorise à être. Je vis avec ce que je suis.

je commence à vivre, c’est comme une renaissance, d’où aussi la liaison avec cette spiritualité du moment présent.

Ma clowne illumine mon quotidien en légèreté, en possibilité, c’est-à-dire que tout est possible pour moi puisque je suis Clownessenciel. Elle l’illumine parce que je fais partie d’un réseau, je me sens reliée et cela ne changera jamais. Elle me permet d’exprimer totalement qui je suis au fur et à mesure que cela avance. Elle illumine ma confiance et toute ma beauté tout simplement.

 

Ce n’est plus le chao. Pour moi, c’est l’ordre parfait. Cette force peut se vivre et s’exprimer sans contrainte. Le cadre de la Formation des Clownessenciels est tellement bien fait que je n’ai aucune peur de livrer ma force puisque ma force est dans le jeu.

Le corps est mon véhicule de transmission de la force. Je fais revivre mon corps grâce à la Clown Danse de Libération, à la Clown Danse de Pacification, la Clown Récit’Action et avec tout le travail de Lydie. Je me sens dans le mouvement de la vie. La force est le fait que les cellules de mon corps se remettent à fonctionner dans leur réalité et dans leur totalité.

VIMACLOWN est aussi une clowne danseuse. La danseuse étoile est dans le costume de VIMACLOWN qui est en création. Elle porte un vrai collant de danseuse étoile, elle portera un vrai grand jupon, et elle a déjà des chaussons de demi-pointe. VIMACLOWN est déjà habillée avec son costume de danseuse. Bientôt, elle aura de vrais chaussons de pointe parce que je vais lui donner la joie de faire des pointes. Je vais prendre des cours. Faire des pointes est important. C’est le trait le plus parfait qui soit entre le ciel et la terre, je le dessine avec ma main, l’énergie coule du ciel et tout est pris même du bout de la pointe. C’est une verticalité embellie de grâce et de beauté.

La graine du possible, de la réalisation d’être enfin maître, de pouvoir enseigner ce que je sais, a germé en moi. Comme c’est important de transmettre, je suis heureuse parce qu’en créant mes stages, je dispose de tout l’espace pour aborder la Formation des Clownessenciels et amener les autres à se former. Il s’agit ainsi de transmettre le goût et la graine qui sont en moi, et plus encore.

J’ai découvert une harmonie toute naissante d’être totalement à ma place et en vie. Ce n’est pas par hasard si ma clowne s’appelle VIMACLOWN.

Par rapport à l’harmonie nouvelle dans l’univers, je savais déjà que j’étais une enfant de l’univers.  Cet être ensemence des étincelles à la terre.

A un moment, je veux me mettre en scène avec le thème de la mort, tout est axé là. Des choses ont déjà pointé durant la formation,  je suis l’être de lumière qui ensemence des étincelles de vie et de mort.

C’est certainement pour être en accord avec le fait de ressentir, de vivre. Tout est en mouvement tout le temps. Grâce à la Formation des Clownessenciels, je suis en mouvement. La vie et la mort sont des mouvements qu’il ne faut pas séparer.

Les émotions sont mon terrain de prédilection. Elles m’emmènent à la désidentification. Je respecte les émotions dans le sens où je les aime profondément parce qu’elles me différencient d’un robot. Elles me permettent de vivre dans cet instant présent. Si je suis en colère, je vis ma colère. Si je pleure, je pleure. Ce qui me permet de me désidentifier de mes émotions, c’est d’aller d’abord complètement en elles, de les laisser vivre, les accepter et de les accueillir. A aucun moment, je ne veux refouler cela. A partir du moment où je m’unis à elles, j’accepte ce qu’elles sont dans l’instant. Alors à ce moment-là, je peux me désidentifier d’elles parce que je les ai reconnues et je les ai acceptées comme elles sont. A partir du moment où je les regarde avec amour et bienveillance, je me désidentifie. Là, ma clowne les attrape et joue avec dans la bienveillance et la gratitude.

C’est ce que je ressens au moment où cela se passe, comme les enfants. Les émotions ont une puissance et une force incroyable. Afin de les retransmettre sur scène, avant d’être désidentifié d’elles, il faut d’abord les vivre, puis les laisser s’exprimer, et les observer. Du coup, j’observe un peu ce qu’elles racontent et à partir de là, je me désidentifie parce qu’elles sont émotions. Après, ma clowne joue avec elles, c’est l’objet de la vérité individuelle.

Le processus d’extra-ordination se fait tout seul car je n’avais pratiquement pas de figures cachées. Avec la Formation des Clown Thérapeutes, tout cela va prendre un sens dans l’extra-ordination de mes figures. Le passage « figures cachées et figures extraordinaires » est déjà extraordinaire. Je ne suis pas du tout l’égo quand je dis cela car je suis déjà dans l’extraordinaire. Lydie a reconnu une de mes extraordinaires, elle m’en a nommé une qui s’appelle étincelle. C’est un processus qui se fait tout seul. Transformer ces zones d’ombre en lumière est une phrase magnifique. On accroche des mots à des situations ou à des images, donc danseuse étoile, il y l’étoile qui brille. Une danseuse étoile brille par nature.

J’ai déjà été réconciliée avec moi-même. Cela permet juste à VIMACLOWN de prendre toute sa place. Ce que je peux proposer en clown en termes de réconciliation, c’est le sigle de l’infini parce que c’est vraiment la réconciliation de la vie et de la mort, cet état d’être dans lequel nous sommes tous appelés à être à un moment donné. Ce sont deux passages qui sont inhérents par ce que nous sommes venus faire ici. Nous venons, nous en repartons. Ces deux points-là m’intéressent beaucoup.

La métamorphose était déjà advenue. Maintenant, elle est costumée, maquillée, mise en lumière, elle est sur scène et elle est vivante. Je suis en train de révéler la petite fille de 5 ans qui voulait être danseuse étoile dans sa totalité.

Pour le moment, mon nez est rouge, mais j’aimerais essayer autre chose comme le blanc. En fait, ma clowne s’est transformée au fur et à mesure. Au tout départ, elle avait une perruque orange. Il y a un contraste extraordinaire dans VIMACLOWN : en bas elle est danseuse étoile et en haut, elle est plus une danseuse de cabaret. C’est tout un chemin de femme qui est dans VIMACLOWN. A la fin, la perruque a glissé et j’ai mis juste un collant blanc, maintenant elle est toute blanche. Au départ, il y avait du blanc sur tout mon visage mais après, j’ai pris des couleurs qui sont plus justes pour moi, notamment le bleu, le vert, le violet, l’orange et le doré. Après, je suis la musique et je deviens le tableau du maître. Quant aux couleurs, il y a du bleu et mon costume sera peint en indigo sûrement à un moment donné.

Je suis une femme feux d’artifice et en même temps, je suis une femme indigo. Il y a la profondeur du bleu, l’intensité, et l’unicité. Dans ce bleu-là, c’est uni, en même temps dans mon maquillage de clown, comme la base est toute blanche et à chaque fois, viennent s’ajouter des touches de couleur bleue, verte, orangée, dorée. C’est tellement bon d’être dans cet univers de couleur. Cela reste toujours dans ces couleurs parce que les autres sont moins justes pour moi. Je suis la femme indigo de lumière et par rapport à la peinture, c’est comme quelque chose qui pourrait sortir de ces peintres qui magnifiaient les couleurs avec toute la lumière, tels que Manet et Monet. Je suis le matériau, la matière et l’œuvre finale, il y a une cohérence dans tout cela, il n’y a pas de dissociation. J’ai l’impression d’être vraiment aboutie. C’est une construction où il y a une introduction, un développement et une chute, tout est cohérent et tout a du sens.

Je viens de créer une association qui s’appelle COGOE. Cela veut dire Cœur Ouvert du Grand Océan de l’Énergie. Cela résume ce que je donne pour mes stages parce que c’est l’énergie, l’ouverture du cœur, comme toute l’énergie vient du ventre.

Le Grand Océan de l’Énergie, c’est le ventre mais comme nom d’une association, j’ai trouvé cet enchaînement de mots. Cela correspond encore à cette trame amérindienne dont Cœur ouvert du Grand océan de l’Énergie.

SYLVIE PAILLET (CENTRE VAL DE LOIRE)

Ma formation initiale universitaire est professeur d’EPS. J’ai une licence en STAPS « force et technique des activités physiques et sportives ». J’ai failli être professeur et j’ai renoncé à temps à entrer dans l’éducation nationale. Je me sentais très attirée par le voyage, l’humain la relation d’aide, l’aventure. J’ai passé mon CAPEP mais je n’ai pas poursuivi et j’avais plutôt un esprit aventurier, humaniste, j’avais juste comme projet humble de sauver le monde. A 25 ans j’ai intégré une école qui s’appelle « Bioforce développement », près de Lyon, pour une formation en logistique de la solidarité internationale pendant 1 an. J’ai entrevu la difficulté de la vie d’expatrié, et j’ai préféré faire une année de stage en partie à Paris avec l’association Emmaüs dans des centres d’hébergement d’urgence. Puis j’ai eu d’autres opportunités, j’avais 30 ans. J’ai fait des marchés, des choses plus légères, un peu plus humanitaires, avec plus de liberté, d’indépendance. J’ai découvert ce monde mais finalement l’école Bioforce a été un bon passeport : elle m’a aidée à entrer dans l’insertion professionnelle, l’accompagnement socioprofessionnel que j’exerce encore aujourd’hui sous différentes formes.

J’ai été successivement conseillère en insertion puis formatrice avec des groupes de jeunes, d’adultes sur des actions plus longues. Puis j’ai choisi de changer de voie pour le massage. En 2009-2010, j’ai commencé à me former aux massages assis, au massage californien, à tous types de massages. Je cherchais à allier le corporel à la thérapie classique : la psychanalyse ou la psychothérapie. j’ai trouvé une école à Carpentras qui proposait une formation de somatothérapeute. Il y avait un module de réflexologie plantaire et je suis tombée en amour de cette discipline et donc j’ai décidé de faire le cursus complet de réflexologue et je suis devenue réflexologue.

Suite à un déménagement, j’ai changé de région et j’ai trouvé un travail de chauffeuse accompagnatrice envers des enfants en situation de handicap. Puis de retour en Normandie j’ai fait des remplacements au 115 au SAMU social en novembre 2017. On m’a proposé une formation de 2 mois qui présentait les bases des métiers de bâtiment que j’ai acceptée. J’ai beaucoup alterné la relation d’aide avec quelque chose de plus technico pratique qui me fait lâcher le mental et qui me fait du bien. J’ai besoin des deux pour garder mon équilibre.

En juillet 2018 tout s’est déclenché. J’étais en pleine formation de placo. Là, le clown a surgi dans une séance d’hypnose. C’était un déclic, une vision corporelle qui confirmait que ce qui allait me nourrir, c’était le côté décalé, saltimbanque. Il me vient comme réponse à une question la vision d’un groupe, d’une compagnie de spectacle de rue que je suis depuis 25 ans, que j’adore et dont je rêve régulièrement et donc à travers cette vision-là est transparu un désir profond de faire pareil. La thérapeute m’a interpellée sur le tatouage sur mon épaule d’un clown que j’ai depuis l’âge de 20 ans ! Ce thérapeute, Yann Cano, m’a envoyé vers Clownessenciel. Je n’y croyais pas, je me suis dit que c’était toute la quête de ma vie, rassemblant ce que j’ai cherché de façon éparse, tout était réuni et en plus avec l’outil du clown c’est-à-dire dans la joie. Là, un monde merveilleux s’est ouvert là devant moi, je suis redevenue une enfant qui a vu le père Noël ! Je prends le temps de lire tout ça en ayant les yeux écarquillés, tout ouverts, avec un sourire intérieur que je n’avais jamais connu. Parfois, nous croyons être au maximum d’une émotion, quelque chose d’épanouissant mais il y a encore le niveau au-dessus ! Et cette escalade de rêve éveillé ne s’arrêtait pas. Quand j’ai lu le Tao T’es Clown, quand je l’ai lu, je l’ai bu, je l’ai mangé.

Je n’ai pas encore le nom de ma clowne. J’ai un nom d’artiste : « Vizir Luna ». Ma clowne est pétillant, joueur, taquin, réactif, rebondissant, pour l’instant c’est au masculin. Il va vers les autres facilement, il est reliant, il a besoin d’aller vers les autres et il est rempli de douceur. Il est dynamique aussi : il saute, il recule, il fait un pas de côté. Le costume est encore en recherche mais ce qui caractérise ma clowne, c’est un turban sur la tête. C’est venu comme ça au mois de janvier 2019. L’appellation Vizir est en référence à la BD « Le grand Vizir Iznogoud ». Le turban est un accessoire qui me relie à ma clowne. J’ai une espèce de tunique que j’ai ramenée du Vietnam.

J’étais intéressée par l’immersion dans la sensation corporelle car au départ, il est plutôt verbal. Ça a été exponentiel, c’est-à-dire que j’étais dans une stimulation puissance 10 des états de clown que j’ai pu vivre dans ma vie, ça a été multiplié par 100. Je ressentais un aboutissement, un soulagement d’être sur ma voie et un enthousiasme de participer à cette communauté de la Formation des Clownessenciels, et à toutes les grandes aventures qui nous attendent. Les 15 premiers jours de la formation m’ont apporté de la vie, un arc-en-ciel, un feu d’artifice de vie ! J’ai été reconnectée à moi-même. J’ai rencontré de nouvelles personnes et on m’a donné des outils personnels et professionnels que je vais pouvoir utiliser en tant que formatrice en insertion pour le diffuser, l’insérer dans mon programme.

La Formation des Clownessenciels a révélé mon clown et va permettre qu’il se révèle à travers toute la matière pédagogique proposée. Elle a permis au clown d’exister en dehors même des formations, des regroupements.

Les techniques orientales de sensation corporelle et la référence à la psychologie jungienne, avec les archétypes, ça lie à la fois le corporel, l’émotionnel, le spirituel. Ça unifie tous les aspects de l’être. C’est ce qui m’a beaucoup parlé : la référence au taoïsme et à Jung parce que j’avais une quête spirituelle parallèle aussi avant de connaître Clownessenciel.

J’ai besoin de la spiritualité pour invoquer mon clown et j’ai besoin de clown pour nourrir ma spiritualité. C’est une interaction, le clown va servir ma quête spirituelle. Le travail d’introspection et de relance et de connexion avec l’instant présent se retrouvent autant dans la spiritualité que dans l’art du clown. On est dans un ancrage, dans un scan des sensations corporelles, des émotions, des sentiments. Ce peut être parfois délicat et difficile à travers une simple méditation ou par une autre voie, alors que le clown apporte de la légèreté à tout ce chemin.

La Clown Danse de Libération a été une totale découverte, une redéfinition de la représentation que j’avais de la danse. C’est comme quelqu’un qui vous tiendrait la main sur un chemin qui mène à une libération et au cours duquel on va rencontrer des Figures Cachées qui sont autant de personnages autonomes qui nous animent. Avant tout, c’est vraiment un scan intérieur, un scan corporel qui conduit à une magnificence des premières impulsions : j’ose écouter ma première impulsion. C’est un entraînement d’apprendre à écouter, à déceler la moindre sensation, la moindre émotion ou le moindre sentiment qui se loge dans le corps. Cette introspection pourrait être fastidieuse voire douloureuse sans la danse et sans l’arrivée du clown. Là elle devient plutôt joyeuse et légère. C’est une aventure, je me sens exploratrice de mon intériorité lorsque j’entre en Clown Danse de Libération.

Comme il n’y a rien à réussir, à chaque fois vous trouvez une belle aventure. La Clown Danse de Libération m’a appris à ne rien attendre. C’est vraiment une grande école de l’acceptation de ce qui est.

La Clown Danse de Pacification c’est fou ! C’est la touche pause. Si je sens qu’il faut que je ralentisse je m’en fais une ! Et tout de suite un espace à l’intérieur s’ouvre, une respiration intérieure. La Danse de Pacification permet de redonner de l’espace dans tout ce qui est comprimé, contraint, restreint, opprimé à l’intérieur de soi. L’image des algues qui fluctuent au gré des flux des marées me parle beaucoup. Les sensations ressenties lors de la danse me permettent vraiment une pacification intérieure et une relance encore plus forte aux autres puisque le toucher intervient, sans qu’il ne s’agisse d’accrocher l’autre ni de vouloir le retenir ni de vouloir s’appuyer sur lui. C’est vraiment respectueux, un peu comme un poème. Le sentiment de liberté est très fort dans cette danse.

La Clown Danse Récit’action peut être intimidante au départ parce qu’on est au milieu d’un cercle mais j’ai eu beaucoup de joie à la faire. On n’est pas vraiment au milieu d’un cercle on est une braise parmi des flammes ! On pourrait dire qu’on se jette au feu. On se sent transporté, c’est un cercle vertueux. Un peu comme si nous avions une ronde de bras qui nous portait et qui nous soulevait en l’air dans le ciel et qui nous permet tout simplement d’être ce que nous sommes et dire ce que nous avons à dire ou ne pas dire de sorte que nous allons nous accepter tel que nous sommes pleinement. Et de plus, ça nous encourage à être ce que nous sommes. C’est le feu de la créativité, le feu intérieur qui est ravivé par toutes ces flammes autour.

Pour moi un thérapeute favorise une libération quelle qu’elle soit, en posant un cadre sécurisant et permettant une expression. Il met en place les conditions d’une libération propre à chacun.

J’ai acquis la liberté de clowner justement, de me relier à mon clown et de l’utiliser dans mon quotidien. J’ai gagné la liberté d’être ce que je suis et d’accepter tout ce qui me traverse. Cela m’a permis d’écouter et ensuite de regarder sans jugement. J’ai découvert la liberté d’aller vers ce qui me réjouit, d’aller dans la joie. Le clown m’a donné des ailes, il m’a apporté encore plus de rêves, un horizon. Il y a 6 mois je n’aurais pas imaginé en faire une activité à plein temps. Je m’autorise la liberté de sortir des codes, des conventions, des sentiers battus, de me détacher un petit peu de ce que je pense être le regard des autres.

Cette formation m’a montré la magie de la vie : j’ai fait l’expérience d’accepter d’aller dans la voie(x) qui me parlait et que j’entendais et à ce moment-là tout s’est ouvert ! C’est-à-dire que j’ai eu l’impression d’avoir un tapis rouge à chaque pas que j’ai fait pendant 6 mois jusqu’au financement de ma formation. Cela m’a permis de regarder mon horizon avec les étoiles plein les yeux, et m’a confirmé être sur ma voie.

 

Ma clowne me rassure parce que je sais que je peux l’interpeller à n’importe quel moment. Il suffit d’un accessoire comme le turban, d’une petite vidéo ou de la musique et c’est parti ! C’est plutôt rassurant d’avoir cet allié, j’ai l’impression d’avoir mon meilleur ami avec moi, c’est un complice, c’est mon ami joueur.

Ma clowne est un être pétillant et joyeux qui accorde cette capacité de rebondir sur les mots des autres, sur l’attitude, c’est vraiment une capacité à faire du lien que ce soit avec les mots ou avec le corps avec tout. Elle incarne ma capacité de relance.

Je ressens une sorte de réalignement, de réunification, un sentiment de plénitude, quelque chose dans le ventre qui ressemblerait à un fort enthousiasme. J’ai découverte de moi ce côté joueur, la joie de vivre et c’est fondamental. C’est plein de découvertes ! J’ai découvert l’artiste en moi aussi. En fait, j’ai découvert une puissante authenticité quand je l’invoque et que je le fais vivre en moi.

J’ai développé une certaine certitude.  Quelque chose s’est installé en moi qui ne partira plus jamais. J’ai une ressource en moi plus joyeuse, qui me donne la force de vivre ce que j’ai à vivre sans me poser de question. En fait, il n’y a pas de problèmes pour le clown il utilise tout pour le magnifier ou « l’extraordinariser ». C’est plutôt apaisant de savoir que, quel que soit ce qui nous traverse, cela peut être de la pâte à clown.

La graine de la créativité est en train de germer en moi. Je rêve de faire un spectacle dans la rue.

La question de la place dans la société est sensible pour moi. Je suis en plein dedans même. L’harmonie est d’abord entre mes inspirations et ce que je suis en train de vivre. Je me sens bien avec mon clown, à ma place.

Je suis en paix. J’ai compris et accepté mon unicité et ma singularité au sein de l’univers. J’ai compris que j’étais aussi importante que tous les autres êtres de l’univers. Je suis sur le chemin de ma vérité individuelle.

La première phase de la Clown Danse de Libération nécessite beaucoup de concentration, de centrage et d’effort pour éviter que les jugements n’arrivent trop vite et prennent le pouvoir. Pour moi après l’amplification, l’étape de désidentification permet l’arrivée du clown. Le processus d’extraordination nous met dans un état de non-attente. Je l’ai vraiment vécu et j’étais surprise de l’effet libérateur.

 

Je crois que je peux me féliciter ! Je suis heureuse d’avoir pris des risques dans ma vie pour me trouver et jusqu’à prendre ce risque de faire cette formation-là. Et je suis heureuse d’avoir continué à être l’aventurière que j’ai toujours été et qui est aujourd’hui me donne le sentiment d’être arrivé à un nouveau départ, à une renaissance.  Toutes mes aspirations ont trouvé leur salut à travers Clownessenciel. Je ne peux que regarder cela avec bienveillance et en être heureuse. Là je peux dire que je crois au père Noël !

 

Une métamorphose s’est amorcée d’une certaine manière mais j’ai bien conscience qu’il faut la laisser infuser en moi, la cultiver. C’est vraiment une discipline, un entraînement sans effort puisque c’est de la joie à chaque fois, pour que cela s’inscrive dans mes cellules et que ma clowne s’incarne de plus en plus souvent.

GÉRALDINE PICHON (BRETAGNE)

Je travaille encore comme infirmière. J’ai été dix-sept ans en hôpital, après j’ai exercé dix années en profession libérale, et à ce jour je travaille toujours en qualité d’infirmière dans un foyer où vivent sous encadrement éducatif et médical, des adultes handicapés mentaux. J’ai depuis longtemps commencé mon travail de développement personnel, par divers chemins, et lors d’un stage à Châteaubriant (44) j’ai rencontré une personne qui m’a parlé de l’art du clown, et mon cœur a sursauté immédiatement ! J’ai ouvert internet, puis j’ai appelé Lydie et je fus complètement en accord avec sa philosophie, sa vision de l’art du clown. J’ai fait la formation des Clownessenciels en 2016. Je me suis donné pour objectif d’arrêter mon travail d’infirmière en 2019, pour faire de l’accompagnement aux personnes, aider au développement personnel et y introduire l’art du Clown, et cela pour tous les publics. Je voudrais également, cela me tient à cœur, animer des goûters d’anniversaire pour enfants.”

 

Ma clowne s’appelle Jémifaire. Elle aime jouer à se montrer plutôt introvertie, et cherche en même temps à s’extravertir. Elle cherche la joie et le contact avec l’autre, tous les autres. Dans mon travail je fais des ateliers clown avec l’aide de la psychologue, et je laisse émerger mon clown avec les résidents du foyer, j’amène de la fantaisie, de la joie, du rire et cela leur fait oublier leur tracas ou leur mal-être d’un instant. Ma clowne est au service des autres. Dès que j’ai entendu le mot “clown” prononcé par cette amie évoquée ci-dessus, quelque chose a vibré en moi et effectivement j’ai eu envie d’y aller, c’était un appel. Pendant le stage des Clownessenciels, et même si cela n’a pas été facile car je n’étais jamais monté sur une scène, face à d’autres personnes, j’ai senti ma clowne naître. Toutes les conditions de bienveillance sont mises en œuvre pour cela.

 

La Formation des Clownessenciels m’a permis de découvrir ma clowne, de l’approcher, de faire corps avec elle. D’une manière plus pratique, comment également organiser des stages pour aider d’autres personnes à découvrir leur clown et à identifier leurs Figures Cachées.

 

La particularité de Clownessenciel réside pour moi dans l’accompagnement pour nous aider dans la découverte de notre clown, et les outils que Clownessenciel nous donnent, pour nous et aussi pour que nous puissions transmettre, à notre tour, l’art du Clown Éveilleur dans nos propres ateliers ou stages.

 

Pour moi,  la spiritualité est aller à la découverte de soi, de son être profond, c’est très proche du clown. Le clown permet l’émergence de notre être intérieur, la manifestation de quelque chose que nous détenons comme un trésor au fond de nous, qui s’exprime et se montre aux autres. Le clown est en ce sens, pour moi, une forme spirituelle. Le clown peut être inspiré par quelque chose de plus grand que lui-même. À cet égard, je crois aussi que nous avons une lumière en nous, et que cette lumière aussi nous inspire, nous anime.

 

Il y a du divin dans l’art du clown car il s’agit de se sublimer, de sortir au-delà de nos limites et de nos zones de connaissance. Le clown explore des terres inconnues.

 

La Clown Danse de Libération permet de libérer nos émotions, et également notre expression corporelle. C’est une danse libre, où le corps exprime ce qu’il veut.  La Clown Danse de Pacification sert quant à elle à créer un lien intime avec soi, avec son être intérieur mais aussi avec les autres., en légèreté, dans le subtil, dans la connexion à soi et aux autres en même temps. Il y a beaucoup de douceur dans cette danse, et il peut y avoir de l’émotion aussi. La Clown Récit’Action permet d’exprimer par écrit tout ce qui a été vécu avant, de le mettre sur papier, et à partir de ce que nous avons créé, de laisser le clown exprimer ce qu’il ressent dans l’instant présent.”

 

 

Ma clowne m’aide à me dépasser. Enfant j’étais quelqu’un(e) de très timide, le travail de développement personnel que j’ai fait sur moi m’a permis petit à petit de m’exprimer plus, mais le clown m’a fait franchir encore une autre étape parce que cela m’a permis aussi de laisser transparaître des émotions, ce qui se vit à l’intérieur. J’ose encore plus exprimer ce que je suis, qui je suis vraiment.

 

Cela m’a permis de recontacter mon enfant intérieur, ainsi que re-manifester de la joie et du pétillement, que j’avais tant étant enfant ! J’ai aujourd’hui beaucoup de plaisir à laisser s’exprimer ma clowne dans ma vie, dans mon travail, dans mon couple même. C’est la petite enfant de cinq-six ans qui aimait chanter, qui sautillait tout le temps…J’ai tout réveillé en me connectant à ma clowne Éveilleuse et j’ose l’extérioriser lorsque j’en ai envie, je ne me mets plus aucun frein.” Cela a réveillé aussi l’envie de monter sur scène, de m’adresser au monde.

 

J’ai toujours été sur un chemin d’harmonie avec la nature et l’univers. Aujourd’hui, j’arpente et je sillonne les sentiers de ma liberté. Je sens que quel que soit ce qui m’arrive, j’ai toujours le choix d’accepter ce qui se présente ou de le refuser. Je me sens responsable de mes actes. Cette transformation se fait progressivement, cela demande de la pratique

 

Ma clowne m’a aussi réconcilié avec ma possibilité de chanter. J’ai été très bloqué enfant, personne ne m’autorisait à chanter, et lors de la Formation des Clownessenciels avec Lydie, nous avons chanté. Et j’ai été émotionnellement complètement bloqué au départ. Elle m’a aidé et cela a été une première étape si précieuse. Ça c’est vraiment une réconciliation avec moi-même, de me dire que je peux chanter, et que l’on trouve que je chante juste ou faux je m’en moque : je n’ai plus peur de chanter ! De plus, je me suis mise au dessin et à la peinture. Cela fait partie de mon chemin de métamorphose, c’est une étape supplémentaire !

 

JOSIANE SCHIRCKER (GAP – HAUTES-ALPES)

J’ai commencé par un travail plutôt agricole qui s’appelait du sexage avicole, c’est-à-dire que je sexais la volaille. Il s’agissait de trier les poussins en séparant les mâles des femelles car ils n’ont pas la même croissance. J’étais une des premières françaises à faire ce métier. C’est surtout des Coréens qui le faisaient à l’époque. J’avais fait des études de secrétariat et je devais être embauchée dans une banque. Je n’avais pas 18 ans donc j’ai pris le premier travail que j’ai trouvé. J’ai continué parce que j’étais très bien rémunérée et contente de ne pas être enfermée dans les bureaux.

Cela m’a apporté une certaine vivacité du cerveau car c’est un travail qui demande à être très concentré voire méditatif car on ne peut pas parler, il faut que le mental soit tranquille et les réflexes très rapides. C’est un état assez particulier, un certain lâcher-prise contrairement à ce qu’on pourrait penser. Il faut être dans le temps présent. J’ai fait ce métier pendant 10 ans. Enfant, j’aidais mes parents pour leurs travaux agricoles colossaux car mon père était précurseur dans la région avec du matériel de pointe. Les études n’étaient pas une priorité pour moi : la fille.

J’ai dû arrêter ce métier après mon troisième enfant parce que ce n’était pas possible de démarrer à 5-6 heures le matin. Alors, j’ai pris deux ans de disponibilité et là, j’ai fait de l’esthétique à domicile pendant 18 mois à vendre des produits et faire des soins, des épilations, etc. Je suis devenue vendeuse avec un bon carnet d’adresses. Je n’avais plus assez de temps avec mes enfants…

Donc, je suis restée à la maison pendant un an. Puis je suis devenue assistante maternelle à l’école. J’ai fait deux ans en tant qu’aide maternelle. J’avais mes enfants avec moi à l’école parce que c’était une toute petite école avec deux classes. Au bout de deux ans, les contrats ont changé, et là, j’ai trouvé un travail de cuisinière chez un boucher : je faisais les plats préparés. J’y suis restée cinq ans puis j’ai fait une formation de géobiologue sur 1 an et demi car j’étais très intéressée par l’énergétique, la beauté des choses. Je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas de femmes géobiologues à l’époque. C’était il y a 20 ans, un petit avant 2000. Cela m’a amenée à découvrir toutes les perturbations électromagnétiques dans les maisons. J’ai dû chercher un métier pour travailler tout de suite. J’ai fait une formation de 9 mois d’électricien du bâtiment avec option industrielle car je me suis rendue compte que personne n’était sensible aux perturbations électromagnétiques malheureusement et que j’aurais du mal à percer dedans en tant que femme.

Cette formation m’a permis de me recâbler. C’est comme si je restructurais tous les liens, tous les câblages à l’intérieur de mon corps. Ça a été très puissant pour moi. On est toujours dans une démarche de développement personnel, en fait. On peut se dire que c’est complètement matière et que ça n’a rien à voir et pourtant si. J’explique souvent dans mes soins que la spiritualité c’est de mettre de l’esprit dans la matière. Je suis donc électricienne pendant trois ans en intérim. J’ai pu faire un stage et j’ai pu aller chez OM POWER et trois ou quatre sociétés

Je décide ensuite de reprendre une formation d’esthéticienne pour avoir ce diplôme que je n’avais pas pour m’installer en tant qu’esthéticienne. Je me suis retrouvée avec des filles de 17-18 ans, et c’est comme si je me retrouvais à 17-18 ans à faire des études que je n’avais pas pu faire à cet âge. C’était en 2002.

Je m’installe, à ma façon, à Dinon. Je fais surtout des massages, des modelages. Puis, très vite cela devient plutôt des soins énergétiques parce que les clients sentent qu’il se passe quelque chose. J’ai continué pendant 4 – 5 ans.

Je décide d’arrêter et de voir un peu les choses venir, je prends un loyer très modeste chez une amie, je continue un peu avec ma clientèle puis je me réinstalle en tant qu’auto entrepreneur. Je fais essentiellement des soins thérapeutiques. On est en 2008.

Aujourd’hui, je me suis installée à Saint-Malo. J’ai investi dans une bâtisse, mon cabinet est en bas et je vis à l’étage.

 

Le mot thérapeute revient souvent. Toute petite je savais que je devais soigner les gens. Je suis aussi dans la nutrition, j’ai expérimenté beaucoup de choses. Il n’y a pas si longtemps que ça j’étais pranique. J’étais 9 mois sans manger.

Je pratique le magnétisme. J’appose les mains à certains endroits, et avec mes facultés de médium que je veux utiliser pour soigner, en posant mes mains, j’ai des situations qui viennent. C’est plus émotionnel, psychologique. Ce sont des personnes à des croisements de vie et qui ont besoin de remettre de l’ordre. C’est plus thérapeute qu’enseignante et praticienne en soin du corps. Ce n’est pas un hasard que ces personnes viennent à moi. Ce sont des connexions d’âme.

Ma clowne s’appelle Jouissance + essence, donc je dirais « JOUISSENCE ». Mon nom d’artiste c’est AMOURESSENCE. Elle est un petit peu espiègle, elle aime jouir de la vie, a un caractère très joyeux et un peu innocente. C’est de l’innocence profonde.

Elle est présente depuis longtemps et elle s’autorise à dire des choses qu’elle ne s’autoriserait peut-être pas autrement. Donc, pour que ça passe mieux, j’aurais tendance à me servir de ce clown. Oui, c’est plutôt féminin.

Cette clowne je l’avais déjà toute petite, quand j’avais quelque chose à dire je me servais de ce côté un peu rigolo. C’est une clowne danseuse et chanteuse lyrique.

Qu’est-ce qui m’a amené à suivre la Formation des Clownessenciels ? A un moment j’ai senti que j’avais perdu cette joie intérieure. C’est au mois de décembre 2018, je tombe sur une pub internet de Clownessenciel, et tout de suite ça me fait vibrer au niveau du ventre, donc au niveau de la joie de vivre, et je me dis : « voilà, c’est ça, il faut que je retrouve cette clowne ».

 

Je suis vraiment le clown qui est dans la vérité, ce n’est pas ce que je suis aujourd’hui, en fait. Je suis aussi dans la vérité, bien sûr, mais ma clowne est encore plus vraie que vraie. Je le vis avec joie. Quand je dis jouissance, c’est vraiment le goût à la vie et même dans la bouche, le goût est différent.

La clowne permet de s’exprimer facilement en dédramatisant tout, de prendre du recul surtout. Il n’y a rien de grave, en fait, sachant que de toute façon on a choisi de vivre cela et que cela fait partie de notre parcours et de notre expérience. On permet au corps d’extérioriser tout. Ça remet de l’humain, en fait. On est tous avec nos histoires et en même temps on est tous amour. On est tous reliés les uns aux autres, on fait partie d’un tout.

La spécificité de la formation c’est de ramener de la joie, de l’authenticité dans ce bas monde peut-être, de la vérité, de la sincérité. Que les personnes soient connectées avec leur être, et laisser le paraître. Il n’y a plus de barrière, chacun fait son expérience du moment.

Pour que le clown naisse, pour moi la spiritualité doit être très joyeuse. C’est vraiment mettre de l’amour. Il faut que ça se matérialise sinon on appelle ça de l’égo spirituel. Ça m’a servi pour comprendre certaines choses au niveau du mental. C’est vraiment se regarder avec cette vérité. C’est une façon de se trouver réellement. C’est tout sauf une fuite d’être clown. C’est une réalité d’amour pour soi.

Dans les exercices on rend visite aux figures cachées, c’est-à-dire ce qui nous empêche d’être nous-mêmes, toutes les programmations, tous les pièges, tous les formatages que l’on s’est créées et qui nous empêchent d’avancer. Donc, le Clown Thérapeute permet de faire sauter toutes ces barrières et ces facettes, mais en reconnaissant que telle facette peut être utile et constructive provisoirement. Il n’y a plus ni négatif ni positif, tout est là, point barre. On fait partie du tout. On ne peut pas ignorer ou ne prendre qu’une partie des choses, c’est impossible.

J’aime qu’à travers le clown nous nous connectons à notre joie intérieure et nous la partageons avec les autres.

Le but étant de libérer l’être de ces formatages, de ce qui l’empêche d’être. C’est de libérer les incompris, les attitudes aussi. C’est de permettre à l’être d’aller chercher les points noirs qui dérangent et de les libérer, de les transmuter.

La dynamique du groupe permet d’aller plus vite, c’est un effet boule de neige.

La Clown Danse de Libération apporte de la fluidité, de la légèreté dans le corps, de la souplesse. Qui dit souplesse dans le corps, dit souplesse d’esprit et fluidité d’esprit aussi.

J’essaye de sentir l’élément eau puisque notre corps est composé à 90 % d’eau, pour retrouver cette fluidité intérieure. La fluidité c’est être connecté à son ressenti. A travers le corps on essayer d’avoir plus de fluidité, de lâcher-prise et de sentir qu’on fait parti d’un groupe. Parce que souvent dans la Clow Danse de Pacification, on va être amené à se toucher. Or, quand on touche l’autre, on se touche soi-même aussi, on a un retour. C’est intéressant, c’est une façon de créer une cohésion du groupe. C’est se ressentir soi, mais c’est ressentir l’autre aussi.

 

L’expérience que j’en ai retirée. C’est déjà la joie de reconnaître cette fluidité en chacun de nous et de pouvoir le partager. C’est la fluidité d’expression, la fluidité de sourire, la fluidité du toucher, enfin, tout devient fluide, il n’y a plus de limite. Pour moi, c’est lié à l’élément eau.

 

 

La Clown Récit’Action est une façon de jouer avec l’expérience du vécu. C’est-à-dire que suivant ce qu’on a rencontré dans la Clown Danse de Libération, on exprime notre ressenti, on laisse son clown exprimer son ressenti, l’histoire qui s’est passée, et dédramatiser.

 

Mais c’est aussi avec la parole, avec les gestes, avec les mimiques, avec tout ce qui est, les rires et larmes. Le corps exprime tout cela. Il y a un effet miroir car les autres regardent la personne qui récite, ce qui est intéressant. Chacun peut être le miroir de l’autre, si le clown le souhaite. Avec conscience ou pas d’ailleurs, puisqu’on ne met pas forcément de la conscience sur tout. Dans la Clown Récit’Action, c’est profond, chacun parle de ses profondeurs, à travers ses émotions. Cette liberté d’expression me permet d’être plus présente encore, d’être plus vraie à moi même. Je me donne une autorisation supplémentaire à être qui je suis, le droit au rire. J’ai gagné l’amplitude de cette jouissance d’être. Le fait de reconnaître cela me donne des ailes pour aller plus vers l’extérieur.

 

J’aime sentir cette joie présente tout le temps. Je m’autorise davantage à créer et c’est plus facile de dire plus les choses. Cette joie me donne de l’ancrage, et plus je suis ancrée plus je peux capter. C’est une graine qui continue de germer toujours un peu plus, et de s’épanouir, pour partager encore avec les autres et évoluer tous ensemble. C’est la graine du partage et la graine d’évolution pour tout le monde.

J’ai le droit d’être encore davantage, le droit de m’exprimer à travers mon vécu aux services des autres. Mais d’abord à mon service pour pouvoir ensuite le partager. Maintenant je ressens un peu plus la joie des plantes, la joie des animaux, chose dont je n’avais pas forcément conscience avant.

Cette formation m’a permis d’apprendre à exprimer cette profondeur davantage et d’être transparente. Il n’y a rien à cacher. C’est jouissif ! Tout peut naître à tout moment. On retourne dans le temps présent ici et maintenant, c’est tout ce qui existe.

Je me suis autorisée de m’accorder du temps et choisir ce chemin car je sentais que c’était juste pour moi. Cela m’a ouvert des portes par rapport aux ateliers. La Formation des Clownessenciels est très bien structurée, on repart au bout de 13 jours avec des choses en main.

 

La métamorphose est à l’intérieur. Ma clowne me permet de m’exprimer et d’être plus volubile. La parole s’est libérée. C’est un pas de géant. La parole et le son, c’est complètement lyrique. Il y a une grande puissance qui s’exprime, sans travail de voix, d’un coup elle sort, c’est bluffant. C’est magique quand on laisse s’exprimer vraiment l’être, le clown. Pour moi c’est jouissif, c’est pour cela que je l’appelle Jouissence.

JANY TARDIF (BRETAGNE)

J’ai commencé par un travail plutôt agricole qui s’appelait du sexage avicole, c’est-à-dire que je sexais la volaille. Il s’agissait de trier les poussins en séparant les mâles des femelles car ils n’ont pas la même croissance. J’étais une des premières françaises à faire ce métier. C’est surtout des Coréens qui le faisaient à l’époque. J’avais fait des études de secrétariat et je devais être embauchée dans une banque. Je n’avais pas 18 ans donc j’ai pris le premier travail que j’ai trouvé. J’ai continué parce que j’étais très bien rémunérée et contente de ne pas être enfermée dans les bureaux.

Cela m’a apporté une certaine vivacité du cerveau car c’est un travail qui demande à être très concentré voire méditatif car on ne peut pas parler, il faut que le mental soit tranquille et les réflexes très rapides. C’est un état assez particulier, un certain lâcher-prise contrairement à ce qu’on pourrait penser. Il faut être dans le temps présent. J’ai fait ce métier pendant 10 ans. Enfant, j’aidais mes parents pour leurs travaux agricoles colossaux car mon père était précurseur dans la région avec du matériel de pointe. Les études n’étaient pas une priorité pour moi : la fille.

J’ai dû arrêter ce métier après mon troisième enfant parce que ce n’était pas possible de démarrer à 5-6 heures le matin. Alors, j’ai pris deux ans de disponibilité et là, j’ai fait de l’esthétique à domicile pendant 18 mois à vendre des produits et faire des soins, des épilations, etc. Je suis devenue vendeuse avec un bon carnet d’adresses. Je n’avais plus assez de temps avec mes enfants…

Donc, je suis restée à la maison pendant un an. Puis je suis devenue assistante maternelle à l’école. J’ai fait deux ans en tant qu’aide maternelle. J’avais mes enfants avec moi à l’école parce que c’était une toute petite école avec deux classes. Au bout de deux ans, les contrats ont changé, et là, j’ai trouvé un travail de cuisinière chez un boucher : je faisais les plats préparés. J’y suis restée cinq ans puis j’ai fait une formation de géobiologue sur 1 an et demi car j’étais très intéressée par l’énergétique, la beauté des choses. Je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas de femmes géobiologues à l’époque. C’était il y a 20 ans, un petit avant 2000. Cela m’a amenée à découvrir toutes les perturbations électromagnétiques dans les maisons. J’ai dû chercher un métier pour travailler tout de suite. J’ai fait une formation de 9 mois d’électricien du bâtiment avec option industrielle car je me suis rendue compte que personne n’était sensible aux perturbations électromagnétiques malheureusement et que j’aurais du mal à percer dedans en tant que femme.

Cette formation m’a permis de me recâbler. C’est comme si je restructurais tous les liens, tous les câblages à l’intérieur de mon corps. Ça a été très puissant pour moi. On est toujours dans une démarche de développement personnel, en fait. On peut se dire que c’est complètement matière et que ça n’a rien à voir et pourtant si. J’explique souvent dans mes soins que la spiritualité c’est de mettre de l’esprit dans la matière. Je suis donc électricienne pendant trois ans en intérim. J’ai pu faire un stage et j’ai pu aller chez OM POWER et trois ou quatre sociétés

Je décide ensuite de reprendre une formation d’esthéticienne pour avoir ce diplôme que je n’avais pas pour m’installer en tant qu’esthéticienne. Je me suis retrouvée avec des filles de 17-18 ans, et c’est comme si je me retrouvais à 17-18 ans à faire des études que je n’avais pas pu faire à cet âge. C’était en 2002.

Je m’installe, à ma façon, à Dinon. Je fais surtout des massages, des modelages. Puis, très vite cela devient plutôt des soins énergétiques parce que les clients sentent qu’il se passe quelque chose. J’ai continué pendant 4 – 5 ans.

Je décide d’arrêter et de voir un peu les choses venir, je prends un loyer très modeste chez une amie, je continue un peu avec ma clientèle puis je me réinstalle en tant qu’auto entrepreneur. Je fais essentiellement des soins thérapeutiques. On est en 2008.

Aujourd’hui, je me suis installée à Saint-Malo. J’ai investi dans une bâtisse, mon cabinet est en bas et je vis à l’étage.

 

Le mot thérapeute revient souvent. Toute petite je savais que je devais soigner les gens. Je suis aussi dans la nutrition, j’ai expérimenté beaucoup de choses. Il n’y a pas si longtemps que ça j’étais pranique. J’étais 9 mois sans manger.

Je pratique le magnétisme. J’appose les mains à certains endroits, et avec mes facultés de médium que je veux utiliser pour soigner, en posant mes mains, j’ai des situations qui viennent. C’est plus émotionnel, psychologique. Ce sont des personnes à des croisements de vie et qui ont besoin de remettre de l’ordre. C’est plus thérapeute qu’enseignante et praticienne en soin du corps. Ce n’est pas un hasard que ces personnes viennent à moi. Ce sont des connexions d’âme.

Ma clowne s’appelle Jouissance + essence, donc je dirais « JOUISSENCE ». Mon nom d’artiste c’est AMOURESSENCE. Elle est un petit peu espiègle, elle aime jouir de la vie, a un caractère très joyeux et un peu innocente. C’est de l’innocence profonde.

Elle est présente depuis longtemps et elle s’autorise à dire des choses qu’elle ne s’autoriserait peut-être pas autrement. Donc, pour que ça passe mieux, j’aurais tendance à me servir de ce clown. Oui, c’est plutôt féminin.

Cette clowne je l’avais déjà toute petite, quand j’avais quelque chose à dire je me servais de ce côté un peu rigolo. C’est une clowne danseuse et chanteuse lyrique.

Qu’est-ce qui m’a amené à suivre la Formation des Clownessenciels ? A un moment j’ai senti que j’avais perdu cette joie intérieure. C’est au mois de décembre 2018, je tombe sur une pub internet de Clownessenciel, et tout de suite ça me fait vibrer au niveau du ventre, donc au niveau de la joie de vivre, et je me dis : « voilà, c’est ça, il faut que je retrouve cette clowne ».

 

Je suis vraiment le clown qui est dans la vérité, ce n’est pas ce que je suis aujourd’hui, en fait. Je suis aussi dans la vérité, bien sûr, mais ma clowne est encore plus vraie que vraie. Je le vis avec joie. Quand je dis jouissance, c’est vraiment le goût à la vie et même dans la bouche, le goût est différent.

La clowne permet de s’exprimer facilement en dédramatisant tout, de prendre du recul surtout. Il n’y a rien de grave, en fait, sachant que de toute façon on a choisi de vivre cela et que cela fait partie de notre parcours et de notre expérience. On permet au corps d’extérioriser tout. Ça remet de l’humain, en fait. On est tous avec nos histoires et en même temps on est tous amour. On est tous reliés les uns aux autres, on fait partie d’un tout.

La spécificité de la formation c’est de ramener de la joie, de l’authenticité dans ce bas monde peut-être, de la vérité, de la sincérité. Que les personnes soient connectées avec leur être, et laisser le paraître. Il n’y a plus de barrière, chacun fait son expérience du moment.

Pour que le clown naisse, pour moi la spiritualité doit être très joyeuse. C’est vraiment mettre de l’amour. Il faut que ça se matérialise sinon on appelle ça de l’égo spirituel. Ça m’a servi pour comprendre certaines choses au niveau du mental. C’est vraiment se regarder avec cette vérité. C’est une façon de se trouver réellement. C’est tout sauf une fuite d’être clown. C’est une réalité d’amour pour soi.

Dans les exercices on rend visite aux figures cachées, c’est-à-dire ce qui nous empêche d’être nous-mêmes, toutes les programmations, tous les pièges, tous les formatages que l’on s’est créées et qui nous empêchent d’avancer. Donc, le Clown Thérapeute permet de faire sauter toutes ces barrières et ces facettes, mais en reconnaissant que telle facette peut être utile et constructive provisoirement. Il n’y a plus ni négatif ni positif, tout est là, point barre. On fait partie du tout. On ne peut pas ignorer ou ne prendre qu’une partie des choses, c’est impossible.

J’aime qu’à travers le clown nous nous connectons à notre joie intérieure et nous la partageons avec les autres.

Le but étant de libérer l’être de ces formatages, de ce qui l’empêche d’être. C’est de libérer les incompris, les attitudes aussi. C’est de permettre à l’être d’aller chercher les points noirs qui dérangent et de les libérer, de les transmuter.

La dynamique du groupe permet d’aller plus vite, c’est un effet boule de neige.

La Clown Danse de Libération apporte de la fluidité, de la légèreté dans le corps, de la souplesse. Qui dit souplesse dans le corps, dit souplesse d’esprit et fluidité d’esprit aussi.

J’essaye de sentir l’élément eau puisque notre corps est composé à 90 % d’eau, pour retrouver cette fluidité intérieure. La fluidité c’est être connecté à son ressenti. A travers le corps on essayer d’avoir plus de fluidité, de lâcher-prise et de sentir qu’on fait parti d’un groupe. Parce que souvent dans la Clow Danse de Pacification, on va être amené à se toucher. Or, quand on touche l’autre, on se touche soi-même aussi, on a un retour. C’est intéressant, c’est une façon de créer une cohésion du groupe. C’est se ressentir soi, mais c’est ressentir l’autre aussi.

 

L’expérience que j’en ai retirée. C’est déjà la joie de reconnaître cette fluidité en chacun de nous et de pouvoir le partager. C’est la fluidité d’expression, la fluidité de sourire, la fluidité du toucher, enfin, tout devient fluide, il n’y a plus de limite. Pour moi, c’est lié à l’élément eau.

 

 

La Clown Récit’Action est une façon de jouer avec l’expérience du vécu. C’est-à-dire que suivant ce qu’on a rencontré dans la Clown Danse de Libération, on exprime notre ressenti, on laisse son clown exprimer son ressenti, l’histoire qui s’est passée, et dédramatiser.

 

Mais c’est aussi avec la parole, avec les gestes, avec les mimiques, avec tout ce qui est, les rires et larmes. Le corps exprime tout cela. Il y a un effet miroir car les autres regardent la personne qui récite, ce qui est intéressant. Chacun peut être le miroir de l’autre, si le clown le souhaite. Avec conscience ou pas d’ailleurs, puisqu’on ne met pas forcément de la conscience sur tout. Dans la Clown Récit’Action, c’est profond, chacun parle de ses profondeurs, à travers ses émotions. Cette liberté d’expression me permet d’être plus présente encore, d’être plus vraie à moi même. Je me donne une autorisation supplémentaire à être qui je suis, le droit au rire. J’ai gagné l’amplitude de cette jouissance d’être. Le fait de reconnaître cela me donne des ailes pour aller plus vers l’extérieur.

 

J’aime sentir cette joie présente tout le temps. Je m’autorise davantage à créer et c’est plus facile de dire plus les choses. Cette joie me donne de l’ancrage, et plus je suis ancrée plus je peux capter. C’est une graine qui continue de germer toujours un peu plus, et de s’épanouir, pour partager encore avec les autres et évoluer tous ensemble. C’est la graine du partage et la graine d’évolution pour tout le monde.

J’ai le droit d’être encore davantage, le droit de m’exprimer à travers mon vécu aux services des autres. Mais d’abord à mon service pour pouvoir ensuite le partager. Maintenant je ressens un peu plus la joie des plantes, la joie des animaux, chose dont je n’avais pas forcément conscience avant.

Cette formation m’a permis d’apprendre à exprimer cette profondeur davantage et d’être transparente. Il n’y a rien à cacher. C’est jouissif ! Tout peut naître à tout moment. On retourne dans le temps présent ici et maintenant, c’est tout ce qui existe.

Je me suis autorisée de m’accorder du temps et choisir ce chemin car je sentais que c’était juste pour moi. Cela m’a ouvert des portes par rapport aux ateliers. La Formation des Clownessenciels est très bien structurée, on repart au bout de 13 jours avec des choses en main.

 

La métamorphose est à l’intérieur. Ma clowne me permet de m’exprimer et d’être plus volubile. La parole s’est libérée. C’est un pas de géant. La parole et le son, c’est complètement lyrique. Il y a une grande puissance qui s’exprime, sans travail de voix, d’un coup elle sort, c’est bluffant. C’est magique quand on laisse s’exprimer vraiment l’être, le clown. Pour moi c’est jouissif, c’est pour cela que je l’appelle Jouissence.

TERAMAEVA THURET

Je m’appelle Barbara Witzel. Je vis au Luxembourg depuis 1994, mais je suis allemande. Je suis musicienne d’orchestre de la Philharmonie de Luxembourg depuis que j’y suis arrivée. Je joue du violon et depuis quelques années, je joue à temps partiel. Comme je peux choisir le programme, je travaille habituellement une semaine sur deux. J’essaie de ne pas trop travailler d’un bout à l’autre. De cette manière, je peux faire autre chose comme je fais actuellement avec la formation des Clownessenciels. Bref, je peux vraiment choisir mes semaines et c’est très bien. Pour moi, la musique est une passion. Mais l’orchestre n’a jamais été pour autant une passion pour moi. Quand j’étais étudiante après le lycée, je n’ai pas pensé à faire de la musique. J’ai fait ce choix par défaut. Il y a trois possibilités en Allemagne après des études de musique : soit vous enseignez aux élèves, soit vous enseignez à l’École Normale du Lycée, où vous devenez musicien d’orchestre. Rien de cela n’était pour moi. A la fin de mes études, j’ai immédiatement rejoint l’Orchestre à Luxembourg, pendant environ deux ans. J’ai adoré et j’ai été surprise de l’avoir vraiment aimé, jusqu’à ce que cela commence à m’angoisser. J’ai commencé à chercher une solution.  J’ai d’abord eu des problèmes de mobilité puis je ne pouvais plus jouer. A ce moment-là, J’ai perdu la joie de jouer, la vie était devenue stressante.

J’avais besoin de changer quelque chose dans ma vie. J’ai décidé de commencer le clown. Déjà quelques années avant 2012, je suis entrée à l’école de cirque. C’est là que j’ai rencontré Paul. Nous avons suivi un cours pour adultes et j’y étais pendant quatre ans. En 2012, nous avons commencé à créer des classes de clown pour adultes. Je n’avais pas pensé à devenir clown, mais on s’amusait et on jouait tout le temps dans ce cours. En tant qu’adultes, nous ne faisons normalement pas cela dans la vie. On jouait à des jeux, on riait et on se réjouissait. C’était très sympa et amusant. Nous avons élargi le champ du jeu ! C’est comme ça que j’ai commencé à « clowner », par hasard. Je tiens vraiment à remercier l’école de cirque, notamment cette classe d’adultes. Mais ce n’était pas dans mes projections de devenir un clown un jour.

Ma clowne s’appelle TRINCHEN. Chen est le diminutif de la petite Trin. C’est un vieux nom. Elle est très enfantine, très heureuse. Elle adore jouer, c’est une petite fille. Elle adore danser et bouger, elle est légère. Elle n’est pas timide. Mais ce n’est pas non plus quelqu’un qui parle tout le temps, ce n’est pas son point fort. Elle aime parler de choses naïves. Ma clowne s’est révélée en moi pendant ce cours à l’école de cirque.

Nous avons commencé un duo de clowns après avoir suivi ce cours de clown avec Paul. Il m’a demandé si je ne voulais pas faire un numéro. J’ai refusé. Mais deux semaines plus tard, j’ai changé d’avis ! Nous avons essayé de trouver des idées et je pense que c’est là que le nom est apparu. Il s’est développé, nous avons commencé à travailler spécialement avec deux d’entre nous et à faire un certain numéro, en essayant de trouver des idées. C’est dans ce premier numéro que ma clowne s’est développée : ce qu’elle est, comment elle agit, ce qu’elle fait, comment elle est et comment elle bouge.

J’ai commencé la Formation des Clownessenciels en février 2018. Je suis un chemin spirituel depuis 2012. J’ai trouvé quelqu’un qui m’a enseigné un programme par le biais d’un livre intitulé “Cours en Miracles”. Cela a complètement changé ma vie, ma perception du monde et ma façon de penser. Le clown confirme tout ce que j’ai appris. Le Cours en Miracles est un chemin, le clown a aussi le même but, mais sous un autre angle. Fondamentalement, la psychologie est plutôt freudienne, la langue est chrétienne, et la métaphysique est bouddhiste et hindoue.

Le but de la Formation des Clownessenciels est de découvrir qui vous êtes vraiment. Le Cours en Miracles et la Formation des Clownessenciels enseignent que nous ne sommes pas nos « Figures Cachées ». Ce que la Formation des Clownessenciels m’a apporté, c’est le jeu parce que le clown veut toujours jouer. C’est une dimension où l’on cherche son vrai soi. Mais le clown veut jouer, c’est le cousin de notre Être Profond. Le jeu est plus important dans toutes les situations, même les plus horribles : par exemple, la peur du jeu.

La spécificité de Clownessenciel est que tout se passe dans la bienveillance. Nous sommes déjà un groupe et passons beaucoup de temps ensemble. Souvent, c’est très difficile, parce qu’il y a des personnalités différentes, chacune avec ses propres problèmes. C’est si bon lorsque tout se passe en harmonie, en paix. C’est fabuleux de passer du temps avec dix ou quatorze personnes sans presque aucun problème. Cette formation nous a appris à ne juger personne, à accueillir chacun tel qu’il est et à nous accueillir tels que nous sommes. Il y a une atmosphère de paix, de tolérance, d’acceptation, de calme. C’est très agréable. Nous sommes tous ici pour vraiment chercher qui nous sommes. Nous pouvons jouer avec nos Figures Cachées, mais ils ne sont pas nous. Nous apprenons à nous en désidentifier. Surtout, nous apprenons à être dans le présent. Comme dans le “Cours en miracles” : la seule chose qui existe est le moment présent. En pratique, en clown, à chaque fois, on va à l’intérieur de soi et on regarde, pour trouver ces « Figures Cachées » et pour savoir qui est là en ce moment, et pour cela, il est nécessaire d’être ancré dans le présent. Ce qui est merveilleux, c’est d’apprendre encore plus, vraiment, qui est là en moi, maintenant. Pour moi, cet apprentissage est très spirituel.

Lors des Clown Danses de Libération, il s’agit aussi d’être dans le présent, pour trouver ses Figures Cachées, s’en désidentifier, les libérer en restant dans l’instant présent. Alors nous découvrons que nous avons le champ libre pour trouver notre être véritable. Le plus important, c’est de voir qui est là, comment je me sens, ce qui se passe actuellement sous ma peau. C’est un état sublimé de conscience. Vous êtes vraiment totalement à vous, rien que dans l’instant. En conséquence, dans la vie de tous les jours, nous nous rapprochons de ce que nous voulons vraiment maintenant, de ce que nous ressentons. C’est ce que le travail du clown a apporté. C’est un solide outil pour communiquer avec les autres, pour être honnête et sincère, authentique, pour être inscrit dans le présent, pour ne pas être envahi de pensées du passé.

Ce que j’aime dans la Clown Dance de Pacification, c’est la douceur, l’amour qui s’exprime : amour pour la vie et pour le monde. C’est peut-être à cause de la lenteur à toucher, parce que vous touchez les gens, tout est très subtil. Il m’a toujours rempli de joie, d’amour et de douceur. La Danse de Pacification apporte un sentiment d’amour.

La Clown Récit’Action, permet de s’exprime dans un groupe qui vous entoure de joie. Cela m’a apporté beaucoup de bonheur. C’est fait d’une manière fabuleuse parce que tout le monde est autour de soi. Le public participe et vous aide à vous exprimer, à vous donner de l’énergie. C’est facile d’être authentique. Il y a une sorte de communion. Vous ne vous sentez pas seul, et vous n’avez plus peur. Elle guérit aussi, parce que dans ce contexte, on nous apprend à ne pas juger, à exprimer tout ce que nous ressentons, à « éclabousser de vérité ». Tout se passe dans la bonté. Le but est toujours de rechercher le positif en chacun, et à valoriser. Éviter toute critique renforce la confiance en soi.

Ma clowne me permet d’être toujours authentique. Je ne cherche pas les mots quand je parle, je n’y pense pas trop. Je suis devenue comme une enfant, sincère et honnête.  J’ai toujours la joie de vivre et cela m’a aidé encore plus à expérimenter la joie de pouvoir être qui je suis.

Découvrir ma clowne a changé ma vie, parce que j’ai pu surmonter la peur d’affronter le public. J’ai pu voir le côté positif de la peur et l’exprimer. Au début, j’étais très nerveuse quand je montais sur scène, mais grâce à la Formation des Clownessenciels, j’ai appris à jouer avec la peur, je n’ai plus besoin de l’étouffer. Le clown est toujours à la recherche du côté joyeux de toutes les situations. Ce que je ne sentais pas quand je jouais du violon.

Dans ma vie quotidienne, utiliser ma clowne me permet de rechercher le côté positif et joyeux dans toutes les situations, qu’elles soient agréables ou non. Elle me permet de comprendre que nous ne sommes pas nos comportements.

Avec ma clowne, j’ai pu découvrir mon côté enfantin, ma spontanéité. Cela me donne la force d’être moi-même, à tout moment, de ne pas juger. Car je suis “la meilleure version de moi-même” à tout instant. C’est aussi une façon de partager la joie. En tant qu’étrangère, c’est encore un peu compliqué pour moi à cause de la langue, parce que je ne peux pas m’exprimer complètement. J’aimerais faire un atelier en allemand un jour, mais nous sommes encore seuls pour l’apporter dans les pays où nous parlons allemand.

Je continue maintenant avec la Formation des Clown-Thérapeutes, parce que cela me permet d’aller plus loin, de comprendre encore mieux et de pouvoir transmettre tout ce que j’ai déjà appris.

C’est très agréable de pouvoir être authentique. C’est de plus en plus agréable, parce que nous n’avons plus besoin de nous faire des films ou des théâtres, dans lesquels nous ne montrons pas ce que nous pensons, et qui nous sommes. C’est si facile de s’exprimer maintenant. Je ne me pose plus de questions, je suis comme je suis !

Dans l’univers, ce serait bien si tout le monde pouvait vivre dans l’authenticité. On comprendrait que nous sommes tous pareils, que l’authenticité est un lien commun à l’humanité.

Pour moi, la vérité profonde est notre être le plus profond. Plus nous nous désidentifions de nos figures intérieures qui sont là, plus nous découvrons que nous avons le champ libre pour trouver notre être véritable.

Notre ego a beaucoup de facettes à travers nos Figures Cachées. Nous nous laissons juger par le monde extérieur. Or nous devons nous débarrasser de ce poids lourd, pour être nous-mêmes.  Cela ne nous appartient pas. C’est facile parce que ce qui reste après, c’est notre véritable être, l’authenticité, la joie. Il ne reste que l’essentiel.

Nos Figures Cachées se transforment en joie lorsque nous jouons avec elles. C’est la joie qui transforme tout. Le jeu, le rire, la joie du clown conduit à désamorcer toutes les contrariétés que les Figures Cachées peuvent apporter ou fournir. Il n’y a rien de grave ou de déprimant, car tout se transforme en joie.

Nous pouvons également nous pencher sur ces craintes. Pour apprécier la lumière de la vie, il faut aller voir ce qui se passe dans l’ombre et voir à quel point il fait sombre et obscur.

Je peux me réconcilier avec moi-même, en m’aimant telle que je suis. Nous nous acceptons beaucoup plus tels que nous sommes et découvrons que nous sommes bons, que nous sommes bien comme nous sommes. Je ne me sens pas coupable parce que j’ai peur ou quelque chose comme ça. Nous avons tout cela en nous, parce que tout le monde porte ces figures archétypiques. C’est humain. Nous nous critiquons nous-mêmes pour des personnages qui ne sont pas nous !

Je me suis métamorphosée. Tout ceci m’a apporté la joie d’être qui j’ai toujours été et qui je suis. J’ai retrouvé la joie de vivre, mais en étant plus consciente. Avant j’étais plutôt naïve, tout était beau dans la vie. Mais après avoir traversé des moments difficiles, je suis devenue plus mature mais je retrouve la même joie de vivre, cette légèreté. La joie d’être, la joie de vivre, la beauté de la vie. Une conscience est venue amplifier cette joie. Au début, c’était un cadeau qui m’a été donné sans que je m’en rende compte, mais aujourd’hui, j’ai pris conscience du trésor qu’il représente.

BARBARA WITZEL (LUXEMBOURG)

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